‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 297 sur 404 · IL PARTAGE SES BIENS ET DONNE DES INSTRUCTIONS · texte numérisé non relu

IL PARTAGE SES BIENS ET DONNE DES INSTRUCTIONS

« en aventure. C'est le moment de me débarrasser de toutes « choses terrestres et de penser aux choses célestes. » Alors, il s'occupa de ses enfants et leur partagea sa terre, selon son intention. Il dit : « Seigneurs, l'un de mes fils, AnseP, n'a rien « en ce partage, et pourtant il m'est bien cher. SMl vit assez « pour devenir chevalier, bien qu'il n'ait point de terre, il a trouvera, pourvu qu'il le mérite, qui Taimera et qui lui fera a grand honneur, plus qu'à nul autre. Dieu lui donne prouesse a et savoir. » — « Ah ! sire, » dit Jean d'Erlée, « vous ne « ferez pas cela. Donnez-lui de votre argent au moins de quoi « payer la ferrure de ses chevaux ! » Le Maréchal, sans se faire prier davantage, lui octroya cent quarante livrées de terre pour son entretien. Puis il dit : « Maintenant, je me sens libre. Je a n'ai d'inquiétude que pour ma fille Jeanne. Si de mon vivant « je l'avais bien mariée, mon âme en serait plus à aise. Je veux « qu'elle ait trente livrées de terre et deux cents marcs pour a l'aider à vivre jusqu'à tant que Dieu prenne soin d'elle^ » [^8^68].

Quand il eut distribué ses biens, il dit à Jean d'Erlée : a Allez à votre baillie. Je suis inquiet au sujet de mes hommes a qui sont en 3..., et aussi de votre fils, qui, mal conseillé, pour- « rait se risquer dans une expédition où nos gens auraient à a souffrir. Allez-y sans retard, mon mal s'aggrave. Au retour, a vous m'apporterez deux draps de soie que j'ai confiés à « Etienne [d'Évreux]^ Mais surtout hâtez-vous de revenir. » Jean d'Erlée accomplit fidèlement sa mission, allant à grandes journées. A son retour, le comte, dont la maladie s'était aggravée, lui demanda des nouvelles de ses gens. « Ils vont bien, « Dieu merci ! » répondit-il, « et voici les draps de soie que je a devais vous apporter. » Le comte les prit et dit à Henri Fils Gerout : « Henri, regardez les beaux draps. — Certainement,

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