ETIENNE ASSIÈGE NEWBURY
Après cela, le roi assiégea Newbury avec une grande osl^ Il le fit par surprise, de sorte que ceux qui avaient la garde du château ne furent avertis que lorsqu'ils virent les avant-coureurs de Tost ennemie, bientôt suivis de Tost entière qui vint camper autour de la ville. Cette surprise leur déplut fort, car ils avaient peu de garnison. Le roi fit demander au connétable s'il était disposé à rendre le château. Celui-ci répondit sans hésiter qu'il entendait bien se défendre. Le roi s'irrita et jura par la naissance de Dieu qu'il saurait se venger de ces vilains. Il commanda aussitôt l'assaut. Les écuyers s'élancent vers les fossés et les terre-pleins, et ceux du dedans se défendent vaillamment, leur jetant des carreaux, des pieux pointus, de grandes pièces de bois. Les assaillants eurent le dessous, et l'attaque cessa. Le roi furieux jura qu'il ne s'en irait pas avant d'avoir pris la tour et justicié ceux qui la défendaient. Ceux-ci, toutefois, résolurent de demander une trêve, pendant laquelle ils feraient savoir à leur seigneur leur position [466].
Ils demandèrent la trêve et l'obtinrent pour un jour. Au plus tôt, ils mandèrent à leur seigneur de les délivrer si possible, car ils n'avaient pas de vivres. Le Maréchal prit les mesures
1. Ce que le poète va nous raconter du siège de Newbury (Berks) est complètement nouveau. Tout ce que j'ai trouvé dans les historiens sur ce siège se réduit à ces lignes de Henri de Huntingdon, à l'année 1152 :
( Rex eodem anno castrum Neubirie, quod non procul a Winlonia est, obsidens oppugnavit, et tandem expugnavit. Inde castellum de Walingeforde obsedit... » (éd. Th. Arnold, p. 284; cf. Gervais de Cantorbéry, éd. Stubbs, I, 151).
Le récent historien de Newbury, M. Money (voir plus haut, p. 7, note 1), conte le siège de cette ville d'après notre poème, dont il traduit les vers 399 à 736. II cite une charte du cartulaire de Bermondsey (malheureusement dépourvue de date) qui fut écrite au siège de Newbury. Les témoins sont :
« Willelmus comes Ciceslrie, Ricardus de Lucy, Willelmus Martel, Ricardus de Camvil, Rogerus de Fraxino, Jordanus de Pod, testes in carta Stephani régis apud Neubriam, in obsidione. »
J'ai copié ce texte d'après le ms. auquel renvoie M. Money (Musée brit., Collon, Claud. A. VIII, fol. 110). C'est un extrait fait au ivii" siècle du cartulaire de Bermondsey. Le comte de Chichester nommé en premier n'est point différent du comte d'Arundel, mentionné plus loin, v. 527. Richard de Camville fut témoin au traité de Wallingford ((in de novembre 1153) entre Etienne et Henri, fils de l'impératrice.