‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 145 sur 404 · H94] LE MARÉCHAL SE REND AUPRÈS DU ROL · texte numérisé non relu

H94] LE MARÉCHAL SE REND AUPRÈS DU ROL

accompagner le corps. Le service fut fait magnifiquement dans réglise. Sur ces entrefaites, les messagers du roi vinrent chercber le Maréchal, qui ne put accompagner son frère à Bradenstokes^ où le corps fut inhumé honorablement là où sont les tombeaux de ses ancêtres [-1 0076].

Le Maréchal se rendit auprès du roi, menant avec lui trois seulement de ses chevaliers, car les autres accompagnèrent le corps de son frère. 11 rencontra à Huntingdon son seigneur [le roi], qui l'accueillit avec honneur et lui fit plus d^amitiés qu'à aucun autre. Après manger, en présence de ses barons, le roi le remercia chaleureusement de ce qu'il avait fait pour lui garder son royaume. Il ajoute que Baudouin de Béthune avait contribué plus que personne à le faire sortir de prison ^ [i Oi 30]. « Sire, » dit le Maréchal, « Baudouin est loyal, et je vous pro- « mets sur ma tête qu'il vous servira toujours sans mollesse. « — Maréchal, » reprit alors Guillaume de l'Étang 3, « vous

les documents administratifs d'assez nombreux témoignages sur ce personnage qui fut marié trois fois, en dernier lieu avec une sœur de Guillaume de Briouze. Ces témoignages ont été réunis par Stapleton, Magni rot. Scacc, I, clxi, clxii; cf. Edw. Foss, The Judges of England, II, 107-9. Il faut ajouter qu'il est plusieurs fois mentionné dans la chronique de Jordan Fantosme (éd. Fr. Michel, vv. 1335, 1342, 1355, 1841, 1845). On ne savait point qu'il eût une fille mariée ou promise à Jean le Maréchal.

1. Comté de Wilts, hundred de Kingsbridge, paroisse de Lyneham, entre Cirencester et Marlborough. Il y avait un prieuré de chanoines réguliers auquel le comte Patrice, allié de la famille du Maréchal, et le Maréchal lui-même avaient fait diverses donations. Voy. Monasiicon anglicanum, nouv. éd., VI, 339.

2. Baudouin de Béthune (sur lequel voir ci-dessus, p. 54, note 3) avait été fait prisonnier en Allemagne en même temps que Richard, mais, rerois en liberté, il avait pu rentrer en Angleterre. Il était retourné en Allemagne avec Guillaume Brieguerre, au moment des négociations ])our la rançon du roi, avec qui il se rencontra à Worms (Rog. de Howdcn, III, 187-215). Il fut au nombre des otages donnés par Richard au duc d'Autriche et fut renvoyé en Angleterre pour hâter l'exécution des conventions passées entre Richard et le duc Léopold, ;\ un moment où ce dernier menaçait de mettre les otages ;\ mort si ces conventions ne recevaient pas un prompt accomplissemenl (ibid., 111, 275).

3. Célail un des chevaliers de Richard qu'il accompagna en Terre sainte (Ambroise, Est. de la guêtre sainte, vv. G979, 11429). Il est témoin à divers actes, par exemple en 1100, à doux acles de la reine Alicnor

m JEAN SI RETIRE AUPRÈS DU ROI DE FRANCE. [4*94

« pouvez bien y mettre votre tête, car mainte fois il a engagé c la sienne pour votre service, contre ceux qui médisaient de « vous. Quand ils venaient vous décrier devant mon seigneur*, « il mettait sa tête en gage qu'ils mentaient » [^0^48].

Quand le comte Jean sut que son frère était délivré et qu'il revenait en sa terre, il n'osa point Tattendrc, mais il mit des garnisons dans les châteaux qu'il avait dégarnis, puis se rendit auprès du roi de France*. Celui-ci le retint auprès de lui, mais il ne put ou ne voulut tenir aucun de ses engagements et lui témoigna peu d'intérêt, se refusant à lui porter secours. Il se joua de lui de toute façon^. Je reviens à ma matière [-10^72].

Le roi partit de Marlborough^ à la tète d'une nombreuse armée et chevaucha droit à Nottingham, où les Norrois* avaient mis le siège depuis peu. A la nouvelle de l'arrivée du roi, ils se

(Teulel, Layettes du Trésor, n" 489 et 508). Le roi Jean, en septembre 1099, lui conflrme divers biens à Verneuil (Eure) et à Mortain (Staplelon, Rot. Scacc, II, ccxlviij). C'est probablement le même qui, en 1200, fut au nombre des ambassadenrs envoyés par le roi Jean au roi de Portugal poof loi demander sa fille en mariage (Raoul de Dicet, II, 170).

Page 1