‹ L'histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'AngleterreChapitre 8 sur 25 · Gournai-sur-Aronde, canton de Ressons · texte numérisé non relu

Gournai-sur-Aronde, canton de Ressons

4. Ce passage fait partie des morceaux publiés ci-après, v. 720.

nous le verrons plus loin — mais il est absolument sûr qu'il n'invente rien. Enfin ce qui ne laisse aucun doute sur la variété des sources auxquelles le poète a puisé, c'est son témoignage même. A propos d'un épisode de la bataille de Lincoln (12 17), il avoue franchement qu'il se trouve en présence de récits discordants :

Seignor, ci me (corr. ne ?) covient plus dire,

Car cil qui me donent matire

Ne se cordent (corr. s'ac.) pas tôt a un, 16404 Ne je ne puis pas a chascun

Obeïr, car je me[s]fereie,

Si'n perdreie ma dreite veie ;

Si en fereie mains a creire, 1 6408 Car en estorie qui est veire

Ne doit nus, par reison, mentir.

Ici, comme il est question d'un événement qui n'a précédé que de bien peu d'années la rédaction du poème, il est infiniment probable qu'il fait allusion à des récits oraux. Mais ailleurs, une fois au moins, il mentionne avec précision un renseignement écrit. Il nous fait savoir que Guillaume avait accepté pour compagnon un certain « Rogier de Gaugié », » chevalier qui n'avait pas son pareil « de Diepe tresque a Baugié ». Ayant ainsi uni leurs fortunes, ils coururent les tournois pendant deux ans, et firent un gain considérable que le poète peut évaluer exactement, grâce à des états qui lui furent communiqués par un certain Wigain, qualifié de « clerc de la cuisine 2 ». Voici le texte :

Deuz anz [tel] compaingnie tindrent,

Mais unques en place ne vindrent

Que plus gaaing ne lor venist 3412 (Cornent qu'as autres avenist)

Qu'a sis des autres ou a uit.

Ge nel 3 veil rien aveir a v[u]it,

Fors si comme li cler l'escristrent 3416 De la cort qui garde s'en pristrent :

Wigainz, li clers de la quisine,

& autres, c'est vérité fine,

Proverent par escrit, sans esme, 3420 Qu'entre Pentecoste e quaresme

1. Il y a dans les Rotuli litterarum patenfwm, I, 33 (1203), un sauf-conduit accordé par le roi à c Rogerius de Gaugi ».

2. Sur l'office du clerc de la cuisine, on lit dans Fleta, liv. II, ch. 18 (prem. édit. de J. Selden, Londres 1647, P* 80) : (( Officium clerici coquinae est denac rios recipere de garderoba pro officiis emptoris, poletae, salsariae, aulae et c camerae et scutelnae, et creditoribus satisfacere competenter. »

Page 1