‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 354 sur 404 · MORT DU JEUNE ROI. XLIX · texte numérisé non relu

MORT DU JEUNE ROI. XLIX

tiers qu une circonstance imprévue venait de lui ouvrir les yeux. Son sénéchal, l'un des cinq chevaliers qui avaient témoigné contre le Maréchal, voyant le jeune roi assiégé, était venu lui demander congé, ne croyant pas pouvoir rester plus longtemps à son service.

Le messager envoyé par le jeune roi trouva Guillaume revenant de Cologne et très disposé à rejoindre son seigneur. Mais le Maréchal était un homme d'ordre, qui aimait les situations régulières. Il n'hésitait pas à obéir aux ordres du jeune roi, mais il craignait d'encourir la malveillance du vieux roi. Aussi se rendit-il d'abord auprès de Philippe- Auguste, de qui il obtint des lettres de recommandation pour Henri II ^ Il en obtint aussi de l'archevêque de Reims et d'autres grands personnages. Il les envoya au roi, qui l'autorisa par écrit à se rendre à l'appel de son seigneur. C'est alors seulement qu'il se dirigea vers Limoges, et c'est pendant ce voyage que lui arriva l'aventure rappelée plus haut (p. xLiii) avec le clerc fugitif.

Le poème ne nous dit pas où le Maréchal rejoignit son seigneur, qui le reçut honorablement. Mais ce fut très certainement peu avaint la fin du jeune prince, qui mourut le il juin 1183, confiant à son ami fidèle la mission d'accomplir pour lui le vœu qu'il avait formé d'aller en pèlerinage au Saint-Sépulcre (v. 6890). Dès lors, comme dit le poète. Chevalerie se changea en Paresse et Largesse devint orpheline (v. 6874-8).

C'est, en effet, par le nouvel essor qu'il donna à la chevalerie, par sa largesse envers les soudoyers qu'il attirait h

1. Le Maréchal devait être connu personnellemenl du roi de Franco pour tenter une pareille démarche. Il l'avait vu iirobahlement à Hoims lors de rou couronnement Inov. HTD), ;ui(juol le jeune roi avait assisté avec une nombreuse suite (I^)b. de Torigni, éd. Delisle, II, •)()-!).

Page 1