‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 189 sur 404 · LE ROI DE FRANCE LÈVE LB SIÉOB D'ARQUES · texte numérisé non relu

LE ROI DE FRANCE LÈVE LB SIÉOB D'ARQUES

d'Eu les nouvelles de Poitou. Celui-ci, qui les attendait tout autres, changea de couleur et demeura silencieux. li alla se coucher, tout soucieux, dans sa tente, ne sachant que faire, car il ne voulait redire à personne ce qu'il venait d'entendre [^2205].

Tandis qu'il était ainsi plongé dans ces pénibles réflexions, des lettres adressées au roi de France apportèrent la nouvelle, qui bientôt se répandit dans tout l'ost. Le roi fut très peiné et dit que jamais si grand malheur ne lui était arrivé. Et, pourtant, son retour de Jérusalem avait été plus malheureux encore, et on l'en avait assez blâmé ! Sans plus tarder, il fît détendre ses tentes et mettre en pièces ses engins, à la grande joie des assiégés^ Chevaliers et sergents s'armèrent et firent une bellearrièregarde, comme s'ils avaient à craindre d'être poursuivis [42240]. Cependant, les comtes ^ apprirent par leurs espions la levée du siège, ce qui leur fit grand plaisir. Ils se mirent aussitôt en route, armés de leurs armures d'étoffe, pour épier Tost qui s'en allait en rangs serrés, car les Français, lorsqu'ils se voient obligés de battre en retraite, le font avec beaucoup d'ordre. Les trois comtes, suivis d'une troupe nombreuse, se hâtèrent et arrivèrent bientôt en vue de l'ost. Les Français, qui avaient bonne arrièregarde, ne s'en inquiétèrent point. On alla prévenir le roi. Celui-ci reconnut de loin le Maréchal et les deux autres comtes. tt Ils ne savent guère ce que je pense, » dit-il, « mais bientôt a ils le sauront, s'ils ne rebroussent chemin. » Il fît venir Guillaume des Barres^ et lui dit: « Prenez avec vous trois cents a chevaliers et suivez cette vallée, de façon à n'être pas aperçus tt d'eux avant de les aborder. Si vous pouviez prendre un des « trois, nous aurions en échange quelqu'un de nos meilleurs « amis » [42288].

Le Barrois fit ce que le roi lui avait commandé. Il prit trois cents chevaliers et chargea les comtes à l'improviste. Mais,

1. On savait par divers historiens (Roger de Wendover, Rigord, G. Le Breton, ÏHist. des ducs de Norm.) que le roi de France avait levé le siège d'Arqués à la nouvelle de la prise de Mirebeau, mais les détails qui suivent sur la retraite des Français ne se trouvent point ailleurs.

2. Le Maréchal (comte de Pembroke), le comte de Salisbury et le comte de Varenne.

Page 1