I£8 PASTOUREAUX
LES PASTOUREAUX Dqmh Van 1318 jusqu'à Van 1328.
Louis le Hutin, en mourant, ne laissa qu'une fille nommée Jeanne ; mais peu de mois après sa mort, la reine sa femme mit au monde un petit garçon, que Ton appela Jean I<^, et que Ton compte ordinairement au nombre des rois de France, quoiqu'il n'ait vécu que cinq jours.
Alors les légistes consultés allèrent chercher une vieille coutume des Franks, que Ton nommait la LOI SAUQUE, par laquelle il était défendu aux femmes d'hériter d'une terre salienne; et comparant la couronne de France à un domaine, ils déclarèrent qu'elle ne pouvait appartenir à la princesse Jeanne, et que. le second fils de Philippe le Bel, frère de Louis X, en était le lé^time héritier. Ce prince monta alors sur le trône, sous le nom de Philippe Y, et on le surnomma le Long, à cause de sa haute taille.
Du temps de Philippe le Long, il arriva plusieurs événements qui troublèrent la paix du royaume, et causèrent une infinité de malheurs que Ton eût évités dans un siècle pins éclairé.
Deux moines qui avaient quitté leurs cloîtres, se mirent à parcourir les campagnes, prêchant une croisade d'un nouveau genre ; au lieu de s'adresser comme Pierre l' Ermite, au pape et aux seigneurs, ils annonçaient que la terre samte ne pouvait être délivrée que par les bergers et les pauvres d'esprit, désignant ainsi les hommes grossiers et livrés à la plus complète ignorance.
IVJ I.C8 PASTOUREAUX.
Vous ne sauriez croire avec quel empressement le peuple des campagnes s'assemblait autour de ces moines, pour entendre leurs prédications. Les bergers et les enfants qui gardaient les troupeaux, furent les premiers à abandonner les champs où ils avaient vécu jusqu'alors, et bientôt ces nouveaux croisés se trouvèrent réunis au nombre d^e plusieurs milliers. On leur donna dès lors le non> de Pastoureaux, parce que la plupart d'ent^^ eux appartenaient à la classe des pasteurs.
D'abord ces pastoureaux ne firent autre chose que suivre en procession et pieds nus une grands croix que loii portait devant eux ; ils marchaient deux à deux et en silence, se bornant à demandeur du pain à la porte des églises.
Mais bientôt iU se répandirent dans les villes^ et vinrent même jusqu'^ Paris, où ils commirenjl toutes sortes de désordres ; ils forcèrent les prisons pour en arracher ceux de leur troupe que l'on j ayait enfermés, et osèrent maltraite^: le prévôt, quf était le premier magistrat de cette grande ville.
De semblables actions méritaient déjà une punition sévère; mais le^ pastoureaux se livrèrent à bien d'autres excès envers les Juifs, qu'ils détestaient, parce qu'ils les accusaient d'être les auteurs de la mort de Jésus-Christ.
Vous savez, mes jeunes amis, que les Juifs, der puis la prise de Jérusalem par l'empereur Titus^ isont disséminés sur toute la surface de la terre, OÙ ils ne pourront jamais se réunir ni former up grand peuple, comme celui qui habitait autrefois la terre sainte. Le nombre de ces Juifs étaîf alors fort considérable en France, oil, moyennant QTOsse somme d'argent, Louis le Hutin, peu 'P9 ayant s/et m.o^ l^eur ayait permis' diô