LA MOBT DE LOUIS XVI
criminels. L'on des premiers soins de Louis XVI, en montant sur le trône, avait été d'interdire Tusage de ces efiroyables tortures, dont nous avons vu plusieurs exemples dans cette histoire; et désormais personne ne pouvait être soumis aux épreuves cnielles de l'eau et du feu, restes de rancienne barbarie.
Presque tous les habitants des villes apprenaient à lire et à écrire, et chacun s'eflForçait d'acquérir les connaissances de son état. Comme les livies étaient devenus très-communs, chacun pouvait connaître ce qui s'était passé dans les anciens temps, et savoir ce qui lui manquait, pour être libre et hem*eux. Far ce moyen, il était aisé que les abus, car il en existait de grands dans l'ancienne monarchie, fussent signalés et étouffés sans retour.
Sous le règne de Louis XVI, le clergé, c'est-àdire les religieux des deux sexes, et les prêtres de r Eglise catholique, possédaient à eux seuls une grande partie du territoire du royaume, qu'ils avaient acquise successivement de siècle en siècle ; cependant le roi n'avait pas le droit de leur faire payer des impôts parce qu' ils ^disaient que leurs richesses étaient le bien de l'Église, auquel personne ne devait toucher. D'un autre côté, la no» blesse française, qui, depuis l'origine de la royauté, s'était montrée tantôt turbulente et séditieuse, tantôt soumise à la puissance du roi, qu'elle flattait contre le peuple; la noblesse, dis-je, avait bien consenti depuis le temps du cardinal de Richelieu, à servir l' état, mais elle avait refusé de contribuer ux charges du royaume, quoiqu'elle possédât, le le clergé, une grande partie des terres de
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France; de aorte qu'il ne restait guère qne le pauvre peuple qui donnât de Targent au roi, et qui lui fournit des soldats pour garder le pays.
n y avait encore bien d'autres abus que vous comprendrez aisément lorsque vous serez plus âgés ; et le peuple, lorsqu'il les connut, souhaita ardemment d'en être soulagé.
Au milieu de tant de difficultés, Louis XVI, qui ne pouvait remédier à lui seul à des maux si anciens, agit sagement, en appelant autour de lui les états généraux, qui, comme vous savez, rendirent quelquefois de grands services an royaume, dans
i)lusieurs circonstances difficiles; mais cette fois, e mal qu'il fallait guérir était trop enraciné pour qu'on y pût porter un prompt remède, et il devint la source d'une terrible révolution, qui, en bouleversant le royaume, détruisit entièrement le trône que tant de grands rois avaient occupé.
Le malheureux Louis XVI tomba ainsi du faite de la grandeur et de la puissance dans la dernière des infortunes ; après avoir égorgé sous ses yeux ses plus fidèles serviteurs, on 1 arracha violemment de son palais, pour le jeter dans une prison avec la reine Marie- Antoinette, leurs enfants, et sa sœur Madame Elisabeth, qui était un ange de douceur et de beauté.
Avant cela, les deux princes, ses frères, avaient quitté le royaume avec un grand nombre de Français, qui, au lieu de réunir leurs efforts pour sauver leur patrie et leur roi, s'étaient retirés dans des pays étrangers, oil ils n'avaient été reçus que par pitié : on leur donna le nom d' iiaoïués.
Louis, quoique déchu du trône, se fût estimé heureux, dans sa prison, de vivre au milieu de f
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famille ; mais quelques-uns de ceux qui ravaî<»iit détrôné, crurent que, tant qu'il vivrait, la révolution que souhaitait la nation ne pourrait pas s'accomplir, et le malheureux prince porta sa tête sur un échafaud.
Cette terrible catastrophe doit vous rappeler celle de Charles I®', qui périt comme Louis XVI, par suite d'une révolution qui changea entièrement la face de son royaume.
La reine Marie-Antoinette, cette belle et majestueuse princesse que tous les yeux avaient admirée sur le trône, éprouva quelques mois pins tard le sort affreux de son époux, et madame Elisabeth partagea bientôt après la triste destinée de ses infortunés parents, comme elle avait partagé toutes leurs souffrances.
Avant d'aller au martyre, qu'il subit avec tout le courage de l'innocence, l'infortuné Louis XVI avait écrit un testament qui peint son âme tout entière ; il pardonna du fond de son cœur à ceux qui avaient cru sa mort nécessaire, et recommanda à son fils, s'il avait le malheur de devenir roi, de ne jamais chercher à le venger.
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