JEAN SOUTIENT LA RETRAITE
avec lui qu'un seul chevalier. Les royaux crièrent aussitôt : « Le feu ! le traître ne nous échappera pas ! » Jean se mit dans
fogientem, milites episcopi {l'évêque de Winchester) persequentes, cum exiode nullo modo expellere yaluissent, ia ipsa die festivitatis exaltationis Sancta) Grucis, immisso igoe, ipsam eccie&iam Sauctœ Crucis cum sanctimonialum rébus et domibus cremaverunt, indumentis earum et libris cum oruamentis inclementer ablatis, sanguine quoque plurimo, coram sancto aitari, huroano horribiliter effuso; praMlictum tamen Johannem nec capere nec expellere potuerunt. » (Omis dans Bouquet; Thorpe, II, 135.)
L'auteur des Gesta Stephani présente les faits autrement. Selon loi, Wberwell aurait été fortifié et muni d'une garnison par les partisans de l'impératrice, afin d'assurer le ravitaillement des troupes qui assiégeaient ré?éque de Winchester. Attaquée à l'improviste, la garnison aurait été taillée en pièces, quelques-uns seulement de ceux qui la composaient réussissant à se réfugier dans l'église d'où ils auraient été délogés par l'incendie :
c Sed regales... subito et insperate cum intolerabili multitudine Werwellam advenerunt, fortiterque in eos undique irruentes, captis et intereniptis plurimis, cedere tandem reliquos et in templum se recipere compulerunt. Gumque vice castelli ad se defendendos templo uterentur, alii, facibus undique injectis, semiustulatos eos e templo prodire, et ad votum suum se sibi subdere coegerunt. » (Du Chesne, p. 956 d; Sewell, p. 83; Howlett, p. 81.)
Cet échec aurait décidé, selon le môme historien, l'impératrice et ses partisans à évacuer Winchester. Il en est tout autrement, on l'a vu, dans le poème et dans la continuation de Florenz, où la défense de Whemvell est présentée comme un simple épisode de la fuite de l'impératrice. — Enfin, Jean de Hexham, de même que l'auteur des Gesta Stephani, fait du combat de Wherwell la cause de la retraite de l'impératrice. Il raconte que Robert de Gloucester et Jean le Maréchal furent attaqués et mis en déroute alors qu'ils escortaient un convoi de vivres destiné aux troupes de l'impératrice, à Winchester, mais il ne dit rien de l'incendie du monastère :
(c Gumque obsidio in dies protraheretur, famé afflicta est multitudo. Emissi sunt autem ducenti milites cnm Rodberto filio Edae et Henrici régis notho, et Johanne Marascaldo ut conducerent in urbem eos qui comportabant victualia in ministerium imperatricis et eorum qui obsessi erant : quos persecuU sunt Willelmus d'Ipre et pars exercitus usque ad Warewella ubi est congregatio sanctimonialium, et milites et omnem apparatum qui erat copiosus abduxerunt. » (Twysden, Hisloriw anglicanx scriptores, X, col. 270.)
L'objection à faire à ce récit, c'est qu'il est isolé, et par conséquent ne peut guère se soutenir en présence des témoignages, conc4)rdants en temps qu'indépendants, du poème et du continuateur de Florenz.