‹ L'histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'AngleterreChapitre 16 sur 25 · Voy. Bardsley, Our english surnames, p · texte numérisé non relu

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à l'identifier avec son homonyme du poème, parce que dans les textes que je rejette en* note ! , la condition du personnage n'est pas spécifiée.

L'auteur, quel que soit son nom, n'en était assurément pas à son coup d'essai lorsqu'il entreprit de raconter en vers l'histoire du Maréchal. On ne débute pas à soixante ans, et d'ailleurs il n'eût pas été désigné pour une œuvre aussi importante s'il en avait été à ses débuts. Possédons-nous quelque autre composition du même auteur ? Il y a dans notre poème un tel art de composition, une telle habileté de style, qu'une œuvre sortie de la même main se reconnaîtrait aisément dans la foule des ouvrages anonymes. Notre poète d'ailleurs a certaines expressions qu'il affectionne, dont il n'est pas seul à se servir sans doute, mais dont il fait plus souvent usage qu'aucun de ses contemporains. Si on constatait les mêmes particularités ailleurs, ce serait un premier indice qui pourrait mettre sur la voie d'une comparaison plus détaillée. Jusqu'à présent je n'ai remarqué aucun poème qui porte le cachet si personnel de notre auteur, mais je n'ai point encore épuisé les recherches à faire sur ce point 2 .

Sans vouloir entrer dans un examen littéraire qui exigerait des citations trop étendues pour les limites de ce mémoire, je tiens à faire remarquer que le poème de Guillaume le Maréchal n'est pas du tout conçu dans la manière des romans d'aventure, qui pourtant étaient si en

1. c Henricus le Norreis » figure sur une liste des hommes qui, ayant été mis hors la loi (utlagatï) pour avoir pris part à la rébellion de Fouke Fitz Warin, furent, en 1203, réintégrés dans leurs droits (inlagati) par lettres du roi Jean. Cette liste est publiée dans les Rotuli litterarum patentium (Londres, 1835, in-fol.) I, 36, et a été reproduite par Th. Wright, The History of Fulke Fitz Warine, Londres, 1855 (Warton Club), p. 226, puis par MM. Mofend et d'Héricault, Nouvelles françoises en prose du XIV e siïcle (Paris, 1858, Bibl. elzév.), p. xxxvij. De plus, en 1200, deux lettres du roi Jean font mention de t Henricus le Noreis » ou « Norrensis » qualifié de frère d'Alain le médecin, clerc du roi :

Joh ... sciatis nos concessisse et presenti carta confirmasse magistro Alano clerico nostro pro servicio et homagio suo totam terram cum omnibus pertinentiis suis quam Henricus le Noreis frater suus tenuit de nobis in Clayo ... (Rotuli chartarum in Turri Londinensi asservati, I, 48 a).

Joh. ... sciatis nos concessisse et presenti carta nostra confirmasse magistro Alano medico fratri Henrici Norrensis medietatem totius terre que fuit Rie. filii Outi de Lincoln. ... (Ibid.y 48 b).

€ Henricus filius Henrici le Noreis » paraît encore en 123$. Voy. Excerpta e rotulis finium ... cura Car. Roberts, I, 287. Voir pour d'autres indiviaus ayant le même surnom la table du même volume sous Le Noreis et Noreis, et aussi la table des Rotuli de oblatis et finîbus tempore régis Johannis publiés par Th. D. Hardy, aux mêmes noms.

2. Si on admet que l'auteur s'appelait Jean, on pourrait être tenté de l'identifier avec le trouvère du même nom à qui nous devons un roman de Lancelot, ou plutôt de Rigomer (voy. Romania. a, 493), conservé en manuscrit dans la bibliothèque de M. le duc d'Aumale, dont quelques vers ont été cités par M. Hippeau, Le bel inconnu, p. xxv-xxvij. La même idée m'est venue, mais il n'y a aucun rapport entre la manière des deux auteurs.

faveur en Angleterre au temps de Richard Cœur de Lion et de Jean Sans Terre. C'est un tout autre style. Il semble même que l'auteur ait été peu nourri des œuvres en vogue de son temps. Les allusions littéraires que j'ai remarquées dans ce poème de plus de 19,000 vers sont au nombre de deux, et toutes deux se rapportent au même poème, au Fuerre de Cadres (le fourrage de Gaza) , portion du roman d'Alexandre qui a eu son existence indépendante et se trouve même parfois isolée dans les manuscrits.

Je me dispense aussi de rechercher à quel pays appartenait le poète historien, que je veux simplement, pour le présent, remettre à son rang dans notre littérature. Je devrais à ce propos me livrer à une étude linguistique qui ne saurait être écourtée, et j'aime mieux laisser intacts les points que je ne pourrais actuellement qu'effleurer. Je me borne donc à dire que l'auteur, qui est très anglais de sentiments, n'est cependant pas anglais de naissance. Je le crois originaire des possessions continentales de l'Angleterre, probablement de la Normandie.

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