‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 48 sur 404 · TOURNOI ENTRE MAINÏENON ET NOGENT-LE-ROI · texte numérisé non relu

TOURNOI ENTRE MAINÏENON ET NOGENT-LE-ROI

quittes plusieurs des chevaliers qu'il avait pris, ce qui fut hautement apprécié [3562].

Le Maréchal revint auprès de son seigneur le jeune roi. Celui-ci n^avait pas son pareil pour les prouesses et pour la libéralité. Artus ni Alexandre ne firent pas autant de bien en si peu de temps. Si Dieu avait permis quMl vécût, il les eût dépassés en prouesse et en valeur. 11 avait su grouper autour de lui tant de vaillants chevaliers que ni empereur, ni roi, ni comte n'en eut autant ^ Il eut le choix entre les jeunes hommes de France, de Flandres, de Champagne. Il ne marchandait pas avec eux, mais il savait si bien faire quMls devenaient siens. Dans les tournois, il chargeait si puissamment avec sa troupe que ceux de l'autre part, fussent-ils supérieurs en nombre, étaient bientôt mis en désordre. H arrivait souvent que les hommes du premier rang avaient tout balayé devant eux, de sorte que le roi n'avait plus où lérir. Il allait alors se jeter dans quelque troupe étrangère^dont il avait grand'peine à se dépêtrer. Mais le Maréchal était toujours là pour le tirer d'affaire au moment où on allait le faire prisonnier. C'est par de tels services qu^il s'était rendu cher au roi [3642].

Aux octaves de la Pentecôte, un grand tournoi eut lieu entre Maintenons et Nogent^. Le jeune roi s'y rendit, comme aussi le comte Philippe de Flandre, le comte de Boulogne ^ et le comte

1. Cf. plus haut, p. 37-8. — Giraud de Barri, qui ne tarit pas d'éloges sur le jeune roi, dit à peu près la même chose : « Ad hoc etiam tam electa militia tamque eleganli stipatus fuerat, quanta nec nostris diebus nec aote uni adhaerens homini vel visa est usquam vel audita. Praeter alios quippe multos qui inler optimos maximi fuerunt taies el tam electos, tanquam Macedo secundus, habebat de familia centum vel plures, quorum quisque lorneamentum quodiibet, ad quod probandarum virium causa undique forlissimi, tanquam ex condicto, viri militares conlluebanl, corporis sui valore confidebat » {De princ. instr.^ II; Bouquet, XVIII, 131bc; g. Cambr. opéra, VIII, 174).

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