‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 38 sur 404 · LE JEUNE ROI SE REND EN FLANDRE · texte numérisé non relu

LE JEUNE ROI SE REND EN FLANDRE

donna congé, et le recommanda toutparliculièrement à Guillaume le Maréchal. Le jeune roi et sa suite se dirigèrent vers Douvres et, s'étant embarqués, abordèrent à Wissant* [2438]. Ils y passèrent la nuit et s'informèrent du comte de Flandre. On leur dit qu'il étaità Arras. Jls l'y trouvèrent en efifet. Le comte fit bon accueil au jeune roi, comme il convenait, puisqu'ils étaient cousins*. Il le mena par ses châteaux, par ses cités, et lui fit rendre des honneurs royaux. Ils apprirent alors qu'il devait y avoir un grand tournoi entre Gournai et Ressons^ [2473]. Le jeune roi fut heureux de cette nouvelle et dit que, s'il pouvait se procurer des armes et des chevaux, il se rendrait volontiers à ce tournoi. Le comte lui ditqu'il se ferait un plaisir de lui fournir ce qui serait nécessaire*. Quand le roi arriva au lieu du tournoi, il était si richement équipé qu'on aurait eu peine à apprécier la valeur de son armure et de son attirail. Et sachez qu'il n'avait pas l'air emprunté [2496].

De notre côté, les pelotons se tinrent serrés en bataille; ceux

'.*i.' Arr. de Boulogne, cant. de Marquise. C'était le port le plus fréquenté pour aller de France en Angleterre et réciproquement. Voy. la XXVII» dissertation de Du Cange sur l'Histoire de saint Louis.

2. Philippe d'Alsace, comte de Flandre (tll91), était ûls de Sibile d'Anjou, fille de Foulque V d'Anjou, aïeul de Henri II. — Les historiens ne font aucune mention précise d'une visite du jeune roi au comte de Flandre. Toutefois, Gautier Map, écrivain contemporain, fournit incidemment un témoignage intéressant. Il nous dit qu'avant d'avoir atteint sa vingtième année, c'est-à-dire avant 1176, il s'était rendu auprès du comte de Flandre, se mettant en quelque sorte sous sa direction. Voici le texte : t Antequara esset annorum xx", matrem nostram et suam Angliam eiivit, seque Philippo Flandrensium comiti... dédit, quatinus instrui mereretur ab ipso, ipsumquc prœlegit dominum ; nec injuste, quoniam omnium hujus temporis principum, excepto nostro (Henri II), strenuissimus est armis et regimine » {De nugis curialium, p. 138 de l'édition donnée par la Camden Society). Ce séjour en Flandres doit en efifet avoir eu lieu à l'époque indiquée par Gautier Map, car, en mai 1177, Philippe de Flandre partit pour la Palestine (B. de Peterb., I, 159). — D'une manière plus générale, Philippe Mousket dit, en parlant du jeune roi : c Si venoit touraoier en Flandres » (v. 18863).

3. Ressons, arr. de Compiègne, ch.-l. du canton dans lequel est situé Gournai.

4. On peut rappeler à ce propos que le comte Philippe de Flandre avait la réputation d'être très généreux : t ... plus qu'Alixandre | Fu larges et preus et hardis, » noas dit Ph. Mousket (v. 19267-8}.

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