Voy. ci-dessus, p. 248, note
i2i9] IL FAIT DISTRIBUER DES ROBES A SES CHEVALIERS. 263
« je ne veux plus vous écouter. Ce sera bientôt la Pentecôte^ ; « mes chevaliers ont droit à leurs robes ; ce sera la dernière « fois que je les leur donnerai, et voilà que vous cherchez à a m'enjôler ! » Puis, il dit : « Venez ici, Jean d'Erlée. Je vous a commande de faire la distribution des robes; et s'il n'y en a a pas pour tout le monde, envoyez-en chercher à Londres, car a je ne veux pas que par ma faute personne ait lieu de se a plaindre. » Puis il dit à son fils : « Beau fils, je vous prie de « prendre congé pour moi à tous ceux qui ne sont pas présents « ici et qui m'ont bien servi. Qu'ils aient de Dieu et de moi « grâces et merci » [48723].
Les robes furent distribuées en telle manière que chacun des chevaliers de sa megnie eut la sienne. Quant aux vêtements qui restèrent, ils furent donnés aux pauvres gens. On y passa la nuit. Le flls du Maréchal et ceux qui étaient avec lui ne se couchèrent pas. Le lendemain, ils furent remplacés auprès du Maréchal, mais ils ne dormirent guère, tant ils étaient inquiets et affligés [48746].
La journée dont je vous parle fut celle du lundi avant l'Ascension^. Le fils s'agenouilla devant son père et lui dit: « Sire, a pour l'amour de Jésus-Christ, mangez quelque chose, cela tt vous ferait du bien. — Eh bien ! » dit-il, « je mangerai autant « que je pourrai. » Il s'assit, et un chevaher le soutint. Quand la nappe fut placée devant lui, il dit à Jean d^Erlée : a Écou- « tez-moi. Voyez-vous ce que je vois? — Sire, je ne sais. a — Par mon chef! Je vois deux hommes blancs, l'un à ma a droite, l'autre à ma gauche. Jamais je ne vis si beaux en nul a lieu. — Sire, ce sont des compagnons que Dieu vous envoie, a pour vous mener dans le droit chemin. » Et le comte dit : a Béni soit Dieu notre Seigneur, qui, jusqu'en ce moment, me a donne sa grâce ! » Sire Jean ne demanda pas au Maréchal qui étaient ces hommes, car il pensait bien avoir le temps de le faire plus tard. Mais, depuis, il regretta toujours de ne pas l'avoir demandé^ [48784].