L'IMPERATRICE ASSIÈGE WINCHESTER
femme veuve ou fille orpheline allèrent à honte, par faute de mariage [>I66].
L'impératrice assiégeait Winchester <. Avec elle étaient le Maréchal et de nombreux barons qui pensaient bien prendre la ville. Mais il y avait pour la défendre de vaillants chevaliers, qui chaque jour faisaient des sorties contre les assiégeants. Du côté opposé, Philippe de Colombiers^, jeune et preux, était toujours là l'un des premiers, et les repoussait [182].
1. Le récit suivant du siège de Winchester par l'impératrice Mathilde et de la retraite de celle-ci révèle un certain nombre de faits inconnus d'ailleurs et qui paraissent authentiques, tels que la part prise au siège par Philippe de Colombiers, les exploits de Jean le Maréchal pendant la retraite. Mais il s'y rencontre aussi des assertions erronées. C'est en 1141, vers le l""aoùt, que 1 impératrice occupa Winchester et assiégea le palais épiscopal, qui formait dans la cité comme une forteresse. Après quelques semaines, pendant lesquelles Winchester eut à souttrir d'ellroyables dévastations, elle dut se retirer à l'approcbe d'une armée conduite, non pas, comme il est dit ici, par le roi Etienne, qui était alors prisonnier à Bristol, mais par sa femme, aussi nommée Mathilde, et par Guillaume d'Ypres. Voyez, sur tous ces faits, Henri de Hunlingdon, éd. Arnold, p. 284 (reproduit dans Robert de Torigni, éd. Delisle, I, 223-4); Gesta titephani, éd. du Chesne, p. 950-7, éd. Howlett, p. 79-81; William de Malmesbury, Uistoria novetlay éd. Hardy, III, 50, éd. Stubbs, II, 580-1, et, parmi les historiens modernes, Round, Geo/lrey de MandevUle^ pp. 128 et suiv.
2. C'était un Normand que Mathilde avait amené de Normandie, où il s'était signalé par divers actes de violence (Delisle, Alagni Rotuli Scac-
carii Norinannioi fiagmeiitutriy dans les Méni. de la Soc. des Antiq.
de Normandie, 1" série, VI, 2* partie, xxiv; tirage à part. Caen, 1851, p. 32). En 1152, il est témoin à un acte de Henri, duc de Normandie (Qls de Mathilde), qui est dans Rymer à cette date; de même en 1154 (Teulet, Trésor des chartes, n" 138). En 1156, 1157, 1158, il est témoin à des actes du même prince devenu roi d'Angleterre (Eyton, Court, household and itinerary of king Uenri 11, Londres, 1878, p. 18, 32, 37). En 1102, il est établi dans le comté de Sommerset {Vipe roll Society, V, 21). Eq 1180, ll'J8, 1203, un Philippe de Colombiers (le lils du nôtre?) est fermier de la forêt de Roumare (Stapletou, Alagni Rotuli Scaccarii Normannix, I, ex, cxiv; II, ccliv, cclvij) et est témoin à divers actes de Richard P' (Teulet, Trésor des chartes, n"' 308-0). Colombiers est actuellement Colombières, Calvados, cant. de Trevières (encore Colombiers dans Cassini). M. Delisle a bien voulu me communiquer des documents qui mellenl celte identilication hors de doute, notamment une charte du fonds des religieuses de Mortain (Arch. nat.), où ligure un < Piiilippus de Columbers. »