LES PASTOUREAUX
s'établir, et même d'exercer le commerce^ dans lequel beaucoup d'entre eux ayaient déjà amassé de grandes richesses.
Ce fut contre ces malheureux que les pastoureaux déployèrent toutes leurs foreurs: partout où ils les rencontraient, ils les poursuivaient avec rage, comme des animaux malfaisants, les égorgeaient sans pitié, et se partageaient leurs dépouilles.
On raconte que quatre ou cinq cents de ces malheureux, ne sachant comment échapper à' leurs persécuteurs, se réfugièrent dans une tour élevée, od ils se défendirent longtemps avec des pierres et des bâtons; et lorsque ces armes furent épuisées, ils poussèrent le désespoir jusqu' à précipiter leurs propres enfants sur les assaillants.
A la fin, ces infortunés, égarés par tant de maux, chargèrent le plus jeune d'entre eux de les égorger tous jusqu'au dernier, et de n'ouvrir la porte de la tour que lorsqu'il se verrait seul. Cet nomme fit en effet ce qu'on lui avait commandé ; et lorsqu'il laissa pénétrer les pastoureaux dans ce lieu de désolation, ces barbares eux-mêmes furent épouvantés d'un tel spectacle, et reculèrent d* horreur.
Les insensés qiti avaient pris faussement la religion pour prétexte de tant de cruautés, ne profitèrent pas du pillage des biens de leurs victimes ; le roi Philippe le Long ordonna à ses ofiîciers du Languedoc de se mettre à leur poursuite, et de les enfermer dans de vastes plaines, voisines de la mer» où manquant d'abri et de nourriture ils périrent tous de misère et de maladie. Telle Ait la fin des pastoureaux, dont on n'entendit plus parler en France, depuis cette époque.
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Cependant, Philippe le Long, qui n'avait pft^ plus d'argent que son frère Louis X, demandait à tous ses courtisans ce qu' il devait faire pour remplir ses coffres. Parmi ces gens-là, il s'en troi;^ vait de très-méchants, ce qui n*arrive ffue trop souvent auprès des grands personnages, et vou^ allez voir qu^s moyens ils inyentèrei^t poux protr curer de l'argent au roi.
Q y avait alors en France beaucoup d' hommes et de femmes qui étaient atteints d'une maladie incurable, que Ion nommait la lèpre ; cette lèpre, était une espèce de gale que les chrétiens, ay temps des dernières croisades, avaient rapportée de ji' Orient, où elle était très-ordinaire ; mais comme jcette maladie, qui est d'un aspect hideux et dégoûtant, pouvait se communique^ très-aisément, oi^ obligeait les lépreux ^ se tenir eachés dans leur© maisons^ et à vivre at)solument séparés des autrea hommes» Il y ayait même alojcs da^s beaucoup de villes de France, des édifices x^pnslxuits loin dea habitations, au2;quels os^ donnait le nom de ht* ruosERiES, pa^ce ^*ils étaient destinés à recevoir les malheifireux atteints de ce mal affreux.
Tout ^ coup, on alla dire a^ roi que la plupart des fontaii^es et des puits du royaume avaient été empoisonnés par les lépreux; on assurait même que la femme de l'un de ces infortunés avait été vue jetant dans une rivière un petit sac contenan^t la tête d'u4;ie .couleuvre, les pattes d'un crapaud, et des cheveux d'homme imprégnés d'une liqueur noire, comme si de pareilles choses pouvaient emipoisoj;iner we rivière; mais dans ce temps-l|\| l'ignorance du peuple était si profonde, que nombre 4e gens OTurerit à de semblables sottises.
"^^ans s'infonnej' f5eiilemei;it ai quelqij^es pcr^onne^