Expression habituelle pour désigner un grand fracas
Qu'en n'i oïsl nés Damedieu tonant.
{La mort Aymeri, v. 4068.)
2. De la chaussée d'Eu, mentionnée dans la phrase suivante, au nordest de la ville; ce devait être un pont jeté sur un fossé.
3. Le pont de la Béthune, par lequel ils étaient entrés dans la ville.
4. On voit que nous sommes ici en pleine fantaisie. Le poète raconte un tournoi et non une action de guerre.
5. On s'explique mal que Guillaume entrât chez lui alors que le combat était loin d'être terminé.
li73-4] PAIX ENTRE LES ROIS DE FRANCE ET D'ANGLETERRE. \9
seigneur de Tancarville et par les siens, tous furent unanimes à déclarer que l'honneur de la journée devait être attribué au Maréchal. Les Français en rendirent témoignage, eux qui auparavant faisaient peu de cas de lui [^^06].
Ce jour-là, le Chambellan tint grande cour. On fit un festin magnifique où tout le monde fut admis. Chacun porta honneur au Chambellan, sans qui la ville eût été rendue et brûlée, car le connétable, en Tabandonnant vilainement, l'avait livrée au pillage. On se racontait ce qu'on avait vu en cette journée, et on disait que le Maréchal avait tenu tête à tous ses adversaires, combattant pour délivrer la ville et non pour gagnera Sur ce, Guillaume de Mandeville, qui n'était pas encore comte 2, dit : « Maréchal, donnez-moi un don. — Volontiers, quoi ? — Une « croupière, ou, à défaut, un vieux collier. — Mais jamais je a n'en eus de ma vie, » répondit le Maréchal. — « Maréchal, que « dites- vous? Vous en avez bien eu quarante ou soixante, et a vous me refusez pour si peu ! » Tous se mirent à rire, comprenant ce que le seigneur de Mandeville voulait dire^ [^K>0].
Les barons s'interposèrent entre les deux rois et réussirent à rétablir la paix"*. Le Chambellan et sa mesnie revinrent à Tancarville. Il fut convenu que les chevaliers iraient chercher fortune où bon leur semblerait. Cela ne convenait guère au Maréchal, qui avait eu son cheval tué sous lui, et a qui il ne restait plus que son palefroi. Le Chambellan se montra peu généreux envers lui. Il fut réduit à vendre un manteau qu'il avait eu quand il fut armé chevalier. Il n'en put tirer que vingt-deux sous de monnaie angevine, avec lesquels il acheta un roncin^,
1. Gagner^ c'était faire des prisonaiers qu'on mettait à rançon, ou prendre des chevaux.