‹ L'histoire de France, racontée à la jeunesse. Éd. stéréotype, augmentée d'une table analytiqueChapitre 34 sur 87 · LE RÈGNE DE BAINT LOU». 1 <')B · texte numérisé non relu

LE RÈGNE DE BAINT LOU». 1 <')B

qu'on ne doutait pas alors que Dieu ne donni^ certainement la victoire à celui qui avait raison; et cependant, le plus souvent, c* était le plus adjroit ou le plus fort qui terrassait son ennemi.

Ces combats, ordonnés par le juge, avaient lieu ordinairement à la porte des églises, et en présence de nombreux témoins. Les seigneurs se battaient avec la lance et Tépée, et couverts de leurs lourdes armures; mais les serfs, s'il leur était ordonné d'en venir au jugement de Dieu, ne devaieDt se servir que de bâtons.

Saint Louis voulut remédier à cet usage cruel qui mettait ainsi la fortune et la vie de l'innocent à la merci de l'homme injuste, mais adroit, et il établit qu'à l'avenir, les juges, au lieu d'ordonner le combat, seraient obligés d'écouter les deux adversaires, et les témoins qu'ils amèneraient, de recueillir par écrit leurs déclarations, et enfin du rendre à chacun une bonne et exacte justice»

Or, ce changement important dans la mapiàre de juger, ne se trouva pas du goût des bal'OQS français, qui pour la plupart ne savaient que se battre, et se seraient bien gardés d'apprendre à lire et à écrire ; ils s'ennuyèrent bientôt d' écouter lejB plaideurs, qui se pré»entaient le plus souvent portant des sacs remplis de parchemins écrits, au moyeu desquels chacim prétendait faire valoir ses droits ; et ils ne trouvèrent rien de mieux que de chargeir de ce soin, qui leur était désagréable, des hommes pii|s instrmts qu'eux, auxquels ils donnèrent le titre de bàjlus ; le roi lui-même voyant que ses barons ne se rendaient plus qu'avec peine à soq parlement, se vit forcé d'appeler aussi dans ce inb'iwaJ Jes LjéoiSïKs, c'est-à-dire, des pejrsoQncs qui

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avaient étudié les lois dans les écoles de Paris, qui depuis Philippe Auguste n'avaient cessé de prospérer. Ces hommes instruits, qui, en grande partie, appartenaient à la bourgeoisie des coin* munes, reçurent le nom de gens de robe, parce que les juges portaient alors et portent encore aujourd'hui de longues robes noires; et bientôt ils furent les seuls qui siégeassent dans les tri* bunaux du roi et des seigneurs.

Saint Louis, par ses Établissements, interdit aussi aux^ barons de ses domaines ces funestes guerres privées, qui s'étaient renouvelées bieh des fois, depuis le temps de la paix de Dieu ; et les pauvres campagnards remercièrent la Providence de leur avoir donné un roi qui s'occupât ainsi de leurs misères.

Mais si Louis IX remédiait par sa sagesse à tant de maux et d'erreurs, il se montra bien sévère envers ceux qui, dans un instant de colère ou d' ivresse, proféraient des jurements impies, ou insultaient les choses sacrées; car il ordonna qu'ils eussent les lèvres marquées avec un fer rouge, et s'ils étaient âgés de moins de quatorze ans, qu'ils fussent dépouillés de leurs habits, et fouettés devant tout le monde.

Cependant Louis IX n'avait point oublié le vœu qu'il avait fait autrefois de combattre les Sarrasins partout où il les rencontrerait, et voulut retourner en Orient avec une nouvelle armée, pour accomplir sa promesse. Cette fois, ce fut contre une ville d'Afrique, nommée Tunis, bâtie précisément sur le lieu où existait autrefois la fameuse Garthage, et qui appartenait aux infidèles, qu'il conduisit son armée.

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