D ENS
de résister aux Anglais, de les combattre dans la mer des fndes, où ils se trouvent continuellement. Il fait redouter la colonie au dehors et lui assure ainsi tranquilité au dedans. Decaen suivit. en somme, les traces de Labourdonnais. Ces deux hommes ont illustré, l’un le brillant commencement et l’autre la fin héroïque de la belle colonie. La législation de Decaen est pour nous un souvenir glorieux.
Des frégates anglaises croisaient dans la mer des Indes : elles s'arrêtaient devant Port-Louis, allaient à Bourbon, à Madagascar, puis retournaient dans l'Inde.
Pendant leur séjour dans les environs de l'Ile de France, les anglais durent soutenir de rudes combats contre les braves marins de cette île. Les deux Surcouf, Tréhouart, Le Même, Cochet. Duperré, Hamelin, Bouvet et nombre d'autres, En 1805, Decaen fit le tour de l’île, pour y préparer sa défense. Un beau fort est élevé en face de celui du Vieux Grand Port. Auprès du fort il créa un joli village qu'il nomma Mahé-bourg. Caudan est curé. Decaen ajoute un second étage à l'Hôtel du Gouvernement et fait construire de nouveaux bâtiments, entre autres une Cour de Justice, tandis que le Collège Colonial est embelli. Les rues sont améliorées. Pour marquer l'anniversaire de l’Empereur, Decaen change le nom de Port-Louis en celui de Pori- Napoléon, celui du Port-Bourbon en Port-Impérial : l’Ile Bourbon devint l'Ile Bonaparte. Decaen ayant eu un fils le 19 Octobre 1805, les notables de la colonie demandèrent à en être les parrains : le baptême eut lieu, en grande pompe, le 19 Octobre 1806, entouré de mémorables fêtes.
Vers la fin de 1809, la Compagnie des Indes Angiaises, ne
uvant plus supporter les dégâts causés à son commerce par es corsaires de l'Ile de France, décida de prendre possession de cette île et de l’île voisine. Le 9 Juillet 1810, Bourbon tombe aux mains des Anglais. Cet HER augmenta leur audace, ils descendirent successivement à (Jacotet, à "Souillac, à Bel Ombre, postes militaires de la Savanne. Le Général Decaen dut alors se préparer à une attaque, qui ne tarda pas à se produire.
Le combat de l'Ile d'e la Passe
be Anglais ayant pris Bourbon, tentèrent des débarquements sur de nombreux endroits de l'Ile de France. Loin d’abattre le courage de la population, ces débarquements, brillamment repoussés par les colons, les enflamment d’une ardeur indicible.
La défense des côtes est organisée avec des militaires retraités et des colons volontaires qui, partout, demandent les postes Les plus périlleux. Des compagnies sont dispersées sur différents points de l’île et à, jeunes et vieux attendent la gloire de sacrs fier leur vie pour la Patrie. ce
Le 14 Août, à 1 heure du matin pendant une nuit obscure, 140 hommes, débarqués de la frégate anglaise « La Néréide », prennent d'assaut le fort de l’île de la Passe, à l'entrée du chenal. nn qui conduit dans la rade du Grand Port. Malgré la défense. héroïque d’une cinquantaine d'hommes, sous les ordres. du Capitaine Escussot, la garnison dut se rendre et elle es Fate prisonnière, LR ne
Le 14 au matin, « La Néréide » jeta l'ancre non loin du fort. Dans la journée, « Le Sirius », une autre frégate anglaise. rejoint « La Néréide » et dans la soirée, après avoir laissé 130 hommes ! pour défendre le fort, ces deux vaisseaux partent pour lente un débarquement sur la côte du Vieux Grand Port, où ils sont. repoussés plusieurs fois par les colons. A
Ils décidèrent alors d'attendre des forces supérieures. « Le” Sirius » gagna le large, tandis que « La Néréide » alla jeter, l'ancre auprès du fort, que les Anglais fortifièrent le plus pos. sible. Ro en es . Le 29 Août au matin, les habitants de la côte virent, avec joie, | à l'horizon rougi par le lever du soleil, un signal. de la côte. annonçant cinq voiles. La joie était au comble, quand on apprit que c'était. Duperré avec sa petite marine enrichie de deux navires qu'il avait capturés : « Le Witham » et cLe-Ceylan». ù tous deux de 30 canons. L’émotion était grande. Que devait faire | Duperré ? Tout le monde avait confiance en l'Hlustre marie
Le Capitaine Willougby, commandant anglais du fort de de Îa Passe, reconnut Ia flotte française, et comprit le pt de sa situation. Le drapeau anglais fut remplacé par les couleurs françaises qui flottèrent et sur le fort et sur « La Néréide ancrée non loin. De plus, au mât du fort, les anglais arbom rent le signal : « l'ennemi croise au Coin de Mire ». Ne se doutant de rien et voulant entrer au Port Impérial avant de poursuivr l'ennemi, Duperré ordonne à ses vaisseaux d'entrer én colonn qu'il échelonne ainsi: « Le Victor » (20 canons), Lieutenant Félix Morice, « La Minerve » (48 canons), Capitaine Pierre Bot vet, « Le Ceylan » (30 canons), « La Bellone » (28 canons), Cap: ‘faine Victor Guy Duperré et « Le Witham ». À peine les deux premiers navires avaient-ils engagé la passe, que le signal et le couleurs françaises tombent, pour faire place au drapeau anglais puis les deux vaisseaux essuyaient une décharge à bout portant.
Duperré, ayant reconnu les couleurs françaises flottant sur le rivage el sur la ville de Mahé-bourg, ordonne à ses vaisseaux de forcer le passage, et réussit à y faire passer les quatre premiers qui répondirent vaillamment au feu meurtrier des Anglais. Ee > Witham retourna sur ses pas et alla prendre mouillage à La. Rivière Noire, où il fut pris par le Sirius. Les marins furent Oo faits prisonniers et le Witham conduit à Bourbon. ÉCARR Re
hemne
Sétoge
Duperré mouilla ses vaisseaux près du rivage de Mahé-bourg, non loin de la pointe Masulipatam, sous la protection des batteries de terre. Le Capitaine communiqua avec le Général Decaen et fut mis au courant de la situation. Le Général Decaen s’em-
ressa de renforcer les équipages, de remplacer les blessés qui firent débarqués et envoyés à Mahébourg, et d'envoyer à l’esca- dre des munitions de toutes sortes.
Le 22 au matie, une seconde frégate rejoint la Néréide. C'était le Sirius. Le Général Decaen ordonne à la division du Capitaine Hamelin, ancrée au Port Napoléon (Port Louis), et composée de l’Astrée, La Vénus et La Manche, de se rendre au Port Impérial pour livrer combat à la flotte anglaise. Vers l’après-midi, La Néréide et le Sirius lèvent l’ancre et se dirigent vers la division Duperré pour l’attaquer : mais, au quart de la route, le Sirius, qui était en tête, se jeta sur un banc de corail qui bordaïit le chenal. Il y resta toute la nuit et ne parvint à se mettre flot qu'à 10 heures le lendemain matin.
Peu après une heure, le 23, deux autres frégates. l’Iphigénie ef La Magicienne se joignent au Sirius et à La Néréide. Les frégates anglaises se préparent et à cinq heures de l'après-midi, elles lèvent l’ancre et se dirigent, sous petit foc et brigantine, sur l’escadre de Duperré qui les attendait de pied ferme.
La Magicienne, Capitaine Curtis, se dirige vers La Minerve, Capitaine Bouvet, L’Iphigénie, Capitaine Lambert, sur le Ceylan, Lieutenant Moullac, tandis que La Néréide, Capitaine Willoughby et Le Sirius, Capitaine Pym, se dirigent sur La Bellone, Capitaine Duperré. À 5 heures et demie, la première décharge a lieu et sème partout la mort. Le combat devient bientôt furieux. Des nuages de fumée, criblés d’obus, aveuglent les combattants. La Magicienne se jette sur un banc de sable et offre le travers. Dans cette position, elle ne peut se servir que de quelques-uns de ses canons. Le Victor attaque vaillamment le Sirius. Les embossures de la Minerve et du Ceylan sont coupées et ces vaisseaux ne pouvant plus se gouverner, viennent se jeter en travers de la Bellone, masquant ainsi leurs batteries, tandis que, par le travers, les Anglais concentraient tout leur feu sur La Bellone. La position critique échauffe le combat. Le Capitaine Pym, voulant suivre La Minerve et Le Ceylan, jette le Sirius sur un banc de corail. Alors les feux de la Minerve et de La Bellone sont dirigés sur La Néréide, qui est réduite au silence, trouée et encombrée de blessés à huit heures du soir.
À 10 heures et demie, Duperré est frappé à la tête par un éclat -d'obus et renversé sans connaissance sur le pont. Le Capitaine Bouvet, prévenu passe sur La Bellone. Avec un nouveau courage, Bouvet et ses officiers bondissent sur les pièces et lancent des coups meurtriers. Le carnage est terrible. Les décharges furieuses illuminent les ténèbres de nombreux éclairs. Sur le rivage, un grand nombre de colons admiraient dans cette lutte acharnée, la bravoure de leurs défenseurs sur des frégates brisées et désemparrées, flottant sur une mer ensanglantée et couverte de débris.
Vers 11 heures, les Anglais cessent le feu. Peu après, les Français font de même. Vers minuit, les Anglais recommencent le
no
combat el quelques terribles décharges s’échangent. A 1 heure, '
le combat cesse des deux côtés, jusqu'au lendemain.
Le 24 au matin, le Sirius avait échoué de l’avant. La Magicienne
offrant le travers est attaquée vigoureusement. Peu après, la.
Néréide baisse son drapeau et se rend. Le Lieutenant Roussin va
à bord pour en prendre possession. Sur le pont, on relève Wil-
loughby mortellement blessé, entouré d’une centaine de morts et.
de mourants. La canonnade dure jusqu'à deux heures. La Magicienne, répondant de temps à autre, tandis que l’on remarquait
que ses embarcations semblaient transporter ses marins sur les
autres vaisseaux. Dans la soirée, le feu se déclare à bord de la Magicienne et à üix heures, le vaisseau saute avec fracas.
Le reste de la nuit fut calme. On surveilla les Anglais, Landis : È
que les marins français inhumaient les morts de la Néréide.
Le 25 au matin, lelfeu fut dirigé sur le Sirius, qui ny répond que faiblement, avec ses canons de l'avant. -L'Iphigénie attaque violemment La Bellone, Le feu se déclare à bord du Sirius, qui
est abandonné. À 11 heures du matin, une explosion terrible
dispersa ses restes.
L’Iphigénie, seule à se défendre, persista pendant quelque | temps, puis se dirigea sur le fort de l'Ile de la Passe, chpEe
duquel elle mouilla.
La journée du 26 se passa à réparer les dégâts et La Bone
se prépara à livrer un nouveau combat tandis” que, dé teur -côté; ‘les Anglais n'ayant plus ni eau ni provises REA à se retirer de l'Ile de la Passe.
.. Le 27, au lever du soleil, la division Hamelin, sortant du Port- Napoléon. esl signalée au large. Elle était composée de La Vénus,
Capitaine Hamelin, La Manche, Lieutenant Dorval de Guy, L ee trée, Lieutenant Le Marrant et de la corvette L’ Entreprenant, Sous-Lieutenant Le Breton. Le Capitaine Hamelin entra en communication avec le Capitaine Lambert, de l'Iphigénie, dans laprès-midi, et lui conseilla de se rendre à discrétion. Les com-
munications continuèrent pendant la nuit. Le Capitaine Général
Decaen, qui s'était rendu à bord de la Minerve, et y avait arboré son pavillon, expédia auprès du Capitaine Lambert un officier porteur d’une dépêche ordonnant la capitulation de L'Iphigénie
et du fort. Le Capitaine Lambert capitula. À 10 heures, fa frégate,
et le fort furent remis aux Français et les couleurs ‘françaises
furent arborées, aux vives acclamations des colons en délire.
Le Capitaine Bouvet prit possession de l’Iphigénie. Les marins
prisonniers furent débarqués pour être ronvoe dans un MOIS, soit au Cap, soit en Angleterre.
Aussi doux. aimables et généreux après la victons que te. Rs pendant le combat, les habitants de l'Ile de France et les marins français s’empressèrent auprès des blessés et des prisonniers, que des chalouppes débarquèrent dans l'après-midi. La générosité chevaleresque naturelle des colons, les délicates attentions des © femmes et des enfants, adoucirent bientôt le chagrin des vaincus, et la souffrance des blessés. Dans la même chambre d’une jolie. “villa que l’on voit encore à Mahébourg, Willoughby et Duperré .
furent soignés ensemble et dans leurs conversations, ils oublièrent bientot tout ce qu'il y avait d’offensant dans les combats pour admirer leurs vertus réciproques.
C'est ainsi que se termina le glorieux combat de l'Ile de la Passe, qui fut acharné pendant trois jours et dans lequel la valeur des marins des deux nations s’offrirent à l’exemple et à l'admiration des générations futures. |
Prise de l'Ile de France par les Anglaïrs
29 Nov. - 3 Déc. 1810
Le 29 Novembre au jour, soixante-quatorze voiles sont signalées au Nord de l'Ile. On reconnut bientôt les Anglais, qui venaient s’emparer de l’île. À 10 heures, les vaisseaux mouillent au bras de mer du Mapou. À { heure, le débarquement commence. Le temps, qui était très beau, permit à l’Amiral Bertie de jeter à terre en deux heures quatorze mille hommes et 8 canons.
Quelques soldats qui défendaient une poudrière non loin de là se retiremi après avoir fait sauter la poudrière. À 3 heures de l'après-midi, les troupes anglaises avancent. Elles se dirigent pee capitale. une partie suivant la côte et l’autre par la grande roule.
A ces forces, Decaen opposait le Régiment de l’Ile de France de 809 ‘hommes, 1 bataillon des Colonies Orientales de 330 hommes, 2 compagnies d'artillerie de 100 hommes chacune, le bataillon des marins, de 500 hommes, la Garde Nationale, forte de 800 hommes au Port-Louis (750 hommes disséminés dans l'ile) et un bataillon de 400 noirs libres (500 autres disséminés dans les autres quartiers) : en tout, à peu près 4.200 hommes, dont 2.500 seuls étaient disponibles pour aller au devant des Anglais.
Ces forces, placées sous le commandement du Général Vandermaesen, sont partagées en trois colonnes commandées par le Major Lerch, le chef de bataillon Josset et le Commandant de [a Garde Nationale Latour.
Non loin de la Plaine des Tombeaux, la Garde Nationale de Rivière du Rempart, forte de 200 hommes, sous les ordres de M. Hubert Martin, est obligée de battre en retraite. Le Chef de bataillon Delort, avec une vingtaine d'hommes, rencontre cette troupe et l’arrête. A la tombée de la nuit, il pousse une reconnaissance dans les lignes anglaises. Une violente escarmouche
s'ensuit, et Delort est forcé de se retirer. Il s'empare d’un soldat anglais du 56e de ligne. … re Le 29 au matin, les Anglais font halte devant le Moulin à Poudre, Vandermaesen prend une position adossée à la Montagne Longue. Le Capitaine Général Decaen se porte ayx avant-postes, traverse la Rivière Citron pour aller reconnaître l'ennemi. HN culbute une avant-garde anglaise, mais bientôt il est contraint. de se retirer. Re
À, 5‘heures, l’armée anglaise avance, sous le commandement du Major Général Warde. Après quelques heures, une violente: escarmouche a lieu avec les Français qui se retirent lentement. En se retirant, ils essayèrent de détruire le pont sur la Rivière’ Tombeau, mais les troupes anglaises purent, toutefois, y passer. L’artillerie eut à traverser la rivière sous le feu des Français.
Bientôt. un régiment anglais gravit la Montagne des Signaux. Le 1er Décembre au matin, le Général Abercrombie traverse la Rivière du Tombeau et marche sur la capitale. Le Général. Vandermaesen, avec quelque 800 hommes du Régiment de Files nu de France et 3 canons, attendit que les Anglais furent à quelques. pas de lui et les assaillit par de violentes décharges. Les rangs anglais sont décimés. Les colons se défendent héroiquement et. livrent plusieurs : charges meurtrières contre l’armée anglaise, 10 fois supérieure en nombre. Craïignant d’être encerclé, Vas. dermaesen battit en retraite lentement : bientôt, le feu du fort Dumas ralentit la marche en avant des Anglais. A 0
Les Français perdirent soixante-deux hommes mis hors de combat et les Anglais plus d’une trentaine ; parmi les morts, les Lieutenant-Colonel Campbell et le Major Okeif ; parmi les bles: nu sés, le Colonel Keating. Du côté des Français, il y avait parmi les morts le Capitaine Sébille, et le capitaine Blin d'Illiers qui fuf enterré, ainsi que le Colonel Campbell, sur la place de l'Eglise. de Port Louis. Parmi les blessés, le Général Vandermaesen, le Major Lerch, l’Adjudant-Major Deshogues, le Capitaine Jour dheuil. les Lieutenants Morainville, Marlé Desjardins, Pigeot, de Carey, de Cherval. Re
Bientôt, les Anglais arrivent tout près des remparts de la ville. Le feu du fort Dumas (armé de 6 pièces de 18), bien dirigé, leur fait subir de grosses pertes. Ils se retirent deux fois pour se réorganiser. Sur les remparts, on remarque l’ardeur de la. Garde Nationale qui fait une résistance héroïque. Beaucoup de jeunes lycéens sont aussi dans les tranchées, Decaen et Vander-maesen se multiplient en présence du danger. Ils dressent un :
lan d'attaque et, avec 2500 hommes, veulent ouvrir le feu : e 2 Décembre au matin. Mais ils s’aperçoivent que toute l'armée
anglaise est prête à l’attaquer'et que la ville va être canonnée. Le bruit se répand que les Anglais arrivent aussi sur la capitale par Moka. Cette nouvelle était fausse. À ce moment, d'autres | navires sont signalés, C'était la division du Cap, qui allait débar-. quer à la Petite Rivière deux autres régiments anglais
Le Capitaine Général Decaen, dépourvu de munitions, VOA à qu'il allait être attaqué sur terre et sur mer, par des forces supé- :
ORNE a
rieures, demanda l'armistice, pour négocier une capitulation, Les Anglais acceptèrent une capitulation en dix articles qui fut signée le 3 Décembre à une heure du matin. Cette capitulation si honorable. proposée par le Général Decaen, fut acceptée grâce à M. Farquhar, le nouveau Gouverneur, qui avait mission de rattacher l’île à l'Empire Britannique en évitant autant que possible toute violence. |
Les principaux articles de la capitulation portaient que les troupes, tant de terre que de mer, officiers, sous-officiers et soldats, les autorités civiles, ne seraient point prisonnières de guerre. qu'elles emporteraient leurs effets et bagages et seraient transportées en France, ainsi que leurs familles, aux frais du gouvernement Anglais. Les propriétés des, habitants, quelles qu'elles soient. leur religion, leurs lois et leurs coutumes seraient respectés. [Il serait accordé deux ans aux habitants pour jouir de la faculté de quitter la Colonie avec leurs propriétés, pour se rendre aux lieux qu'ils voudraient. ;
Le 3 Décembre au matin, le drapeau anglais prenait la place des couleurs françaises sur les édifices publics. L’héroïque garnison de l'Ile de France idéfila dans les rues de la ville et fut vivement acclamée.
L'He Maurice sous les Anglais
Le nouveau Gouverneur, à son arrivée peu enthousiaste de son poste, découvrit bientôt, dans :le colon de l’Ile de France, représenté comme turbulent, rapace et de caractère violent, un homme instruit, doux, tranquille, laborieux, modeste, hospitalier et généreux, appréciateur du vrai mérite et de la justice. La réorganisation du Gouvernement et de la Police furent les objets des premières proclamations, dans lesquelles le nom de l'Ile de France fut changé en « Mauritius », Port Napoléon et Port Impérial en Port Louis et Grand Port. M. Farquhar adopta un gouvernement à peu près semblable à celui de Decaen : de 1810 à 1825, il fut le maître absolu. Les Cours de Justice furent maintenues, sauf de légères modifications, et M. John Shaw fut nommé Chef-Juge. Quelques petits événement rappelaient parfois des souvenirs pénibles : mais colons et nouveaux fonctionnaires faisaient de leur mieux pour dissiper ces nuages passagers. inséparables d’un aussi grand changement.
Le Major Général Warde remplaça M. Farquhar, du 8 Avril au 11 Juillet, quand ce dernier reçut du Prince Régent sa nomination Officielle de Gouverneur des Iles de Bourbon et Maurice. La petite vérole, introduite en Août 1811, fait peu de progrès,
its
grâce au vaccin. Le 25 Juillet 1812, eurent lieu, au Champ de | Mars, les premières courses. Cette fête attira en ville une foule venue de tous les points de l’ile. | ee
Le 14 Janvier 1813. l’acte d’abolition de la traite des noirs est publiée à Maurice. M. Farquhar reconnaissant le danger de la promulgation immédiate de cette proclamation, décida de ne. pas insister pour sa mise en vigueur pendant quelque temps. l fit appel à la bonne volonté et au concours désintéressé | des colons. Cette conduite devait lui attirer des désagréments. en Angleterre, où il fut bientôt accusé d’avoir encouragé le commerce des esclaves. La rage apparaît, pour la première fois, dans la Colonie à la fin du mois : 3.000 chiens sont abaitus par ordre du gouvernement. Le 28 Juin, l'Orient, un vaisseau
contenant de la poudre, prit feu et fit explosion en rade: 2
jeunes Mauriciens perdirent la vie dans cette catastrophe.
Pendant le mois d’Août. Lord Moira, Gouverneur Général de l'Inde, de passage à Maurice, fut reçu avec enthousiasme par les habitants de l’île Maurice, qui voulaient lui témoi gner leur reconnaissance pour sa conduite généreuse envers les prisonniers français dans l'Inde. Fe
Le 15 octobre, le Traité de Paris fut publié à Maurice. L'Île était donnée définitivement aux Anglais, tandis que Bourbon
redevenait Français. Port-Louis fut aussitôt ouvert au commerce,
et l'île bénéficia de la levée des restrictions. mn L'année 1816 fut marquée par un terrible incendie, qui consu-
ma le quart de la ville de Port-Louis. Le feu commença à 14
Rue de l'Hôpital, à 7 ‘heures du soir et à 10 heures, tout était consumé jusqu'à la Rue de l'Eglise. Le Gouverneur se multi plia et fit des prodiges pour aider les sinistrés. Les bâtiments publics furent mis à leur disposition, tandis que de nombreuses
distributions de lingerie et de vivres leur étaient prodiguées. Le soleil du 26 au matin, ;obscurci pendant plusieurs heures par les fumées denses sortant des: décombes, brilla bientôt sur les
ruines des plus beaux bâtiments de Ia capitale. Des plaintes, des pleurs, du désespoir remplaçaient dans le cœur de beaucoup: de colons l’aisance de la ‘veille. Un chagrin général se substitua à la joie si paisible de la petite colonie. | AL
Le 8 Septembre 1817, M. Farquhar institua, dans chaque quar-
tier de l’île, un « Conseil de Commune », sorte de « Conseil Municipal ». Le 19 Novembre, il partit en congé. À son départ,
les colons lui firent une touchante manifestation, en signe de reconnaissance des peines qu'il avait prises pour concilier la nouvelle colonie, | ps
Le nouveau gouverneur par intérim, Major général Hall, très sévère, était hanté de l’idée que le commerce des esclaves continuait sur une grande échelle. Il fit promulguer à cet égard une. série de réglements vexatoires. Dans la nuit du 28 Février 1818, un violent ouragan causa d'énormes dégâts. La population souf-. frit bientôi du manque de vivres : les communes insistèrent pour des secours immédiats. Le Général estimait, de son côté, que la situation pénible de la colonie était beaucoup exagérée. Comme