Qui était sans doute couvert d'une housse
96 ENTREVUE DE BONMOULINS. [1188-9
blessures légères. Ils revinrent auprès du roi Henri qui les félicita de leur chevauchée [8048].
Je ne puis pas conter tous les événements par le menu : je craindrais d'ennuyer. Je puis dire toutefois qu'on conclut une trêve qui dura tout l'hiver. Le Maréclial se donna beaucoup de peine pour amener la paix, mais ni lui ni ceux qui s'en mêlèrent n'y réussirent. Cet hiver le roi Henri fut malade. 11 séjourna longtemps au Mans', jusqu'au moment où ils prirent un parlement, à l'octave de Pâques, entre Moulins et Soligni^ [8070].
Entre temps, Convoitise, qui attise tous les autres vices, inspira au roi de France une vilaine entreprise qui fut par la suite nuisible à tous les héritiers de la couronne d'Angleterre, car par cela il leur enleva leur terre. Le roi de France fit savoir au comte de Poitiers que, s'il se rangeait de son côté, il lui donnerait en propre la Touraine, l'Anjou, le Maine. Celui-ci Ten crut, pour son malheur, et de ce fait devint son homme. Mais le roi de France ne tint pas sa promesse, et c'est ainsi quMl servit tous les fils du roi d'Angleterre à tour de rôle. L'un après l'autre il les engeigna tellement que le père et les trois fils et enfin le quatrième périrent par son engin ^. Mais ce n'est pas ici le moment d'en parler j on le verra bien dans la suite pour chacun d'eux [81^4].
1. Le poème peut servir ici à compléter l'itiaéraire dressé par M. Eytoa. On savait seulement que le roi Henri était à Saumur le 25 décembre 1188, et que sa présence était constatée au Mans pendant les premiers jours de féTrier et à la fin de mars 1189 (Eyton, p. 293-4).
2. Moulius-la-Marche et Soligni-la-Trappe, Orne, arr. de Mortagne. Plus loin {v. 8118), le poète fixe le lieu de l'entrevue à Bonmoulins, tout près de ces deux localités. Cette conférence est rapportée par les chroniqueurs latins (Ben. Peterb., II, 50; R. de Dicet, II, 57), non pas comme ici à l'octave de Pâques (18 avril 1189), mais au vendredi 18 novembre 1188 (Eyton, p. 29i). Ces mêmes historiens disent qu'à cette conférence la trêve fut prorogée jusqu'à la Saint-Hilaire (13 janvier 1189). C'est la trêve dont il est question dans le poème quelques vers plus haut.
3. Il est abusif de rendre Philippe-Auguste responsable de la mort de Henri H, du jeune roi Henri et de Jean sans Terre, qui moururent de maladie, de Geofi'roi de Bretagne, qui fut tué dans un tournoi, et de Richard, qui fut tué d'une flèche au siège de Chalus. Cependant, c'est une idée qui parait avoir été répandue en Angleterre; voy. la vision que rapporte Giraud de Barri, De insiructione principis, III, xxviii (G, Cambr. opéra, VIII, 308).