‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 233 sur 404 · BATAILLE DE BOUVINES · texte numérisé non relu

BATAILLE DE BOUVINES

oublier de dire que, avant de s'embarquer, il laissa la terre sous la garde du Maréchal et d'autres barons. Le Maréchal lui bailla autant de ses chevaliers qu'il en voulut. Mais toujours la poche sent le hareng* et le bon vase garde l'odeur du bon vin*. Le roi voulut emmener avec lui Richard, le fils du Maréchal, bien que celui-ci lui représentât que l'enfant était encore trop jeune pour aller en lointain pays. Le roi ne voulut pas en démordre, mais ensuite il s'en repentit, car Richard tomba malade et faillit mourir. C'eût été grand dommage, mais enfin il guérit. Nous n'avons pas à conter les succès qu'obtint le roi : ce n'est pas de notre sujet. Finalement il revint en Angleterre^ [-14732]. On sait comment les trois comtes de Flandres, de Boulogne et de Salisbury firent une grande entreprise qui échoua, mais non par leur faute. Ils allèrent au-devant de l'empereur, qui vint en grande hâte, n'ayant pas avec lui le quart de son monde. Le roi de France, apprenant son arrivée, fiit inquiet. Il craignit d'être surpris. Les Français n'avaient pas envie de se battre et se seraient volontiers retirés pendant la nuit sMls en avaient eu le loisir. On le fit savoir à l'empereur. « S'ils s'en « vont, » dit le comte de Boulogne, « je m'en réjouis, car « alors ils nous laissent la terre et nous aurons moins de peine « à la conquérir. Nous la rendrons à l'empereur et au roi d'An- « gleterre notre seigneur. — Vous lui enlevez honneur et « terre en nous empêchant de combattre, » dit Hugues de Boves'*. a 11 est plus difficile d'agir que de parler*, Hugues

1. Proverbe dont Le Roux de Lincy (1, 177) ne donne que des exemples beaucoup plus récents.

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