‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 282 sur 404 · LA FLOTTE ANGLAISE VA A SA RENCONTRE · texte numérisé non relu

LA FLOTTE ANGLAISE VA A SA RENCONTRE

ché. Le grand juge d'Angleterre, Hubert, s'embarqua sur une belle nef bien armée ^ ; Richard, le fils du roi Jean, fit de même [-17308]. La veille, des sergents du Maréchal y avaient pris place. Les autres garnirent leurs nefs comme ils purent. Le Maréchal se tenait près d'eux, les encourageant à bien faire : « Seigneurs, vous devez avoir en mémoire que Dieu nous a « accordé à terre une première victoire sur les Français^. Voici a qu'ils reviennent en Angleterre pour nous enlever le royaume, a Mais Dieu a sur mer comme sur terre le pouvoir d'aider les a bons, et cette fois encore il aidera les siens. Vous tenez le a bon bout; vous triompherez des ennemis de Dieu » [17328].

Ils cinglèrent droit à marée montante. Les Français les virent sortir du havre et les méprisèrent. Ils carguèrent leurs voiles en disant : « Ce n'est que de la piétaille; il n'y a parmi eux <c aucun chevalier. Ils sont à nous. C'est une heureuse fortune a qui nous les envoie. Ils ne sauront nous résister. C'est eux qui a paieront nos frais. Nous les mènerons avec nous à Londres, « ou sinon ils pécheront les flondres^ dans la mer. » Ils parlaient ainsi, se souvenant de la mésaventure qui récemment était avenue aux nôtres en pareille circonstance^. Ils voyaient du reste que nos gens n'avaient que peu de navires. La nef de sire Hubert du Bourg s'avança au-devant des autres comme pour attaquer [17356]. Mais elle passa outre à toutes voiles sans engager le combat. Les ribauds français, pleins de bravade, se mirent à crier : « La hart! la hart! a Mais finalement ils furent acculés en l'angle^ et noyés [17364].

La grande nef de Bayonne, où était le trésor du roi^, devança

1. Il parait bien que ce fut aux habiles dispositions prises par Hubert do Bourg que les Royaux durent leur victoire; voy. l'article très approfondi du Dictionary of National hiography sur ce personnage, notamment p. 316.

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