Voir ci-après, p. 191, ii
Lxxxiv INTRODUCTION. — III, § 5.
comte. Mais il ne pouvait comprendre par quelle voie ces mauvaises nouvelles étaient parvenues au roi.
Il apprit bientôt qu'elles étaient imaginaires. Au commencement du carême* la traversée devint possible, et des nouvelles d'Irlande furent transmises simultanément au roi et au comte. Elles étaient très favorables à ce dernier. Les hommes du Maréchal, s'étant concertés, avaient éludé l'ordre de revenir en Angleterre-, et, aidés de Hugues de Laci, comte d'Ulster, avaient ravagé la terre de Meilier. Le roi, dès lors, changea de conduite à l'égard du Maréchal, il lui fit bonne mine et lui donna la .permission de retourner en Irlande. Le comte s'empressa d'en profiter, et, revenu parmi les siens, il se montra miséricordieux envers ceux qui l'avaient attaqué. Meilier dut, toutefois, lui abandonner un de ses châteaux et lui laisser, après son décès, sa terre en héritage ^.
Le Maréchal passa sans doute en Irlande la fin de Tannée 1208 et l'année 1209. C'est peut-être à cette époque qu'il eut avec ses voisins, et particulièrement avec l'évèque de Ferns, les démêlés dont il a été parlé plus haut^. Nous ne saurions l'affirmer. 11 y a ici comme une page blanche dans l'Histoire du Maréchal^.
En 1210, il se trouva mêlé à la querelle de Guillaume de Briouze. Ce dernier, fuyant la colère de Jean, s'était embarqué pour l'Irlande avec sa femme et ses enfants, en plein hiver ^, espérant trouver un asile auprès de Gautier de Laci,