‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 171 sur 404 · ATTAQUE ET PREND MILLI · texte numérisé non relu

ATTAQUE ET PREND MILLI

assaillants commencèrent à se retirer. Mais un chevalier flamand, sire Gui de la Bruyère, était resté sur une échelle. Les défenseurs de la ville le tenaient par le cou avec une fourche, de sorte quMl ne pouvait s'aider d'aucune de ses mains. Le Maréchal se tenait, tout armé, sur la douve du fossé. Il fut saisi de pitié en voyant la pénible situation de ce chevalier, et, sautant dans le fossé, il grimpa du côté opposé, l'épée à la main. Arrivé à l'échelle, il se mit à frapper à droite et à gauche de tels coups sur ceux qui tenaient le chevalier et voulaient le tuer qu'ils s'enfuirent et lui abandonnèrent le créneau. Le roi, ayant vu le Maréchal monter à Tassant, voulut l'imiter, mais les hauts hommes qui étaient présents Ten empêchèrent. Le Maréchal une fois entré, nos gens reprirent ardeur et crièrent ensemble : a Le château est pris : courons aider le Maréchal! » et ils coururent assaillir les créneaux. Ce jeu ne plut pas à sire Guillaume de Monceaux ['l 1 206], le connétable du château, qui courut droit au Maréchal. Mais celui-ci, qui s'était délivré de ses autres adversaires, lui donna un tel coup qu'il lui fendit le heaume et la coiffe et lui entama la chair. Guillaume de Monceaux tomba tout étourdi et incapable de se mouvoir. Le Maréchal, qui était lassé et avait fait plus que sa part, s'assit sur lui pour le garder. Les autres entrèrent à sa suite et le roi avec eux. Les assiégeants firent un butin considérable et les assiégés perdirent tout. Le roi eut pour sa part, comme il le devait, le château et l'approvisionnement. Le Maréchal vint à lui, tenant par la main le chevalier quMl avait pris. « Voici, » lui dit-il, « un a prisonnier que je vous amenée — Sire Maréchal, » dit le roi, a il ne convient pas à un homme de votre importance « de se risquer en de telles entreprises. Laissez cela aux jeunes « bacheliers qui ont à faire leur carrière. Quant au chevalier « que vous avez pris, fût-il d'une valeur cent fois plus grande, « je vous le donne; vous l'avez bien mérité. Je vous en fais « gardien et maître. » Le Maréchal l'en remercia ^ [44204].

cudemore, dont le passage par Barlleur est signalé en 1180 (Stapleton, JUagni rot. Scacc. Nomi., I, clxxv).

1. On a vu plus haut (p. 107) le Maréchal présenter de même à Henri II un prisonnier qu'il venait de faire.

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