‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 74 sur 404 · Voy. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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4. En 1182; on verra un peu plus loin que cette année même, à Noël, le roi tint cour à Caen, événement dont la date est connue.

H 82] LE MARÉCH.'a S'ÉLOIGNE DU JEUNE ROL 69

Avant de se séparer, les hauts barons se réunirent pour s'entretenir ensemble. Le bon comte de Flandres dit au roi, qui était la beauté et la fleur de tous les princes chrétiens et la fontaine de largesse : « Beau cousin, quand on peut, à un prix « quelconque, avoir un chevalier de la valeur du Maréchal, a ici présent, ce n^est sens ni prouesse de le laisser partir. » Le roi garda le silence, rougissant de honte, et le Maréchal aussi était honteux et contrarié. Le comte n'en parla plus. On se sépara, chacun tirant de son côté. Lorsque le roi s'éloigna, aucune parole ne fut échangée entre lui et le Maréchal. Ce dernier prit congé de ses compagnons et s'en alla par un autre chemin, accompagné d'un ami compatissant [5636].

Quand ses ennemis surent que le roi Pavait mandé à ce tournoi, ils dirent qu'il ne pouvait se passer de lui. « Il s'en passera « bien, » reprit l'un d'eux. « Quand le père^ saura cette aflaire, a il ne sera pas tenté de rire. Honni soit qui ne la lui découvre ! a — Voire, voire, » dirent-ils, « c'est ce qu'il nous faut faire. « De la sorte, il ne sera plus reçu à la cour ni aimé d'aucun des « deux rois. » Ils allèrent donc trouver le père du jeune roi à Rouen^ et lui firent connaître le grief que son fils avait contre le Maréchal. Lorsque son père en fut informé, il n'en fut pas autrement fâché, sinon à cause de la honte; car, du reste, il trouvait que les compagnons de son fils l'entraînaient à de grandes dépenses, et il eut bien voulu voir partir les meilleurs d'entre eux [5668].

Les traîtres peuvent se réjouir. Ils croient que jamais le Maréchal ne reviendra à la cour. Mais la vérité se fera jour, et ils seront honnis et avilis, tandis que le Maréchal sera plus que jamais en faveur, comme l'or qui brille davantage après avoir été passé au feu [5692].

A la Noël, le roi Henri tint à Gaen la fête la plus brillante qu'il eût jamais célébrée en Normandie^. On y vint de lointains

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