‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 179 sur 404 · L'ARCHEVÊQUE DE REIMS ENVOYÉ A RICHARD. [H · texte numérisé non relu

L'ARCHEVÊQUE DE REIMS ENVOYÉ A RICHARD. [H

« échanger la poignée de mains, quand je lui réclamai Tévêque « de Beauvais : il devint aussitôt furieux, s'emporta contre « moi et me regarda avec de tels yeux que je m'attendais à le « voir se jeter sur moi. » Plusieurs des Français se mirent à rire et se dirent l'un à l'autre : « Le roi Richard n'est pas une a chèvre; il ne s'effraie pas aisément. Il compte bien venger ses « pertes » [4^654].

Le roi Richard entra dans sa chambre tout soufflant de colère, comme un sanglier blessé, et fit fermer les huis. Personne n'eût osé frapper à sa porte, lorsque le Maréchal survint, une baguette à la main. Il appela à haute voix et on s'empressa de lui ouvrir. 11 dit au roi : « Vous ne devriez pas vous irriter pour si peu. « 11 en faudrait plutôt rire, car vous avez tout gagné. Vous « voyez bien que le roi de France est à bout; qu'il en est réduit a à vous demander paix ou trêve. Prenez donc la terre qui nous a appartient et laissez-lui les châteaux en gage jusqu'à un a autre passage'. Quand il ne pourra rien tirer de la terre et a qu'il lui faudra entretenir les châteaux à ses frais, cela lui « semblera aussi dur qu'une guerre. C'est ainsi que les choses a se passeront. Je vous garantis qu'ils reviendront demain » [^^688].

Le légat fit savoir au roi de France qu'il pourrait obtenir une trêve à condition de tenir les châteaux en gage, mais de laisser la terre au roi Richard. Sinon c'était la guerre. Les barons de France furent d'avis que cette trêve devait être acceptée. Ce fut aussi l'opinion du légat, qui toutefois refusa énergiquement de retourner vers le roi d'Angleterre et demanda qu'on envoyât quelque autre à sa place; il ne voulait pas mourir encore. Le bon archevêque de Reims ^ s'y rendit accompagné de gens sages. Le roi était en sa chapelle où on lui chantait la messe de la Trinité; Il alla au-devant de l'archevêque. Ils se firent réciproquement bon accueil, et, par l'intervention de l'archevêque, la trêve fut mise en écrit comme il avait été convenu, à la grande

Page 1