Voir V. 2827 et suiv., 3247; cf. page précédente
LES TOURNOIS. xxxix
reste, à la guerre, que les prisonniers fussent provisoirement délivrés moyennant caution (fiance). Mais il paraît qu'on ne s'en fiait pas toujours à la parole du prisonnier, car nous voyons ceux qui étaient fianciez c'est-à-dire qui avaient donné leur parole, chercher des amis qui voulussent bien leur servir de cautions (v. 3029-31). Dans les romans de la Table ronde, il arrive souvent que le chevalier vaincu est prisonnier sur parole et doit se rendre, selon l'ordre qui lui est donné par le vainqueur, auprès du roi Arthur qui disposera de son sort. Ailleurs, le vaincu est tenu de se présenter à une dame qui, généralement, le délivre*. Ces usages courtois ne sont point observés dans les tournois où le Maréchal gagnait, à la force du poignet, honneur et richesse, et, du moins, au xiif siècle et à plus forte raison au xif , ne sont attestés que par les romans. Les tournois étaient, en effet, par les prises qu'on y pouvait faire, un moyen de gagner ou de perdre de l'argent. Certains chevaliers en vivaient-, et Guillaume le Maréchal fut certainement, pendant sa jeunesse, l'un de ceux-là.
Il ne faut pas s'étonner si l'Eglise condamnait les tournois^ et considérait comme illicites les gains qu'on y fai-