Au commencement de l'année
EXPEDITION DU ROI JEAN EN IRLANDE. lxxxv
son gendre. Jeté par la tempête sur la rive d'Irlande, auprès de Wicklow, où se trouvait le Maréchal, il avait été recueilli par ce dernier. Sommé par le grand juge d'Irlande (Jean, évêque de Norwich, qui avait succédé en cette qualité à Meilier) de lui livrer « le traître du roi », le comte refusa et conduisit Guillaume k Gautier de Laci. Le roi, irrité, manda le Maréchal auprès de lui ; puis, ayant rassemblé son ost, il passa en Irlande. Le 24 juin, il était à Kilkenni, sur les terres du Maréchal, qui eut, ce jour-là, à nourrir toute l'armée royale (v. 14259-63). Après avoir pris Carrickfergus, Jean se rendit à Dublin, et là, en présence des barons assemblés, il reprocha au comte d'avoir donné asile à son mortel ennemi. Le comte se défendit en disant qu'à ce moment il ignorait les griefs du roi contre Guillaume de Briouze. * Au < surplus, » dit-il en terminant, « si personne, sauf vous, y « trouve à redire, je suis prêt à me défendre au jugement de « la cour. » Personne ne dit mot, et cette fois encore Jean^ qui, volontiers, l'eût fait passer en jugement, dut ronger son frein. Toutefois, il lui réclama de nouveaux otages, bien qu'il eût déjà ses deux fils aînés et plusieurs de ses châteaux.
La persécution que Guillaume de Briouze et les siens eurent à souffrir de la part de Jean était connue par divers documents qui sont cités dans les notes de la traduction ^ mais le poème nous fournit sur cette affaire un utile supplément d'informations.
En 1211 ou peut-être 1212 •^ le comte de Pembroke dut accompagner le roi dans une expédition en Galles. A cette occasion, les otages qu'il avait dû fournir lui furent rendus. Puis il revint en Irlande, mais il n'y séjourna pas long-