LE MARECHAL ENVOYÉ AU ROI DE FRANCE
« les choisirez vous-même. Guillaume fils Raoul est preux et sage, « mais il a passé l'âge, Guillaume de la Mare est mal portant, « Richard de Villequier goutteux et Richard d'Argences a la fièvre « quarte. Mais c'est à vous, et non à lui, de choisir vos chama pions. Vous prendrez le bon comte Guillaume de Mandeville*, « puis moi, puis Jean de Fresnai(?)^ et Osbert de Rouvrai* « [76^ 6]. — Maréchal, vous avez bien parlé, » dit le roi. Le comte de Poitiers réclama, prêta s'offenser d'avoir été laissé de côté. Mais le Maréchal fit justement observer qu'il serait excessif d'engager dans cette affaire l'héritier du royaume. Le roi approuva le Maréchal et le chargea, lui et Guillaume de Mandeville, de porter ses propositions au roi de France [7644]. Les chevaliers français venus comme messagers les conduisirent. Ils traversèrent la ville et allèrent jusqu'à la barbacane. Là, Dreu de Mello les pria d'attendre un peu, jusqu'à ce qu'il eût parlé au roi de France et appris s'il consentirait à les recevoir. Celui-ci, en effet, refusa de les voir et envoya le comte Thibaut et les comtes de Dreux et de Flandre pour conférer avec eux et savoir quel message ils apportaient [7680]. Le Maréchal leur dit : a Nous « n'avons pas à vous dire notre message. C'est au roi, et non à « vous, que nous sommes envoyés. » Toutefois, sur l'invitation de Guillaume de Mandeville, il consentit à parler. Quand il eut fini, le comte de Flandre sourit et dit : « Par la bouche de a Dieu'*, Maréchal, je ne suis pas assez fou pour me battre avec