‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 195 sur 404 · ET PAR LE COMTE ROBERT D'ALENÇON · texte numérisé non relu

ET PAR LE COMTE ROBERT D'ALENÇON

Le roi allait par Normandie; mais ne croyez pas qu'il suivît le droit chemin : il avait trop peur des tournés. Quand il quittait VerneuiH, il passait par Laigle 2, ou par BreteuiP, par Lisieux, par Caen, par Bonneville^, pour aller à Rouen ^. Quand on ne sait de qui on doit se défier, on se défie de tout le monde [^ 2584].

Il arriva en ce temps que la reine était à Ghinon, en la marche des Poitevins, des Bretons, des Angevins, qui, volontiers, reussent enlevée du château. On le fit savoir au roi, qui se mit en marche à la tête d'une troupe nombreuse en partie composée de routiers. Mais savez- vous pourquoi il ne pouvait se concilier l'amour de ses gens? C'est que Louvrecaire^ les maltraitait, pillant comme en pays ennemi. Gela n'est encore rien, mais, s^il leur enlevait leurs femmes ou leurs filles, il n'y avait aucune réparation à attendre. Le roi se rendit de Séez à Alençon^, où il ne séjourna que le temps de diner avec le comte Robert^, qui, ce jour même, fit une grande honte, car, après que le roi lui eut donné de l'argent et l'eut baisé sur la bouche, il l'abandonna pour se donner au roi de France, à qui, en cette môme journée, il fit hommage^. Puis il livra sa ville aux Français [42619].

1. Le roi Jean est à Verneuil (ch.-l. de cant., arr. d'Évreux), du 7 au 10 octobre.

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