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QUERELLE AVEC MEILIER. LXXXiii
poème ne le dise pas^ Peut-être le Maréchal retarda-t-il sa visite au roi pour ne pas se rencontrer avec son adversaire; en quoi il eut tort, car celui-ci profita de son absence pour lui nuire. Vers le même temps commença la querelle du roi Jean avec Guillaume de Briouze, dont la famille était alliée à celle du Maréchale Meilier se fit fort de les amener prisonniers l'un et l'autre, pourvu que le roi lui permît de retourner en Irlande et rappelât en Angleterre ses hommes d'Irlande, au nombre desquels étaient, naturellement, les hommes du Maréchal, notamment Jean d'Erlée, Etienne d*Évreux, Jean de Sauqueville. Le roi fit expédier ses lettres en conséquence et Meilier partit pour l'Irlande. Le comte se présenta alors au roi et lui demanda, lui aussi, la permission de retourner en Irlande. Elle lui fut refusée. Il séjourna donc en Angleterre, suivant le roi de place en place, jusqu'à la fin de mars 12083.
Ici, un trait bien caractéristique, que nous n'avons aucune raison de révoquer en doute et qui, même inexact, montre quelle opinion les contemporains avaient de Jean. Il arriva que, par suite des mauvais temps, aucune nef, sauf celle de Meilier, ne put faire la traversée entre l'Angleterre et l'Irlande de la Saint-Michel 1207 (29 septembre) à la Chandeleur 1208 (2 février). On était, à la cour du roi, sans nouvelles des événements d'Irlande. C'est dans ces circonstances que Jean se plut à faire connaître au Maréchal les péripéties d'un combat entre ses partisans et ceux de Meilier, dans lequel Jean d'Erlée et plusieurs des fidèles du Maréchal auraient été tués ou blessés. « C'est grand dommage de ces « chevaliers, car ils étaient vos hommes, » répondit le