‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 345 sur 404 · XXXVIII INTRODUCTION. — III · texte numérisé non relu

XXXVIII INTRODUCTION. — III

hommes se réunissent et décernent le prix à celui qui s*est le plus distingué par sa vaillance*.

Il ne semble pas qu'il ait existé aucune convention tendant à limiter la liberté des combattants, sinon, peut-être, dans le genre de lutte qualifiée, non sans une nuance de mépris, de « joutes de (ou à) plaidéïces^ , > et dont le caractère propre n'est pas clairement déterminé. La lutte a lieu eu rase campagne ; le terrain n'est pas circonscrit par des lices, comme cela aura lieu plus tard ; la poursuite peut, le cas échéant, amener les combattants à traverser des lieux habités (v. 2820 et suiv., 7207). Les lices, dont il est question en plus d'un endroit du poème (v. 1309, 3862, 5529), servaient de refuge, de recet aux chevaliers serrés de trop près. On n'hésite pas à amener sur le terrain des hommes de pied armés de piques, qui, du reste, ne sont pas d'un grand secours, car ils n'osent s'opposer au passage des chevaliers, qui n'hésiteraient pas à les massacrer 3. Nous voyons les chevaliers s'attaquer soit en masse, soit en combat singulier ; il n'est pas interdit de se mettre à plusieurs contre un seul (v. 1426 et suiv., 5008 et suiv.), fait qui, dans la suite, fut trouvé blâmable. On ne se fait pas scrupule de faire prisonnier un homme qui est manifestement hors d'état de se défendre. Au tournoi de Saint-Pierre-sur-Dive, un chevalier tombe et, s'étant brisé un membre, ne peut se relever. Le Maréchal, qui était à dîner, le voit, sort de la maison, le prend tout armé dans ses bras et le porte à ses compagnons en leur disant : « Tenez, voilà pour payer vos dettes. » Le malheureux est obligé de donner caution pour recouvrer sa liberté (v. 7209-32). On admettait, comme, du

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