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2. Il y a ici une difficulté sur laquelle j'aurais dû appeler l'attention dans une note de la traduction. Les exécuteurs testamentaires désignés dans deux actes qui font partie des Rotuli littera'
SES DERNIÈRES DISPOSITIONS. xcvii
Le Maréchal prit encore d'autres dispositions. Il envoya Jean d'Erlée en Galles pour y régler certaines affaires qui ne sont pas expliquées, mais qui devaient concerner quelque révolte des turbulents vassaux que le comte de Pembroke avait en ce pays*, le priant de lui rapporter deux draps de soie, qu'il s'était procurés en Terre sainte, pour être étendus sur son corps lors de ses obsèques. Ces draps devaient être ensuite donnés au Temple, où il voulait avoir sa sépulture. Et, comme il était homme soigneux, il recommanda bien que, si le jour où il serait porté en terre, il faisait mauvais temps, on prît la précaution de recouvrir les draps d'une étoffe de bure grise. Il manda ensuite frère Aimeri de Sainte-More, le maître du Temple, et, en sa présence, il fit étendre devant lui le manteau de l'ordre qu'il avait fait faire, à l'insu de tous, l'année précédente. Mais, avant cette cérémonie symbolique qui le faisait templier, il dit à la comtesse : « Belle amie, baisez-moi, et ce sera pour la der- « nière fois. »
rum clausarum (I, 601 ; cf. ci-dessus, p. xciv) sont le prieur de Saint-Augustin de Gantorbéry, Jean d'Erli'e et Henri Fils Gerout. Gomme il est impossible de révoquer en doute l'autorité des documents diplomatiques, il faut supposer qu'ici l'auteur du poème s'est mal exprimé. G'est une forme connue de testament que celle où des témoins sont appelés à apposer leurs sceaux sur l'acte déjà fermé et scellé. Les trois illustres personnages désignés dans le poème comme « mestre executor » (v. 18339) devaient être des témoins. Du reste, il n'est pas vraisemblable que le comte eût mis au nombre de ses exécuteurs testamentaires l'évêque de Winchester, avec qui il venait d'être en ditïerend au sujet de la garde du roi.
1. Le poète fait dire au Maréchal (v. 18i73-''i) : « J'ai grand |)eur au sujet de mes geus, de ceux qui sont en nendre went. » Je suppose qu'il s'agit de Newent, comté de Gloucester, où il y avait un prieuré de Bénédictins, sur lequel voir Monasticon anglicanwn, nouv. éd., VI, 1048.
III y
xcxui INTRODUCTION. — IH, § 6.
Il semble qu'à partir de ce moment, le Maréchal n*ait eu auprès de lui, d'une façon régulière, que son flls aîné et quelques chevaliers — au nombre desquels Jean d'Erlée et Henri Fils Gerout — qui le veillaient à tour de rôle. C'est avec Henri Fils Gerout qu'il eut la conversation, rapportée plus haut^ dans laquelle il exprimait librement son avis sur la rapacité des clercs. Il recevait d'ailleurs de nombreuses visites, et, malgré sa fatigue, répondait avec beaucoup de présence d'esprit à tous ceux qui venaient lui faire leurs adieux ou l'assurer qu'il aurait part à leurs prières. Sa tranquillité d'âme était admirable. Un jour, ses filles, dont quatre étaient déjà mariées^, vinrent toutes ensemble. Il les pria de lui chanter quelque chose. Elles le firent, mais sans beaucoup d'entrain. Il les reprit et se mit à leur montrer comment elles devaient chanter. Une autre fois, Jean d'Erlée lui demanda ce qu'il fallait faire d'une quantité de robes fourrées qui étaient dans la maison. Sur quoi, un clerc intervint et dit au comte qu'on en pouvait tirer beaucoup d'argent pour racheter ses péchés. « Taisez-vous, mauvais homme, » répondit le mourant ; « j'ai plus qu'assez de vos conseils. Je « ne veux plus vous écouter. Ce sera bientôt la Pentecôte; « mes chevaliers ont droit à leurs robes : ce sera la der- « nière fois que je les leur donnerai, et voilà que vous chérie chez à m'enjôler ! » Puis, il ordonna à Jean d'Erlée de faire la distribution des robes, et, s'il n'y en avait pas assez, d'en envoyer chercher à Londres.
Cependant, le Maréchal s'affaiblissait de plus en plus. Il eut des hallucinations, des syncopes. Enfin, le 14 mai 1219, il rendit le dernier soupir, entre les bras de son fils aîné, entouré de la comtesse et de tous ses chevaliers. Son corps