‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 21 sur 404 · TOURNOI ENTRE SAINTE-JAMMES ET VALENNES · texte numérisé non relu

TOURNOI ENTRE SAINTE-JAMMES ET VALENNES

qu'il employa à porter ses armes. Et ce fût le premier roncln qui fut employé à cet usage [^200].

La nouvelle se répandit partout qu'on allait donner une quintainc* entre Saint-Jame et Valennes'. On annonça quinze jours d'avance que les Angevins, les Manceaux, les Poitevins, les Bretons tournoieraient ce jour-là contre les Français, les Normands et les Anglais. Lorsque la nouvelle fut parvenue à Tancarville, le Chambellan se prépara à porter les armes à cette occasion [^2-17].

La salle se remplit de chevaliers qui se disposaient à aller au tournoi, mais le Maréchal n'avait aucun moyen de s'y rendre. Il en devint pensif. Le seigneur de Tancarvillelui dit : « A quoi « pensez- vous, Maréchal? — Sire, je n'ai point de cheval. — « Ne vous tourmentez pas, vous en aurez. » Le Maréchal, se fiant à sa parole, le remercia. Toute la nuit, les chevaliers font rouler leurs hauberts, frotter leurs chausses, préparer leurs armures et l'équipement de leurs chevaux. Le lendemain matin, ils se mirent en mouvement et se groupèrent sur la place. Le Chambellan y fit mener de bons destriers pour donner à ses chevaliers. La distribution se fît, et le Maréchal fut oublié. Il en fit la remarque. Le Chambellan lui exprima ses regrets et l'assura qu'à tout prix il lui procurerait un cheval. Il restait en eflet un cheval grand, fort et rapide, mais qui était si indomptable qu'on ne pouvait pas le brider. On l'amena ; le Maréchal le monta sans s'appuyer du coude et lui donna de l'éperon. Le cheval partit plus vite qu'un émerillon. Impossible de le rete-

exactement correspondant en français moderne. Le roncin était un cheval de charge; voy. Du Gange, RUNaNus.

1. La quintaine, qui prend son nom de la via quintanaj réservée aux exercices militaires, dans les camps romains, est au moyen âge un jeu consistant à frapper de la lance un mannequin placé sur un pivot; voy. la septième dissertation de Du Gange sur l'histoire de saint Louis et cf. ma traduction de Girart de Roussillon, p. 1, note 2. On va voir qu'ici il s'agit plutôt d'un tournoi.

2. li y a un Valennes dans la Sarthe, arr. de Saint- Galais, cant. de Vibraye. Si c'est le lieu ici désigné, on pourrait corriger le Seint Jame du texte en Seint[e] Jamme (le vers se lirait : Qu'entre Seint\e\ Jame...)-, ce serait Sainte-Jarame-sur-Sarthe {Sancta Gemma), arr. du Mans, cant. de Ballon.

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