‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 37 sur 404 · LA PAIX EST RÉTABLIE · texte numérisé non relu

LA PAIX EST RÉTABLIE

« le châtiment doit porter sur ceux qui l'ont conseillé. — Par « mon chef! ainsi sera-t-il, » reprit le roi; « eux et leurs héri- « tiers s^en ressentiront à tout jamais. » Je ne sais ce qui se passa dans le conseil ; toujours est-il que la paix fut faite, le fils rentrant en grâce auprès de son père^ 11 fut convenu que les partisans du jeune roi seraient tenus quittes^. Ils étaient d'ailleurs ruinés 3. Ils pouvaient sans inconvénient plaider en cour, n'ayant plus rien à perdre. Ceux qui avaient fait naître la querelle purent bien se vanter d'avoir trouvé ce qu'ils cherchaient. Dès lors ils furent mal vus en cour : on les y tenait à l'écart quand ils y avaient à faire [2384].

La guerre finie, le roi Henri revint en Angleterre avec son fils^. Pendant près d'un an-^ ils s'y reposèrent, passant le temps en plaids^, en chasses ou en tournois. Le jeune roi se lassa bientôt de cette vie. Lui et ses compagnons auraient préféré voyager. Long repos pour un jeune homme, c'est la honte ^. Il alla trouver son père et lui fit connaître son désir. Le roi l'approuva, lui

1. D'après R. de Torigni, la réconcllialion eut lieu vers Pâques (15 avril) 1175 (éd. Delisle, II, 55); mais elle est cerlaioement antérieure. B. de Peterborough la place au 30 sept. 1174 (éd. Stubbs, II, 77-78); voir Eyton, p. 185.

2. Cela est un peu vague. Le traité, inséré dans la Chronique de B. de Peterborough (voy. I, 79), détermine avec précision les divers cas dans lesquels pouvaient se trouver les partisans du jeune roi.

3. Une chronique française des rois d'Angleterre, que j'ai publiée il y a quelques années, dit que, le roi de France s'étant entremis pour la paix, Henri II pardonna à son iils, < mes il abati les mesons et les chasleus et trencba les bois a cels par qui il avoit si fetement esré contre son père » {lyotices et extraits des mss., XXXII, 2* partie, p. 71).

4. Ce ne fut pas sans peine que le jeune roi se décida (avril 1 175) à revenir auprès de son père : voy. B. de Peterborough, I, 82.

5. Henri II et son hls le jeune roi s'embarquèrent à Barlleur le 8 ou le y mai 1175, et c'est le 19 avril de l'année suivante que le jeune Henri s'embarqua à Porchester pour la Normandie (Eyton, p. 190 et 202).

G. Ici et en quelques autres passages (voir le vocabulaire aux mots plaidelces^ plaid{e\ierf plaidier) le verbe plaidier paraît être un terme spécial s'appliquant à des tournois réglés par des conditions qui en diminuaient les dangers et aussi l'intérêt.

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