IV
Maurice sous la domination-hollandarse
L'Ile reçut alors dans ses ports, les navires fréquentant la mer «des Indes, qui y venaient faire escale et s’approvisionner.
Le 12 Août 1691, l’'Amiral Hollandais Hermauser fut envoyé par le gouverneur du Cap de Bonne Espérance, afin de faire un rapport sur les avantages commerciaux et militaires de la “colonisation de l’île Maurice. Hermauser se rend à Maurice sur Je yacht « Pigeonneau ». À
Le 1er Janvier 1606, les Amiraux Hollandais Matelief et . «der Hagen visitent l’île pour étudier la même question. :
Pieter Both. nommé Gouverneur de Batavie, se rendant dans sa nouvelle colonie, rencontra un violent cyclone, peu après le Cap de Bonne Espérance, et fut contraint de s'arrêter à Maurice pour réparer ses vaisseaux. Quelques officiers se rendaient à Batavia avec leurs femmes. Ce fut la première fois que l'île fut ‘visitée par des femmes.
Le 24 Mars. l'anglais Castleton, Capitaine du « Pearl » séjourne | à l’île Maurice qu'il nomme « England's Forest ». |
Le 10 Janvier 16:5 alors que Pieter Both retournait dues sa pairie, -ses vaisseaux furent pris par un violent cyclône et firent nau-
Sue
frage en vue de l'île Maurice, où il devait faire escale. Son corpsfut retrouve à la Baie du Tombeau et enterré sur la plage.
. Le 12 Janvier 1617, mourut à Maurice le célèbre navigateur Jacques Le Maire, qui, en compagnie de Guillaume Schouten, était parti du Texel le 14 Juin 1615, avec les vaisseaux « La Concorde » et le « Horn » pour un voyage de circumnavigation
Etablissements ho/landaïs à l'Ile Maurice
Le 7 Mai 1638 Cornelius Simons Gooyer débarqua au Port Sud Est (Vieux Grand Port). Sa mission était composée du Commandant, d'un docteur, de 12 soldats, 11 hommes d'équipage, et une dizaine. d'esclaves de Madagascar. Sur le rivage, on découvrit d'énormes tortues, et, plus au fond, beaucoup de chèvres. de cerfs et de porcs sauvages. Une « Loge » pour le Gouverneur un fort un bâtiment pour les militaires, un magasin! et 5 chaumières formérent bientôt un petit village, dont le travail consista dans l'exportation des bois magnifiques provenant des denses forêts de l'île.
En Octobre 1639, Van der Stel arriva avec une trentaine de ncuveaux colons et releva Goover. Le 6 Février 1644, un terriblecyclône détruisit village et plantations. Van der Maartzen succède à Van der Stel en Mai 1645 et reconstruit le village. Fatigué et malade, il demanda son renvoi. En Avril 1648, Reynier Pori le: remplaça. Très intelligent et entreprenant, ce dernier introduisit la culture de la canne à {sucre de Batavia, mais il mourut en Janvier 1650. Maximilien de Jongh fut nommé alors Gouverneur. La population, souffrant beaucoup de privations, fut réduite à 25 habitants. De Jongh part, laissant le gouvernement à Evertz. En 1658, les colons furent ramenés au Cap.
Mais six ans plus tard, des nouveaux colons arrivèrent, cette fois, l'établissement sembla devoir être durable. Un fort en . bois est érigé ; des bâtiments pour le Gouverneur et la garnison et divers entrepôts furent construits. Le rivage du Waerwick Haven (Baie du Vieux Grand Port) se couvre de chaumières. Au centre, s'élève le fort « Frederick Henri ». Les colons s'établirent aussi au Port Nord-Ouest (Port-Louis) à la Rivière Noire, à « Terre Plate » (Flacq), où ils créèrent un grand jardin appelé « Le Jardin Royal » contenant nombre .de plantes d'Europe.
Le Gouvereneur Hubert Hüûgo, qui était arrivé en Février 1675 avec 75 nouveaux colons et des esclaves de Madagascar, se montra très actif et entreprenant. Lamotius succède à Hüûgo en
Octobre 1677. La canne à sucre est cultivée sur une he dE étendue : quelque temps après, on-consfruisil au centre e l'île un mouli! sucrier RPPAUC RER à deux frères « Wilhems PR
Comme route, il n’y avait alors qu’un sentier qui reliait le Fort au Port Nord-Ouest. Ce sentier traversait la forêt et le petit. village des Plaines Wilhems et la distance exigeait 7 jours de marche. Les transports se faisaient par mer. . Rare
Lamotius est relevé de ses fonctions le 22 Octobre 1692 par Roelef Diodadi. homme intelligent mais cruel. Les punitions qu'il F. infligeait aux esclaves étaient si dures que la plupart su A «ans les forêts.
Le 9 Février 1694, le fort et presque tout le petit village dis Waerwick Haven furent détruits par le feu. Les auteurs de ce désastre étaient des esclaves qui avaient voulu se venger des châtiments édictés par le gouverneur. Il s’en fallut même de peu que ce dernier ne périt dans les flammes. Les coupables furent” Set. pris et pendus.
En 1695 « La Loge ». le fort, les magasins et les autres bâti ee ments furent reconstruils en pierre. Le fort fut armé. alors Le por 20 canons el défendu par 59 soldats.
La Colonie était en pleine ‘prospérité et les colons au bte | de 300. Mais l'île fut constamment ivisitée, depuis 1706, par de violents ouragans et des inondations. Les esclaves marrons met: : taient le feu aux cultures, tandis que de nombreuses Rene de pirates menaçaient sans trêve l'existence des colons. La population, découragée, demanda du secours. De nouveau, le gouvernement Hollandais décida l'abandon de l’île, qui eut lieu définitivement Texier L'AI0
Première prise de possession de l'Ile Maurice par les
F; rançais
En Sonic e 1715, Guillaume Dufresne, Capitaine de. « + seur », faisant croisière dans la Mer Rouge, prit possession de l'Ile Maurice dont l'abandon par les Hollandais. lui avait ét signalé. Il débarqua le 20 Septembre au Port Nord-Ouest : {Po Louis). La vue de l’île était alors magnifique : des arbres gigantesques se dessinaient dans un beau ciel bleu légèrement teinté de rouge à l'horizon. On arbora le drapeau royal ; une se re fut tirée. el l'île fut solennellement nommée IC
rance »
ME en
Le Gouverneur de Bourbon essaya, par trois fois, d'envoyer des colons de Bourbon se fixer à l’Ile de France : ses tentatives échouèrent.
Seconde prise de possession par les Français
En Avril 1721, Louis XV demanda à la « Compagnie des Indes Françaises » de coloniser l'Ile de France. Le 23 Septembre, le Chevalier Jean-Baptiste Garnier du Fougeray, Commandant « Le Triton » de Saint-Malo, débarqua à l'Ile de France et prit. de nouveau, possession de l’île, au nom de Louis XV, en lui confirmant 1: nom qu’elle avait déjà recu: {shit dresser un mât surmonté d'une perche de quarante pieds à laquelle s’arborait un grand drapeau blanc fleur-de-lysé. Au pied dù mât, il fit graver une inscription latine dont voici la traduction :
Vive Louis XV, Roi de France et de Navarre ! Puisse-t-il vivre à jamais !
Lui-même Éyaiit donné l’ordre d'ajouter cette île à ses domaines et de l’appeler, à l'avenir, « Ile de France ».
C’est en l'honneur de ce grand prince qu'a été Mae le drapeau blanc par Jean- Baptiste Garnier du Fougeray, Capitaine du navire « Le Triton », et originaire de la ville de Saint-Malo, lequel a abordé, en ce lieu, le 23 Septembre 1721, et en. est reparti le 3 Novembre de la même année, pour retour ner, Dieu aidant, en France. |
L'Ile de France sous la Compagnie des Indes
En Décembre 1721, M. Duronguet Le Toullec, Major à l’île Bourbon, fut envoyé à l'Ile de France avec 15 colons, un prêtre et un docteur, tous appartenant à l'ile Sœur. Ils s’établirent au Port Sud-Est.
En Janvier 1722, M. de Nyon, Colonel et Ingénieur du Roi,
Fab
Chevalier de lOrdre Royal et Militaire, de Saint-Louis, Gouverneur de l'Ile de France par: le Roi en. 1721, débarque au Port Sud-Est, avec 210 soldants, 140 français, la. plupart ingénieurs. anciens soldats et marins, 40 femmes, 2 lazaristes. et deux frères (tous de la ville de Saint- Malo) et 30 esclaves de Madagascar.
Comme l’a dit M. de St-Elier dans son intéresse travail :
« Rome, cette orgueilleuse capitale du monde, ne peut p” se Le
glorifier d’une origine aussi pure ».
À son arrivée, de Nyon fit célébrer une messe d'actions de
grâces sur un rocher du rivage et chanter le « Te Deum ». I
établit la capitale au Port Sud-Est et fit élever de belles cons-
tructions sur les ruines des bâtiments Hollandais: Il orgamisa +.
un « Conseil National », composé de six notables. Ce conseil relevait du « Conseil Supérieur » de Bourbon. Homme actif . et'intelligent, il encouragea beaucoup la culture. Il fit semer des graines potagères sur une vaste échelle et introduisit les. plan its de Moka. Ce café prospéra si bien, sur le plateau où il: avait été PAS tee donna son nom au district eee
noyé le 25. Ce frère aimait RARE la culture ét ‘sa L'cHabté était inépuisable, M. de Nyon, avec toute la colonie, regrettèrent vivement la mort de ce saint missionnaire.
En Mars 1723, un terrible ouragan détruisit la ne des récoltes. En Décembre, Louis XV établit à l'Ile de France un « Conseil Provincial » composé de 3 juges en matière civile et de 5 en matière criminelle. Le 23, un autre térrible cyclône détruisit les récoltes. En Février 1724 la population était mena-
cée d’une sérieuse disette de vivres ; des. sécours furent deman- F
dés à Bourbon et à Madagascar et reçus en Mai. Le nombre : de noirs marrons augmentait de jour en jour et des punitions.
très sévères durent être infligées po sauvegarder la discipline |
dans l’île.
Le 17 Janvier, Benoit Dumas est nommé Gouverneur. de France 6 et Bourbon : il devait passer 6 mois alternativement dans chaque île, mais il préféra Bourbon, où il établit sa résidence. E’Tle de |
France souffrit de cette décision et la Compagnie des Indes
décida alors de donner à l’île un gouverneur spécial. En Octobre
1728, M. de Maupin prit le commandement de l'île. On acheva les forts commencés d’après les plans de M. de Nyon, en exceptant celui du Port Nord-Ouest, pour lequel un nouveau plan
fut envoye de France. En 1731, de Maupin décide de transférer. la capitale de Pîle du Port- Bourbon. (Vieux. Grand Port) au Port Impérial (Port- Louis) et ceci en raison des vents peu favorables aux vaisseaux lorsqu'ils quittaient la rade. Le 4 Février, un. violent ouragan détruisit les archives, une grande: partie” Le FN Re registres et papiers publics demeurèrent 24 heures. Sous eau
En Mai, M. de Cossigny arrive, chargé dé faire un rapport sur . l'utilité et les ressources de l'Ile de France. Ce rapport est si
favorable, ques la Compagnie décide d'envoyer: dans. rue iiRe
ml ide
homme. capable de lui donner toute l’importance dont elle était susceptible. É
Bertrand François Mahé, Comte de Labourdonnais, Officier des vaisseaux du Roi, Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, débarque, comme Gouverneur à l'Ile de France, Je 5 Juin 1735. De cette époque, date la véritable fondation de l'île Maurice.
Mahé trouve l’île sans commerce, ses habitants apathiques, en luttes constantes avec les noirs marrons. Il commence par choisir le Port Nord-Ouest comme Chef-lieu. De nombreuses maisons y sont construites, au milieu desquelles il fit élever le Palais du Gouvernement, à cette époque simple rez-de-chaussée. Non loin de là, il fait construire des casernes, des magasins pour la Compagnie, des docks et une forte batterie sur l’îleaux-Tonneliers, à l'entrée du nouveau port. Routes et canaux sillonnèrent bientôt Maurice, Il établit un Conseil Supérieur à la place du Conseil Provincial. Labourdonnais créa aussi le Jardin Royal de Montplaisir où beaucoup de plantes d'Europe furent introduites, Il encouragea l’agriculture, planta du coton et des graines potagères, sema du blé (en 1742, l’île put faire son pain avec du blé indigène). Un moulin à sucre, construit par M. de Villebague, tout près du port, fournit d'excellents résultats. Les premiers sucs en étaient noirs et pâteux (1). On découvrit du fer tout près du petit village qui entourait ce moulin.
2.500 colons de Bourbon s’établirent à l'Ile de France, devenue très prospère. Labourdonnais fait construire nombre de petits bateaux pour le trafic de la côte, ainsi que de belles frégates, avec le bois des forêts de l’île. Ces frégates sont armées. Le gouvernement se réorganise, après l'indispensable destruction des noirs marrons En 1738, Mahé perd sa femme et regagne la France, en congé, laissant le commandement de l’île à M. Didier de Saint-Martin. Il est de retour en Août 1741. En 1742, il vole au secours de l'Inde, alors assiégée par les Anglais et reprend ensuite les rênes du gouvernement. En 1746, commandant une flotte construite, armée et équipée par lui à l'Ile de France, il repart pour l'Inde, où il fait des prodiges de valeur. Alors, commencent ses démêlés avec Dupleix, qui le signale au roi comme un traître. Labourdonnais, à son-retour à l'Ile de France, trouve M. David, gouverneur depuis Octobre 1746, qui lui transmet l’ordre de rentrer en France au plus tôt. En Mars 1747, Labourdonnais quitte l’île définitivement ; à son arrivée en France, il est enfermé à la Bastille où if demeure 3 ans, Mis en liberté, ii meurt 3 ans Apres succombant à ses peines morales et à son désastre matériel.
Labourdonnais fut le véritable père de l'Ile de France. Pendant les onze années de son gouvernement, l’île était devenue un des plus riches petits pays du monde.
Le 17 Août 1744, le Saint-Géran échoua sur l'ile Ronde à
(1) Les premières chaudières furent ensevelies dans le naufrage du St-Géran.
3 heures du matin. Les vagues furieuses, ne permirent quà 9 personnes de s'échapper du désastre. Le récit du dévouement
des officiers du bord pour sauver les passagers (et principale-. ment deux jeunes filles de familles ‘de l'Ile de France) inspiræ
Bernardin de Saint-Pierre dans son immortel roman « Paul ét
Virginie ».
Barthélemy David, qui avait succédé à Labourdonnais, était
un homme de caractère doux, sans aucune des qualités entre- … prenantes de son prédécesseur. En Mai 1748, 5 navires déchar-
gèrent leurs cargaisons dans l’île, qui avait beaucoup souffert de la guerre aux Indes.
En Juillet 1748, l'amiral anglais Boscawen voulut tenter un débarquement à la Petite Rivière. La faible garnison de Pile se porta sur le point attaqué et tira quelques coups de canon,
endant que le bruit des clairons et tambours semblait indiquer
e rassemblement de forces considérables. L’amiral Boscawen renonça à son entreprise.
Depuis longtemps, la maison de campagne des gouverneurs se trouvait à Montplaisir : maïs M. David, pour se rapprocher d’une personne des Plaines Wilhems, fit bâtir un château à .
Moka, donnant comme prétexte que les dames y trouveraient”
un asile plus sûr en cas d'attaque de l'île. C’est ainsi que le Réduit fut construit en (1749 et Montplaisir abandonné. Se.
En 1750, M. David fit prendre possession de l’île de Sainte- Marie au nom de Louis XV. à :
Le 10 Février 1753, Lozier Bouvet, gouverneur de Bourbon,
beau-frère de David, relève ce dernier, partant pour France: Bouvet était un marin de grande valeur. Pendant son gouvernement, il visite plusieurs fois Bourbon. Il encourage la culture dans les deux îles. Il fait aussi plusieurs voyages dans l’nde
our porter des secours aux Français, toujours en guerre avec
es Anglais. Le 18 Avril, l’abbé de la Caille et M. d'Apres de Mannevillette visitèrent l’île en vue d’en dresser le premier plan. En Février 1754, la petite vérole jette le deuil et la terreur parmi la population. En Mars, un violent cyclône cause beau” coup de dommages mais en débarrassant l'ile du fléau qui x sévissait. ont.
Le 3 Janvier 1756, René Magon relève Bouvet : il encourage beaucoup l’agriculture. Une saline est construite à Caudan. Des
bœufs sont importés de Madagascar et cédés ou même vendus à
crédit aux colons. Magon subventionne l’importante manufacture
de fer Hermans et de Rostaing, située à Montagne Longue. Le moulin sucrier de Villebague est agrandi et notablement améliorë (C'était un moulin mû par des ânes et des bœufs). Le Réduit est
embelli. Magon fournit des secours à l'expédition française commandée par l’Amiral d’Arché et le Général Lally. fra
Le gouverneur charge, à la même époque, le capitaine de la
frégate « Le Cerf », Corneille Nicolas de Morphy, d'aller prendre possession des Seychelles. La petite expédition entra dans un. beau port le 6 Septembre 1756. |
Desforges Bouchet relève Magon le 8 Novembre 1759. Quoique disposé à continuer les entreprises de son prédécesseur, Bouchet n’obtint aucune assistance de la Compagnie des Indes, rumée par la guerre. En 1763, la position des Mauriciens était déplorable : les articles de consommation faisaient complètement défaut ou se vendaient à des prix inabordables. En Août 1764, la Compagnie des Indes Françaises fait définitivement banqueroute et les Iles de France et Bourbon sont rendues au Roi.
Trois années se passèrent avant que le gouvernement royal fut établi dans l’île. Pendant ces trois années, la populabon, composée de 4000 blancs, 600 noirs libres et 15.000 esclaves vit disparaître entièrement son commerce. La situation s’avérait fort critique. Mais l’île allait bientôt témoigner de tout son ressort.
L'Ile de France sous le Gouvernement du Roi
Le 14 Juillet 1767, MM. Jean Daniel Dumas et Poivre, nommés par le roi. le prémier, gouverneur, le deuxième intendant de l’île et Président du « Conseil Supérieur » débarquèrent à l'Ile de France.
De caractère violent, Dumas voulut bientôt devenir le maître absolu de l’île. Après quelques sérieux différends avec les membres du Conseil. il se substitua illégalement à ce dernier et rendit une ordonnance qui lui conférait le droit d’arrestalion de tout citoyen, sur n'importe quel prétexte. Le Conseil refusa d'approuver cette ordonnance et le gouverneur, furieux de son ‘échec, passa sa colère sur le Procureur Général Desribes et sur Rivaltz de Saint-Antoine, membre du conseil, qui, tous deux, avaient prôposé le rejet de l'ordonnance. Par ordre du gouverneur, ils durent démissionner de leurs fonctions. St-Antoine fut même envoyé à Rodrigue. Le Conseil, nullement intimidé, désigna. un de ses membres, M. Codère, pour faire une enquête et un rapport soumis au Roi. Sur l’ordre de Sa Majesté, Desribes et de St-Antoine reprirent leurs fonctions, tandis que Dumas était rappelé en France. Il iquitta l'ile le 27 Novembre 1768, laissant le commandement à M. de Steinaner, Officier Général de Fîle, jusqu'à l’arrivée, le 6 (Juin 1769, du Chevalier Desroches.
Le 14 Juillet 1768, Bernardin de Saint-Pierre débarqua à l’île de France avec des utopies républicaines et des projets bizarres de colonisation, qui ne’rencontrèrent aucun encouragement.
Une ordonnance du Roi, du 1er Août de la même année, divise l'Ile er 11 quartiers. « Rivière Noire », Plaines Wilhems », « Terre Rouge », Moka », Port Louis », « Montagne Longue »,
per
« Pamplemousses », « Rivière Basse », « Flacq », 4 Fort Bour- | bon ». et « Callebasse »,
Desroches améliora beaucoup la colonie et. surtout 1 die je
de Port-Louis. De belles routes furent ouvertes. La rade fut curée. sous la direction de M. de Tromelin qui construisit aussi la chaussée portant actuellement son nom. Le cimetière de l’Enfoncement, qui se trouvait au centre de la ville, fut clos, et um autre fut ouvert dans un des faubourgs, à l'occasion d’une terrible épidémie de petite vérole (18 Décembre 1771). : ,
En Mars 1770, une importante mine de fer est découverte aux. Pamplemousses. Mais, dans la crainte que le fer colonial ne puisse concurrencer le fer d’ Europe, la mine est abandonnée. …
Le 1er Février 1771, un terrible ouragan cause d'énormes dégâts et jette plusieurs bateaux à la côte. L’« Ambulante », sans gouvernail et sans voiles, désemparée, est chassée vers le Morne Brabant où elle échoue. Les hommes et une compagnie du régiment de Clare, qui se trouvaient à bord, sont sauvés | miraculeusement. L’ouragan dura 18 heures.
Le 21 Août, le Chevalier d’Anzac de Ternay, nommé Cons. neur, el Jacques Maillard Dumesle, Intendant (pour relever M. Poivre) débarquent à l'Ile de France. Ils prennent leurs fonctions le 24 Grâce à leur activité, de grandes améliorations survinrent à la Colonie. Poivre, en quittant l’île en Octobre, cédaæ son jardin de « Montplaisir » au Gouvernement qui nomma M. Céré, directeur. Celui-ci agrandit ce domaine, qui était déjà très beau : le gouvernement lui accorda pour cela une subvention. Telle fut l'origine du grand jardin des Pamplemousses, actuel-: lement le quatrième du monde.
Le 13 Mars 1773, mourut, à la Retraite. Flacq, Philibert de- Commerson, grand botaniste, qui avait doté l’île d’un He nombre de ‘plantes utiles. :
Dans la nuit du 9 au 10 Avril, un violent cyclône visite l'ile. 5 La Cathédrale est renversée. Des centaines de maisons sont. endommagées, trente navires jetés à la côte et les récoltes com plètement détruites.
Le 30 Juillet, une Ordonnance Royale ramène la divisioi de l’île à huit quartiers comme elle avait été proclamée par le Conseil Supérieur de l’île en Août 1762 : « Rivière Noire », « Plaines Wilhems », « Moka », «Port-Louis ». « Pamplemousses à: « Flac », « Rivière Basse » et « Fort Bourbon ».
En Octobre. le moulin à poudre saute avec le détachement qui : le gardait. Un journal hebdomadaire paraît pour la première fois. - Le 19 Novembre, dans l’après-midi, le vaisseau « Le Mars », de 60.
canons, fut incendié en pleine rade. Tous secours furent impuis- re
sants et le 29 au matin, le navire sauta avec un horrible fracas, couvrant la mer de débris en flammes.
Dans la nuit du 24 Février 1774, la famille du Lieutenant Lehec, de l'artillerie Royale, se composant d’une jeune épouse, . de sa sœur et d’un petit enfant, habitant une maison dépendant de l'établissement « La Retraite » à Flacq), fut assassinée ainsi . que deux vieux serviteurs, pendant que M. Lehec se trouvait :
Due
en ville poux affaires. Après le meurtre, les assassins incen- . dièrent Ia maison. Quatre soldats du régiment de Normandie en garnison à Flacq furent arrêtés. Après l'instruction conduite par le Magistrat Delaleu, trois d’entre eux furent trouvés coupables. Le nommé « Sans Quartier » fut brûlé vif et les deux autres pendus.
Le 2? Décembre 1776, le Chevalier Guiran de La Brillanne succède à M. de Ternay. Très honnête et juste, il était pourtant trop sévère pour se faire aimer des colons. C'était d’ailleurs un
malade. Son gouvernement n'offre rien de particulier.
En Août 1777, le Magistrat Delaleu présente à la Cour le premier volume de son important recueil de « Législation Coloniale ».
Le 1 Mars 1778, M. Céré récolte en grande pompe les premiers fruits des muscadiers de l’île, qui sont envoyés au Roi Le 30 Avril, naquit Edouard Pitot, qui fut, en même temps qu'un artiste, un des hommes politiques les plus brillants et les plus indépendants de la Colonie.
Le 5 Octobre, mourut à l'Ile de France, René Magon de la Villebague, ancien gouverneur de l’île. Suivant sa volonté, il fut enterré au cimetière des Pamplemousses. Ce fut lui qui, pendant son administration, fit élever, en partie à ses frais. l’église des Pamplemousses, telle que nous la voyons aujourd’hui. Celle de Labourdonnais se trouvait toute proche, dans une maison acheté: pour épargner à la Compagnie les frais d’édification d’une église.
En Décembre, mourut à l'Ile de France, où il s'était fixé depuis déjà quelque temps, Jean François Cossigny, Officier du Génie, qui avait été envoyé, en 1732 en mission spéciale pour faire un rapport sur l'utilité de conserver et de coloniser l’île. C’est sur son important rapport que la Compagnie des Indes décida d'envoyer Labourdonnais à l’Ile de France. A peu près à la même époque, .Cossigny fut nommé Commandant du Génie et de l’Artillerie à l’Ile de France, où il se fixa.
Le 28 Avril 1779, M. de la Brillane mourut et fut enterré dans l'Eglise Saint-Louis. Le 3 Mai, Le Chevalier de Souillac fut nommé gouverneur, Le 7 Novembre, naquit Thomy Pitot, littérateur el homme politique remarquable.
De Souillac était très actif et entreprenant, jaloux de Ia prospérité de l’île et de l'honneur du drapeau français. Signalons ici trois intendants successifs : M. Foucault, du 17 Novembre 1777, M. Chevreau, du 4 Juillet 1781, et M. Motais de Narbonne, du 12 Octobre 1785.
Le 15 Décembre 1780, la première récolte de.raisins plantés au Champ Delort, fut vendangée. On obtint 4 barriques de mauvais vin. É
Le 4 Avril 1785, de Souillac alla passer quelque temps à Pondichéry. M. du Fresne, Colonel du Régiment de Bourbon, le remplaça jusqu’au 28 Juin. Le Chevalier de Fleury, Cofonef du Régiment de Pondichéry, fut nommé Gouverneur par intérim, jusqu'au retour de M. de Souillac, le 9 Novembre.
Le 5 Novembre 1787, de Souillac part. Le Chevalier Joseph.
Antoine Raymond de Bruny d’Entrecasteaux, arrivé déjà depuis le 22 Octobre, le remplace. Le jour du départ de M. de Souillac, les colons organisent une grande fête, en témoignage de leur
reccnnaissance pour son administration paisible et prospère. :
Dans la nuit du 31 Décembre 1788 au 1er Janvier 1789, l'île fut victime d’un ouragan d’une violence extraordinaire, quelques jours après le départ des frégates « La Résolution » et « Vénus »,
au moment même où ces bateaux quittaient le port de SEPaul de l’île Bourbon. L’ouragan dura 23 heures, accompagné de
pluies torrentielles. « La Résolution » revint. quelques jours après dans un état affreux, tandis que « La Vénus », Capitaine ns Tanouan, auquel avaient été confiés une quinzaine de jeunes
gens des meilleures familles de l’Ile de France, qui se rendaient
ea Europe pour y compléter leurs études, fut perdu corps et.
biens. Ox n’entendit jamais plus parler de ce vaisseau. "6 4 € € © D
L'Ile de France pendant la Révolution et le .
Premier Empire
Le 17 Aoûl 1789, M. Dupuis remplace M. Motais de Narbonne. |
Le 20 Octobre, un ëüuel eut lieu qui se termina par un triste
meurtre, M. Gouy, Chirurgien-Major à l'Ile de France, est. assassiné par le comte de Locatello, un corse, qui saisit l'épée
de M. Gouy et le transperça. Ayant pris la fuite, LocateHlo est condamné par coutumace, à être rompu vif. ne
Le 14 Novembre 1789, M. de Conway, Gouverneur de Pondi- + chéry, prend le commandement de l'île, qui devient maintenant
le siège du gouvernement général. |
De Conway trouve l’île dans un état prospère. Mais les hab fants, excités par les nouvelles de la Révolution en France, récla ment un régime libéral, avec lequel il ne sympathise pas” I. licencie le corps des Volontaires. Une Assemblée Coloniale est installée de force... Une Garde Nationale est formée pour rem. placer l’ancienne milice. Les marins en rade tentent alors de se : soulever. Des discours incendiaires sont, prononcés dans des assemblées populaires tumultueuses. L’anarchie règne dans l'ile. Des clubs sont formés : « Les Amis de la Constitution », «Les Jacobins », « Les Sans Culottes », « La Chaumière ». L’Assem-
blé: Coloniale, débordée par les abus d'autorité, fait appel à
l'union des partis politiques.
En Juillet 1790, des municipalités sont organisées dans toute l’île. Elles dirigent la police, s'occupent des villes, des routes et des cantines. S
Conway donne sa démission le 29 Juillet et M. de Chermont, Colonel dr: Régiment de l’Ile de France, prend le commandement jusqu’au 26 Août, data à laquelle M. David Carpentier Cossigny, Gouverneur de Bourbon, est reconnu officiellement Gouverneur général.
Le 8 Septembre 1790, Claude Peuthée, natif de la Bourgogne, et nouvellement arrivé dans l'Ile de France, planta le drapeau français sur lé sommet du « Pieter Both », à 3 heures de l'après-midi. Cette première ascension du « Pieter Both » fut pénible : à un certain moment, il fut obligé de se suspendre à une corde par les dents, ayant au dessous de lui un précipice effrayant. Le 29 Octobre suivant, Peuthée fit une seconde ascension, et entre 8 et 9 heures du soir, il fit partir du sommet
un feu d'artifice.
Carpentier de Cossigny était faible de caractère. L’anarchie augmenta. La population veut singer la Révolution française. Partout, des émeutes éclatent : l’Assemblée Coloniale est trop faible pour les réprimer. Elle nomme deux députés pour representer l'ile à l’Assemblée Nationale de France. Le navire qui devait emporter ces députés était sur le point de partir, lorsque des soldats. excités par une population affolée, croyant que fe Comte de Mac Nemara, Commandant la division navale avait l'intention de faire périr les députés de l'Ile de France pendant leur traversée, s’'emparèrent des bateaux du port, et ramenèrent à terre M. de Mac Nemara. Conduit à l'église, où se tenait l’Assemblée Coloniale, puis aux casernes, il est décapité par un soldat et sa têle est portée en triomphe (4 Novembre). Ce fut le seul assassinat commis pendant la Révolution à l’Ile de France. Ce crime odieux avait calmé la populace.
En Janvier 1792, une terrible épidémie de petite vérole, imporfée par un bâtiment venant de Mozambique, fit, en trois mois, plus de 4000 victimes, principalement parmi les travailleurs du sol. Tous ces deuils contribuèrent aussi à apaiser dans la colonie les idées de lutte et de domination. Après l’arrivée, comme Gouverneur, le 16 Juin 1792, du Comte de Malartic, homme pieux, brave et juste, les idées révolutionnaires (qui continuèrent encore leurs ravages jusqu'en Février 1794), tombèrent petit à petit. La chute de Robespierre en marqua la fin. Deux commis- Saires avaient accompagné le nouveau Gouverneur, François Le Boucher et Daniel L’Escalier, envoyés par l’Assemblée Législative pour réorganiser le gouvernement de l'Ile de France.
Le 6 Janvier 1794, maquit, à MÔôka, Adrien d’Epinay, le patriote Mauricien qui s’illustra de 1810 à 1839, date de sa mort.
En Mars, une sérieuse disette de vivres força l’Assemblée Coloniale à rationner la population à 6 onces de pain par jour par tête.
Ut
Le 18 Juin 1796. débarquent à l'Ile de France, deux commissaires da Directoire, Baco et Burnel, chargés de procéder à l'émancipation immédiate de tous les esclaves. Les colons repoussent l'émancipation immédiate. Les commissaires menacent alors de dissoudre l’Assemblée Coloniale et de faire arrêter le Gouverneur. La foule, qui se tenait dans la cour du Gouvernement, envahit le bâtiment et les commissaires, sous menace de pistolets
braqués sur eux, furent contraints de s’embarquer. Pendant
qu'ils sont conduits à bord, sous la protection des membres de l’Assemblée Coloniale, le peuple s'empare des batteries et ordonne à la corvette de s’en aller sur l'heure. Elle dut obéir.
Le calme rétablit, Malartic est porté en triomphe. En Janwer
1800. il est obligé de se rendre à Bourbon pour réprimer un sérieux soulèvement royaliste. Il exhorte les colons de Pile voisine, et réussit à calmer les esprits excités. Il est de retour, le 5 Février. veille d’un violent cyclône.
Le 26 Juillet. Malartic, âgé de 70 ans, est frappé d'une attaque d'apoplexie, en se rendant à l’église : il meurt le 23, à 2 heures de l'après-midi. La Colonie entière était en consternation : les affaires sont suspendues, le deuil est général. Le corps, embaumé, est traîné à découvert, sur un char, par les officiers de Parlillerie de l’Ile de France et déposé à l’église paroisiale. Toute la Colonie vint prier sur sa dépouille. L'Assemblée Coloniale décide, à l'unanimité, qu'un monument funéraire sera élevé à sa mé-
moire, Le Général Magallon de la Morlière est reconnu Gouver-
aeur
Le 16 Août, eut lieu la translation du corps de Malartic au monument provisoire construit au Champ de Mars. Toutes les autorités des Iles de France et de Bourbon étaient présentes. Les Anglais, qui croisaient devant l’île sous les: ordres du Commodore Otham, furent aussi touchés de la mort du Comte, qui était très estimé dans l'Inde. Pendant toute la cérémonie,
la division anglaise en rade resta les vergues en croix, le pavil-
lon à mi-mât: ses canons répondirent aux canons de l'île, en salves de deuil. |
Le 29 Juillet 1801, jour anniversaire de la mort de Malartic, son corps est exhumé et transporté en grande pompe au caveau définitif où il se trouve actuellement (au Champ de Mars).
Le Généra! de la Morlière, d’un naturel doux et aimable, se fit
beaucoup estimer des colons : il était peu entreprenant.
Charles Mathieu Isidore Decaen, Général de Division, arrivé à l'Ile de France le 17 Août 1803, reçoit, le 25 Septembre, sa
confirmation au poste de Gouverneur Général. Le lendemain,
il dissout l’Assemblée Coloniale pour 10 ans. Il institue un nou-
veau gouvernement, se composant de 3 chefs, à la tête desquels
il se place. M. Léger dirige les finances et M. Crespin la Justice. Les municipalités sont abolies, la police est réforméé. Le Général Vandermaesen est nommé Commandant en Chef des troupes
à l’Ile de France. Les administrations civiles et militaires sont réorganisées. Des gardes nationales sont recrutées dans tous les ° A ?
quartiers. Decaen se prépare sans cesse à la guerre. Il s'efforce