‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 32 sur 404 · BROUILLE ENTRE HENRI 11 ET SON FILS · texte numérisé non relu

BROUILLE ENTRE HENRI 11 ET SON FILS

Un grand nombre de comtes el de barons se rallièrent au jeune roi, dont ils étaient les hommes liges. Henri II cependant chevaucha, avec une armée nombreuse, contre son fils et vint à Tours. Là il apprit qui étaient ceux qui avaient pris le parti de son flls<. De Bayonne à Chinon, il n'y avait haut homme qui ne fût du nombre. Le roi en fut très irrité et demanda où était son fils. On lui répondit qu'il était vers la frontière d'Anjou, soit à Vendôme, soit à Troo^ [2036].

Lorsque le jeune roi apprit que son père venait pour le surprendre et qu'il allait l'assiéger 3, il prit conseil de ses hommes. Les lâches conseillèrent la fuite, les prud'hommes furent d'un avis contraire. Ils remontrèrent qu'il serait honteux de battre en retraite sans s'être défendus. Tous se tinrent à ce conseil. On invite ensuite le jeune roi à se faire armer chevalier. Il y consentit, disant qu'il choisirait pour lui ceindre Tépée le meilleur

Tienne, voulut lui donner certains fiefs situés en Anjou, ce à quoi le jeune roi s'opposa, supportant avec peine, dit Benoit de Peterborough (Stubbs, I, 41), que son père ne lui eiit concédé aucune terre en propre. Il lui avait en effet demandé, par le conseil du roi de France, soit la Normandie, soit l'Angleterre, soit l'Anjou, et, n'ayant pu obtenir cette concession, il cherchait depuis lors l'occasion de se séparer de son père (cf. Miss K. Norgate, England under the Angevin Kings, II, 131 et suiv.).

1. Benoit de Peterborough (Stubbs, I, 45-6} donne la liste de ceux qui avaient embrassé la cause du jeune roi et qu'il qualifie de traîtres. Parmi eux figure a Willelmus Marescallus. »

2. Arr. de Vendôme, cant. de Montoire. Ce que nous savons des mouvements du jeune roi à cette époque est résumé et discuté par Miss Norgate (II, 134, note). Nous savons que le 20 mars le jeune roi était à Chinon.

3. Le poète nous dira plus loin que cette poursuite n*eut pas lieu (v. 2108). Du reste, B. de Peterborough ne fait aucune mention d'un séjour du roi Henri II à Tours ni de l'intention qui lui est ici prêtée de venir assiéger son fils. Il dit seulement (I, 45) que le roi venait de tenir cour à Alençon lorsque la révolte éclata. D'après l'itinéraire dressé par M. Eyton, la succession des séjours du roi d'Angleterre est celle-ci ; 8 avril (1173), Alençon; avril à juillet, Rouen (sauf peut-être un court voyage en Angleterre); 6 août, Couches; 8 août, Breteuil (Eure); 9 août, Verneuii (Eure); 10 août, Damville (Eure); le reste du mois, Rouen, Tinchebrai (Orne); Dol (Ille-et^ Vilaine); septembre, le Mans et Gisors; novembre, Anjou ; 30 novembre, le roi prend Vendôme ; 25 décembre, le roi tient sa cour à Caen.

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