‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 366 sur 404 · Ci-après, p. 158, n · texte numérisé non relu

Ci-après, p. 158, n

AVÈNEMENT DE JEAN SANS-TERRE. lxxi

chai, « nous hâter d'élire son successeur. » L'archevêque proposa Arthur de Bretagne. Le Maréchal fut d'un autre avis; il se défiait d'Arthur, qui, disait-il, était mal conseillé, et n'aimait pas « ceux de la terre, » c'est-à-dire les Anglais (v. 11890). Le comte Jean était l'héritier le plus proche, et c'est lui qu'il fallait choisir. — « Maréchal, » reprit l'archevêque, « ainsi soit-il; mais je vous dis que « jamais d'aucune chose que vous ayez faite vous n'aurez « eu autant de repentir » (v. 11900).

Nous ne savons si les choses se sont passées comme le dit notre historien. Peut-être a-t-il cédé à la tentation de grandir le rôle de son héros ^ Ce qui est sûr, c'est qu'il avait de Jean Sans-Terre, comme au reste tous ses contemporains, une assez triste opinion. Prudemment, il l'insinue sous le couvert d'un homme de grande autorité.

§ 5. Guillaume le Maréchal sous le règne de Jean. — La prophétie de l'archevêque de Cantorhéry devait se réaliser. Si Guillaume fut pour quelque chose dans l'élection de Jean, il dut, plus d'une fois, le regretter. Aucune sympathie ne pouvait exister entre ces deux hommes. Le nouveau roi était aussi peu chevaleresque que possible. Fourbe par nature, il ne croyait pas à la loyauté d'autrui, et le Maréchal, qui pourtant lui resta toujours fidèle, eut, pendant des années, à soufiVir de sa malveillance.

Le poète nous dit que le Maréchal, aussitôt après la mort de Hichard, envoya Jean d'Erlée en Angleterre pour saisir la terre. D'après Roger de Howden, le comte Jean, aussitôt son frère mort, aurait envoyé en Angleterre l'archevêque de Cantorbéry et Guillaume le Maréchal pour maintenir la

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