‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 10 sur 404 · ET DONNE AU ROI SON FILS GUILLAUME EN OTAGE. H · texte numérisé non relu

ET DONNE AU ROI SON FILS GUILLAUME EN OTAGE. H

bras, disant : « Je vous fais grâce de ce supplice-, vous ne mour- « rez pas aujourd'hui. » Ils retournèrent à Tost. A ce moment, on préparait la pierrière pour tirer sur la tour et sur les murs voisins. Les mêmes conseillers revinrent à la charge et proposèrent au roi de mettre l'enfant dans la fronde de la pierrière et de le lancer aux assiégés, pour les épouvanter. L'enfant, peu avisé, fut mené vers la pierrière. Il vit la fronde, et, se retirant un peu en arrière : « Dieu! quelle balançoire! » dit-il, « il faut a bien que je m'y balance ! » Il s'était accoté près de la fronde, lorsque le roi cria : « Otez ! ôtez ! Certes, il aurait le cœur bien a cruel, celui qui pourrait souffrir qu'il fût ainsi martyrisé. Il a parle trop gentiment! » A un autre moment, on faisait un cleier* pour attaquer la porte. Un valet apporta Tenfant et dit à haute voix : « Connétable ! faites- vous voir ! voici le fils de « votre seigneur, qui mourra misérablement, car il va être mis « sur le cleier. — Est-ce là ce que vous dites? » fait le connétable. « — Oui. -- Par mon chef! il mourra, car il sera écrasé comme « un taberaut^. » Et il fit pendre en dehors, aux créneaux, une grande meule de moulin. Alors l'enfant demanda quel jeu ce pouvait être qu'on pendait à la fenêtre. Quand le roi l'entendit parler ainsi, il se mit à rire et lui dit : « Guillaume, un jeu a comme celui-là ne vaudrait rien pour vous. » Et il déclara qu'il ne lui serait fait aucun mal [594].

Un jour, le roi était assis en son pavillon jonché d'herbes et de fleurs. Guillaume cueillait les chevaliers^ du plantain lan-

dlvitibus constat esse rarissimum, dives et humilis, munificus et affabilis. » Et l'auteur de V Histoire des ducs de Normandie (éd. de la Société de l'histoire de France, p. 81) : « Chil rois Estievenes fut moult dous et moult débonnaires et moult piteus, par coi il ne tenoit pas ferme justice. » — Enfin, dans une petite chronique des rois d'Angleterre, ducs de Normandie, que j'ai publiée diaprés un ms. de Cambridge : « Mult fu amez, por ce que debonaires esteit » {Notices et extraits des manuscrits, XXXII, 2* partie, 67).

1. Sans doute une sorte de voûte mobile formée de claies, sous laquelle on pouvait avancer à l'abri, comme la vinea des anciens.

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