‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 190 sur 404 · BRILLANTE RÉCEPTION DU MARÉCHAL A ROUEN · texte numérisé non relu

BRILLANTE RÉCEPTION DU MARÉCHAL A ROUEN

ceux-ci, voyant que, désarmés, ils ne pouvaient lutter contre des hommes armés, tournèrent le dos et se dirigèrent vers Rouen, ayant acheminé devant eux leurs hommes et leurs bagages, tandis que le Barrois retournait vers le roi [^2320].

Le bruit de la venue des trois comtes s'étant répandu dans Rouen, les principaux habitants vinrent au-devant d'eux, à cheval, a Seigneurs, » dit le Maréchal à ses compagnons, « si vous a voulez avoir ce soir un bon souper, laissez-moi parler le pre- « mier et vous Taurez. » Les citoyens de Rouen saluèrent en premier le Maréchal et les autres après. « Sire, » dit Mathieu le Gros, qui était alors maire de Rouen \ « de quel côté s'en va le a roi de France ? Nous avons craint qu'il vînt assiéger notre a seigneur. — Le roi de France, » reprit le Maréchal, « est près a d'ici. Nous ne voulons pas que la ville soit sans défense, et « c'est pourquoi nous sommes venus ici avec nos gens. » Les bourgeois les remercièrent vivement et se mirent entièrement à leur disposition. Les comtes entrèrent dans la ville, s'installèrent en un hôtel et firent préparer leur repas. Alors, les bourgeois leur envoyèrent de leurs meilleurs vins, qui girofle, qui épicé, puis des fruits, poires, pommes, noisettes. Le Maréchal ne s'était pas trompé dans ses prévisions [^2404].

C'est par le conseil de Guillaume des Roches que le roi Jean avait entrepris de secourir Mirebeau, et c'est par lui qu'il y avait réussi. Pour rien au monde il ne s^y fût décidé sans Guillaume des Roches, qui, plus tard, n'eut pas à se louer de ce quMl avait fait. Et, sachez-le bien, quoi qu'on puisse vous dire, celui qui, dans l'une et l'autre armée, fit le plus d'exploits chevaleresques, ce fut Guillaume des Roches, car il eut, à la porte de Mirebeau, trois chevaux tués sous lui, et, pourtant, il ne cessa pas de combattre, faisant dégager la voie devant lui 2. C'est par lui que

1. Mathieu le Gros figure, en 1195 et en 1199-1200, sur la liste des maires de Rouen dressée par Chéruel, Ilist. de Rouen pendant l'époque communale, I, 3G0-1. Il n"y (igure pas en 1202, mais celle lisle n'est pas trè» sûre pour le commencement du xiii" siècle. Il prêta plus d'une fois des sommes importantes au roi Jean. Voy. Hot. litt.pat., 1, 15 b (28 juillet 12(12), 30 a (27 mai 1203), etc.

2. Le texte ajoute : qu'il n'avait pas la paix jurée. Le |)oèle veut-il dire que G. des Roches n'était pas au nombre des barons qui avaieul

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