‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 75 sur 404 · COUR PLÉNIÈRE TENUE A CAEN · texte numérisé non relu

COUR PLÉNIÈRE TENUE A CAEN

pays. De Saint-Mathieu* jusqu'à l'empire, d'Aix-la- Chapelle jusqu'en Gascogne, d'Aiguës -Mortes' à Cologne la fête fut annoncée [57^0].

Le Maréchal s'y rendit. Il voulait savoir si la vérité s'était fait jour, si enfin son seigneur reconnaissait qu'on Tavait trompé. Il fut accueilli avec joie par les hauts hommes qui se trouvaient là, mais sa présence troubla ses ennemis, qui craignaient de voir leur trahison découverte. Ils ne s'approchaient guère de lui, mais ils le faisaient épier pour savoir ce qu'il dirait et s'il chercherait à se disculper auprès du roi. C'est là ce qu'ils redoutaient le plus, sachant bien qu'aucun d'eux ne serait disposé à accepter la bataille [5748].

Quand le Maréchal se fut assuré qu'ils avaient fait parvenir leurs calomnies jusqu'au roi Henri le père, il voulut que tous fussent en état de juger si ce dont on l'accusait était vérité ou mensonge. Plein de courroux et de dépit, il se présenta au jeune roi son seigneur et lui dit : « Sire, qu'il vous plaise de m'en- « tendre. On vous a fait croire que j'avais commis une laide a trahison. En présence de mon seigneur votre père, des « comtes, des barons, des vicomtes, des châtelains, des vavas- « seurs qui sont ici, je suis prêt à soutenir que je ne me suis « jamais rendu coupable d'aucune trahison envers vous. Enten- « dez comme je veux me défendre. Viennent vos garants. Avec a l'aide de Dieu, je suis prêt à combattre, moi seul contre les

donne sur la splendeur de cette fête des renseignements qui concordent en générai avec ceux du poème. Il conte même une réclamation faite a?ec éclat, au moment du banquet, par le grand chambrier Guillaume de Tancarvilie (ci-dessus, p. 13, n. 5). Mais nulle part il n'est question de la scène que le poète va nous conter en détail.

1 . Saint-Mathieu, comm. de Plougouvelin, à la pointe du Finistère ; en latin du moyen âge, S. Maiheus de flnibus terre (Ben. Peterb., II, 116). Au milieu du xv* siècle, Gilles le Bouvier, déterminant l'étendue du royaume de France, prend ce même lieu comme point de départ : c Cedit royaulme... a de large .xvi. journées, c'est assavoir, depuis Saint-Mahieu de Fine-Poterne en Bretaigne jusques a Lyon sur le Rosne. » Cité par M. A. Longnon, les Limites de La France et l'étendue de la domination anglaise à l'époque de la mission de Jeanne d'Arc, dans la Revue des Questions historiques, t. XVIII (1875), p. 445; tirage à part, p. 2.

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