‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 219 sur 404 · MBILIER RETOURNE EN IRLANDE · texte numérisé non relu

MBILIER RETOURNE EN IRLANDE

sauf la sienne, ne réussit à faire la traversée '. C'est ainsi que les mauvais sont parfois plus favorisés que les bons. A son arrivée, Meiiier trouva la terre en tout autre état que ce qu'il attendait et apprit avec honte que plusieurs de ses chevaliers étaient en prison par leur méfait [43692].

Alors Meiiier réunit en parlement les hommes du comte*. Là Thomas Blonet leur bailla à chacun les lettres du roi. Lorsqu'elles eurent été lues, ils se tirèrent à part et, les ayant fait relire, ils demeurèrent convaincus que le roi cherchait à déshériter leur seigneur. Ils prirent alors conseil entre eux et, sur l'avis de Jean d'Erlée et d'Etienne d'Évreux, ils décidèrent qu'ils resteraient en Irlande pour défendre la terre du comte Maréchal. Jourdain de Sauqueville proposa d'avertir le comte d'Ulster^ et Raoul Fils Paien^ [43749], et de leur demander leur concours en faveur du Maréchal. Ces résolutions prises, les uns et les autres se retirèrent du parlement le mieux qu'ils purent. Quand Thomas Blouet leur demanda ce qu'ils avaient l'intention de faire au sujet du mandement royal, ils répondirent qu'ils feraient pour le mieux [43762].

Ensuite ils chargèrent Jourdain de Sauqueville d'aller demander au comte d'Ulster son appui. Jourdain y alla, et le comte s'empressa de venir, conduisant soixante-cinq chevaliers, deux

1. On a Yu plus haut (p. 188) que Meiiier était à la cour du roi du 8 au 14 novembre 1207. Il dut quitter l'Angleterre vers le temps où le Maréchal se présentait au roi, c'est-à-dire en janvier 1208, en tout cas, comme on vient de le voir, avant la Chandeleur (2 février).

2. La désignation plus ou moins précise du lieu est donnée dans le texte (v. 13697), mais le passage est corrompu.

3. Weluestire, v. 13748, en rime avec dire. Dans le poème de la conquête de l'Irlande, c'est Uluestere, Uuluestere {The Song of Dermot, éd. Orpen, vv. 1756, 2733). Le comte ici désigné est Hugues de Laci, comte d'Ulster depuis 1204, par don royal, après que Jean de Courci, son prédécesseur, eut été pris en trahison et livré au roi d'Angleterre (Rog. de Howden, IV, 176; Annales d'Irlande y dans Chartularies of St Mary' s Abbey, II, 308-9).

4. Ce personnage est vraisemblablement le même que le Reinfrei Fils Paien mentionné plus haut, v. 13496. < Radulfus Filius Pain » figure comme témoin dans une charte de Guillaume le Maréchal (OAartularies of St Mary' s Abbey, II, 139). Dans ie même acte paraît un « Rogerius Filius Pain. >

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