‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 383 sur 404 · XCVI INTRODUCTION. — III · texte numérisé non relu

XCVI INTRODUCTION. — III

qu'en aucun autre pays, «t que, s'il choisissait un Anglais pour être le gardien du roi, tous les autres en seraient jaloux. Il ne dit point, et il n'avait point à dire, à qui serait confié le gouvernement du pays ; mais il semble bien que, dans sa pensée, le légat devait y avoir une grande part, comme il l'eut en effet, « car, disait-il, si actuellement la terre « n'est pas défendue par le pape, je ne sais qui la défendra. » Les brèves paroles que le régent adressa en cette occasion au jeune Henri III ont un tel accent de vérité qu'on ne peut hésiter à les croire authentiques : « Sire, je prie Dieu, si « jamais j'ai fait chose qui lui ait été agréable, de vous « faire la grâce d'être homme de bien. Et, s'il arrivait que « vous dussiez suivre l'exemple de quelque ancêtre félon, je « prie Dieu de ne pas vous accorder longue vie. »

La remise du roi au légat ne s'accomplit pas sans quelque difficulté. L'évêque de Winchester prétendit que la garde du roi lui avait été confiée, le Maréchal étant seulement gardien du royaume. Mais le vieillard le remit vertement à sa place.

Ayant ainsi réglé, dans la mesure où il lui appartenait de le faire, sa succession politique, le comte s'occupa de ses propres affaires, et d'abord il fit, ou plus exactement parfit, son testament qu'il avait commencé à Londres*, et qui, malheureusement, ne nous est pas parvenu. L'ayant scellé de son sceau et des sceaux de la comtesse et de son fils, il l'envoya à l'archevêque de Gantorbéry, au légat, aux évêques de Winchester et de Salisbury, les priant d'être les exécuteurs de son testament* et d'y appendre leurs sceaux ; ce qu'ils firent, puis ils le lui renvoyèrent.

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