‹ L'histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'AngleterreChapitre 9 sur 25 · Corr. n'en · texte numérisé non relu

Corr. n'en

Pristrent chevalers cent e treis, Estre chevals, estre herneis.

On pourra me demander si entre les documents mis en profit par le poète, il s'en trouve que nous ayons en leur état original. Il faut ici établir une distinction. Il est fort possible, bien que je ne l'aie constaté sur aucun point, que l'auteur ait fait usage de quelqu'un des documents diplomatiques en nombre infini qui nous sont parvenus pour l'époque où a vécu le Maréchal, mais assurément, le poème est complètement indépendant de tous les récits historiques que nous possédons pour le même temps.

Le lecteur a déjà pu voir, par quelques-uns des passages qui ont été rapportés dans les pages précédentes, que l'ouvrage a été composé avec bonne foi et jugement. Je tiens à montrer, par quelques autres citations, que jamais l'auteur n'est allé au-delà de ses informations. Quand les renseignements lui manquent, il le dit en toute franchise, comme dans le récit du tournoi d'Épernon :

Et s' aucun des autres i ot, Ge n'ai pas les nons en mémo rie, 4326 Quer nés trovei pas en Pestorie.

et plus loin :

4433 Qïï e c *l <l u i me dist la matire Ne me volt ci endreit plus dire.

Il expédie en quelques vers le séjour du Maréchal en Terre-Sainte, et s'excuse ainsi de la brièveté de son récit :

7284 Ne vos [en] ai dit fors la some, Car ge nés * vi ne ge n'i fui, Ne ge ne puis trover nului Qui la meité m'en sace dire.

Et à propos du couronnement de Richard :

Si fu a Londres coronez ; 1 1944 Asez 2 i out beals dons donez, Ce dient, quer ge n'i fu pas.

Après avoir raconté en grand détail un voyage de Richard en Angleterre, par Rouen, Bonneville, Caen, Bayeux, Barfleur et Portsmouth, il ajoute :

Ci endreit ne voil or plus dire, 12836 Quer ne sai pas bien la matire A combien ele fu montée Desqu'el me seit avant contée.

Page 1