‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 390 sur 404 · Voir, au vocabulaire, l'article Proverbes · texte numérisé non relu

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LE POÈME ENVISAGÉ AU POINT DE VUE LITTÉRAIRE. cxi

Il connaissait mieux, sans doute, la littérature en langue vulgaire; mais, même dans ce domaine, son information ne paraît pas avoir été remarquablement étendue. Arthur et Alexandre sont pour lui, comme pour ses contemporains, des types de prouesse et de libéralité (v. 3576). Il croit aux prophéties de Merlin (v. 2703, 15222), qu'il avait lues dans Gaufroi de Monmouth, dans le Brut^ de Wace, ou dans quelque autre traduction. C'est aussi à l'une des rédactions du Brut qu'il emprunte ce qu'il dit de l'origine de Chinon*. Il rappelle, à deux reprises (v. 7004 et 8446), la seconde fois, avec beaucoup d'à-propos, un épisode du Roman d'Alexandre, le Fuerre de Gadres. Il cite la fable du Pigeon et du Renard, dont on a plusieurs rédactions^. C'est assez peu; mais il paraît bien que, différant en cela de certains auteurs de son temps, d'Ambroise, par exemple, notre historien n'aimait point à faire étalage de son érudition.

L'érudition littéraire d'un poète ne se reconnaît pas seulement à des allusions du genre de celles qui viennent d'être signalées. On sait que les poètes du moyen âge s'empruntaient volontiers certaines expressions caractéristiques, parfois même des vers entiers, ce qui permet de former des inductions sur leurs lectures, sur leurs goûts Uttéraires. Les éditions que nous possédons de nos vieux auteurs n'étant pas toujours pourvues de vocabulaires détaillés, il n'est pas facile de reconnaître ces sortes d'emprunts. J'en ai cependant relevé quelques-uns.

Notre poète fait occasionnellement intervenir la Fortune et sa roue dans les affaires de ce monde (v. 355, 5475, 13325, 14137). C'est un lieu commun de la poésie du

\. Ci-après, p. 94, n. 1.

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