CLASSIQUE. LE PERSONNEL ET LE MATERIEL A GREER
La première affaire à régler, c'est le choix des maîtres qui seraient charg"és d'ouvrir l'accès du monde de l'art à toutes les g"énérations qui passeraient par le lycée ; c'est la détermination des mesures à prendre pour que ces maîtres ne restent pas au dessous de leur tâche. Faudra-t-il,pourobtenir ce résultat, recourir au procédé traditionnel, créer, au titre d'histoire de Vart, une ag'rég'ation spéciale ou, tout au moins, ce que, dans le patois administratif, on appelle un certificat ou un brevet ? Rien ne serait plus facile ; aussitôt l'affiche posée, on verrait accourir les candidats ; mais n'avons-nous pas, dans l'enseigne-
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ment secondaire et dans le primaire, assez de concours déjà et de diplômes ? C'est au point que l'on a quelque peine à trouver des présidents et des juges pour former. tous ces jurys, et que, dans le mois où ils siègent tous ensemble, on ne laisse pas d'être embarrassé pour les loger tous. D'ailleurs, à supposer que nous ayons gain de cause, la place qui sera faite à l'art dans le plan d'études lui restera, longtemps encore, étroitement mesurée. Dans ces conditions, a-t-on le droit d'imposer l'effort et les affres d'un concours à ceux que ne suffiraient point à occuper les quelques heures de service qui leur seraient demandées ? Enfin, en réservant aux seuls possesseurs de ce parchemin le privilège de parler d'art à la jeunesse, ne s'exposerait-on pas à se priver de précieux concours ?
Je proposerais donc que, pour le moment, on se contentât de tirer parti des éléments que l'on a sous la main. Ce serait aux professeurs d'histoire que, dans la plupart des cas, il conviendrait de s'adresser. Toutes sommaires qu'elles soient, les indications des programmes actuels ont pu déjà contribuer à appeler
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leur attention sur les ouvrages de la plastique. Ils sont d'ailleurs inclinés, par la nature même de leur office, à plus lire que leurs collègues des classes d'humanités ou tout au moins à lire des livres plus variés ; ils sauront plus vite s'orienter vers une nouvelle étude. Parmi ceux qui sont maintenant en fonction, beaucoup sont et resteront, jusqu'au jour de leur retraite, assez novices en matière d'art ; mais il faudra prendre patience et compter, pour développer cet enseignement, sur le temps et sur le renouvellement du personnel. Déjà, dans ces dernières années, les présidents de l'agrégation dite d'histoire et de géographie, justement préoccupés d'élargir le champ des études historiques, ont entrepris de réserver une place à l'art dans les épreuves de ce concours. En 1896, comme sujet d'une des quatre compositions écrites, on avait donné : Les grandes époques de Vart gothique en France au moyen-âge (i). Presque chaque
(i) Dans le rapport qu'il a présenté au ministre sur le concours de 1896, M. Lavisse, président du jury insiste en ces termes sur la raison qui l'a décidé à proposer cette question : «.Le sujet delà composition historique a été donné pour rappeler aux candidats que l'histoire politique n'est