‹ L'histoire de l'Île Maurice, 1705-1914Chapitre 5 sur 7 · HAUT · texte numérisé non relu

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les Conseils des Communes ne lui donnaient aucune assistance pour réprimer le commerce des esclaves, il les abolit. Quelque temps après, il suspendit le Chef-Juge M. Smith, le Greffier de la Cour, le Procureur Général M. Virieux et le Collecteur des Douanes, Colonel Draper, parceque la Cour s'était déclarée incompétente dans une affaire d'articles de contrebande saisis sur un bateau en rade. En Novembre, ces divers fonctionnaires furent réintégrés par le Secrétaire d'Etat et le Major Général Hall fut rappelé. Il laissa le commandement au Colonel Dalrymple, qui ne fut que deux mois gouverneur intérimaire, jusqu'à l’arrivée du Major Général Darling le 5 Février 1819. Le Colonel Dalrymple avait rétabli les Conseiis de Communes.

Le 25 Janvier, un violent cyclône endommagea le Collège Royal et 5 vaisseaux furent coulés en rade. Le Major Général Darling était animé de très bonnes intentions, mais il était trop faible de caractère et se laissa mener par quelques fonctionnaires hostiles aux colons. Le 19 Octobre, le vaisseau « Topaz », venant de Ceylan, et sur lequel on-avait remarqué des cas de maladies semblables au choléra, reçoit permission d'entrer en rade. Ne faisant aucun cas des conseils des Communes, le Gouverneur aulorisa l'équipage à descendre. Le 18 Novembre, le choléra apparut à Maurice et se transforma bientôt en une terrible catastrophe. La ville devint déserte ; les morts étaient trop nombreux pour être enterrés. Les Conseils des Communes blâmèrent sévèrement le Gouverneur : celui-ci les supprima.

Le 5 Juillet 1820, M. Farquhar reprit ses fonctions. Il avait été se défendre en Angleterre contre l'accusation d’avoir sacrifié les intérêts britanniques pour acquérir de la popularité à Maurice. Sir Robert continua ses appels à la population pour faire cesser le commerce des ‘esclaves : bien que ce commerce ne fut pas réprimé entièrement, il fut, toutefois, réduit de beaucoup, sans mesures vexatoires.

En Février 1822, des bandes de noirs marrons se réunirent sur le versant du Pouce, sous le commandement de Ratsitatane et décidèrent d'attaquer Port-Louis, pour délivrer les autres noirs. Le 22 au matin, un régiment alla à leur rencontre, pendant qu'ils descendaient la montagne : après quelques coups de fusil, la bande fut disperséc et Ratsitatane, Latulipe et 25 autres furent

ris. Les deux premiers furent pendus et leurs têtes exposées à l'endroit de leur rassemblement, au versant de la montagne.

Sir Robert Farquhar quitta l’île le 20 Avril 1823, vivement regretté des colons. Le:Major Général Darling remplit l’intérimat jusqu’à l’arrivée de Sir Lowry Cole, le 13 Juin de la même année.

Doux, loyal et actif, le nouveau Gouverneur sut bientôt se faire aimer, Il se mit aussitôt à travailler pour la prospérité de l’île et encouragea beaucoup l’agriculture. En raison des violents cyclônes qui visitaient l’île constamment, les colons préférèrent e culture de la canne à sucre à celle du café, de l’indigo et du girofle, L’exportation du sucre colonial était sujette à un impôt de 10/- par cwt (en faveur du sucre des Indes occidentales). Ce droit de douane, imposé au détriment du sucre de Maurice, fut le sujet

de plusieurs protestations de Sir Robert Farquhar au Min tr compétent, mais en vain. Sir Lowry Cole protesta de nouveau : droit de douane fut aboli en Juin 1825. De belles routes furent construites. Le beau cheminide Port-Louis à Mahébourg et à Île Savanne par les Plaines Wilhems, commencé en 1817, fut achevé en 1824 On se rendait d’un endroit à l'autre, à cheval, ENT heures. À Curepipe, on trouvait au sein d’une épaisse forêt, un auberge où l’on était bien traité et logé. Des moulins A vapeu sont introduits dans l’île «et les plantations de cannes à sucre augmentent considérablement, La Coupe de, 1827 atteignit. 45 millions de livres, tandis que celle de 1825 était de 20 Frs de livres. Pr

En Février 1825. un Conseil du Gouvernement est formé, composé de hauts fonctionnaires : sa première réunion as “Leu

le 19 Août.

: Le Major Colebrook, MM. Blair et Brigg. A d’une. cp Re d'enquête sur les administrations du Cap, Ceylan et. Maurice. arrivent en cette dernière île, le der Octobre 1826 et y restent 18 mois. En 1828, ils publièrent leur rapport, qui contenait, avec très peu de suggestions raisonnables, des accusations. exagérées sur la traite des esclaves à Maurice. Sir Charles Colville prit les rênes du Gouvernement le 18 Juin 1828. Am départ de Sir Lowry, les colons lui présentèrent une touchante nu adresse el une magnifique pièce d’argenterie comme Souvenir Sir Charles étail aimable, mais pas fort de caractère. El Ful Apnelé à gouverner l’île pendant la période de la mise en vigueur de l'abolition de l'esclavage, période qui devait être. très Inouve à mentée. « L’Anti Slavery Society », à Londres, réussit à faire re au Parlement une série de mesures vexafoires touchant

‘émancipation des esclaves. Un protecteur des Immigrants fut nommé pour Maurice, avec des pouvoirs extraordinaires et dès son arrivée, se montra insupportable. Considérant la gravit d’une émancipation immédiate de tous Les esclaves, des planteurs venant de toutes les parties de l’île tinrent des meetings de. protestation à Port-Louis, le 17 Septembre 1830: ESS Rire d'envoyer, pour défendre leurs intérêts à Londres, Adrien dEpi nay, le grand Mauricien qui s'était fail remarquer, dès son. èn= fance, par son éloquence et son ardent patriotisme: I partit le 10 Octobre, pour défendre la Colonie auprès du Gouvernement € la Métropole et obtenir des compensations pour dédommager les propriétaires d’esclaves qui seraient ruinés sans avoir pu obtenir une aide efficace de la part du Gouvernement. De retour dans la Colonie, le 25 Octobre 1851, d’Epinay avait obtenu pour. elle la liberté de la presse et l'autorisation de créer une banque et une chambre d'agriculture, Il avait aussi obtenu que le Conseil du Gouvernement fût composé de hauts fonctionnaires et d'honorables habitants choisis par le Gouverneur, Au sujet des. esclaves ; il avait la promesse « que les colons seraient satisfaits ».

Le nouveau Conseil du Gouvernement tint sa première réunion le 23 Fé évrier 1832. Un ordre en Conseil, du 21 Novembre 1831, publié à Maurice le 24 Mars 1832, soulève les noirs, qui proférent dd. menaces de mort contre les colons. Ils se révoltent

en plusieurs endroits et mettent le feu à certains établissements. Les Colons demandent à s'organiser en corps de volontaires pour se défendre. Le Gouverneur accepte et bientôt le nombre des volontaires atteint 2500. M. Adam, Colonel Français retraité est

nommé Commandant. On s'exerce tous les soirs sur différents

points de l’île.

M. John Jérémie, Chef-Juge à Ste-Lucie, est nommé Procureur Générai à Maurice. Comme il était l’auteur de violents articles parus à Londres sur le traitement des esclaves à Maurice, les colons virent en lui un agent de « L’Anti Slavery Society », envoyé dans l’île pour pousser à l’émancipation des esclaves. Jérémie arriva le 3 Juin 1832. La nouvelle de son arrivée fut connue dans toute l’île l'après-midi. Une multitude de colons marchant la nuit, se rendirent à l'Hôtel du Gouvernement le lendemain matin, et demandèrent le retour immédiat du nouveau Procureur Général. Le commerce de Port-Louis fut suspendu, le bazar et toutes les boutiques furent. fermés. La grève générale, appelée « Inertie » est proclamée. A son arrivée à Port-Louis, 10 adresses sont présentées au Gouverneur, demandant qu'il ne soit pas permis à M. Jérémie de débarquer. Le Gouverneur promet qu'il ne débarquera que le lendemain et demande. au peuple de se calmer. Le lendemain, à 6 heures du matin, Jérémie débarque sous une forte escorte militaire : le tumulte devient indescriptible, Jérémie prend son siège au Conseil, au miliey d’une agitation sans précédent. Les esclaves se révoltent en 20 endroits différents. L'arrivée de volontaires fait partout cesser le désordre semé par les esclaves. Mais les boutiques restent fermées. Le 12, les débardeurs en rade se mettent en grève. Le 22, était le jour fixé pour l'installation officielle à la Cour de M. Jérémic. comme Procureur /Général ; mais la cérémonie est , renvoyée, M. Virieux, le Vice-Président, étant absent.

À sa sortie du bâtiment, Jérémie, quoique escorté, est hué el bousculé. À la rue du Gouvernement, la police charge la foule, qui riposte avec des parapluies. Les militaires sont appelés ei chargent, blessant quelques colons. Depuis le 15 Juin, toutes les boutiques de l’île avaient imité celles de la capitale. La situation devint sérieuse. Le 7 Juillet, le Gouverneur consulta le

Conseil. qui se décida, à une grosse majorité, en faveur du renvoi immédial de Jérémie. Le Gouverneur pria alors ce dernier de s’en aller. Les boutiques s’ouvrirent alors après 45 jours de grève. Jérémie s’embarqua le 24 Juillet, promettant aux colons de leur faire expier leur conduite envers lui. A son arrivée en Angleterre, il décrivil la population comme une bande de dangereux rebelles qui avaient pris les armes pour faire opposition au Gouvernement de Sa Majesté. Le Secrétaire d'Etat, furieux, décida de renvoyer M. Jérémie, avec des troupes, à Maurice.

Sir Charles Colville, fatigué de la lutte, demanda son rappel et fut remplacé, le 30 Janvier 1833, par Sir William Nicolay C. B. À son arrivée, Sir William, sur les instructions du Secrétaire d'Etat, suspendit de leurs fonctions, Adrien d’Epinay, membre du Conseil, Virieux, Vice-Président de la Cour et le Colonel Draper, Collecteur des Douanes, qui, tous, avaient voté le renvoi

— 36, — oe nn

de Jérémie Une proclamation licencia les volontaires sous péine

de mori et la loi martiale fut proclamée, Les colons décidèrent

d'envoyer d’Epinay une seconde fois à Londres pour exposer

les faits au Secrétaire d'Etat. D’Epinay partit avec le Gouverneur

Colville le 26 Février 1833. Le 29 Mars, Jérémie débarqua. Les colons avaient décidé de rester très calmes. Cela exaspéra Jérémie qui suggéra au Gouverneur que les colons préparaient une révolte des plus sérieuses. Une proclamation, datée du 26 Mai, ordonne

alors aux volontaires de remettre au Gouverneur lès armes, mupitions et canons en leur possession. Comme ils n'avaient,

pour la plupart, que des fusils de chasse, la proclamation n'eut.

aucun résultat. M. Adam, qui avait été nommé Commandant des

Volontaires est tenu responsable et expatrié par ordre du Secré taire d'Etat (5 Juillet). Jérémie décida, quelque temps après, de

faire reprendre l'affaire de quelques jeunes gens de Mahébourg qui, indignés de la facon dont on devait trailer les propriétaires d'esclaves, s'étaient réunis et avaient voulu marcher sur Port- Eouis. En Août 1833, MM. Brodelet, de Keating. de Fenouillot, de Robillard, Bignoux et Grandemange sont arrêtés par ordre du Procureur Général et emprisonnés pour haute trahison. Ces. prévenus passèrent 210 jours en prison, tandis que Jérémie questionnait le juridiction de la Haute-Cour pour une affaire

aussi sérieuse, Il voulut influencer le Gouvernement, qui soumit la question au Conseil. Celui-ci rejeta la requête de Jérémie |

et le blâma sévèrement (20 Janvier 1834). L'affaire de la grande conspiration commença le 10 Mars, et occupa 18 longues audien-

ces pendant lésquelles Jérémie, qui soutenait l'accusation, montra

son caractère vindicatif et incapable de maîtriser sa colere. Prosper d’Epinay et 3 autres avocats défendirent les aceusés, qui furent acquittés le 29. Jérémie fit alors appel au Conseil

Privé. Le Secrétaire d'Etat, mis au courant de son attitude

envers la Haute Cour de l'Ile et du laps de temps qui s'était

écoulé entre l'arrestation et le jugement des accusés, suspendit.

Jérémie de ses fonctions (29 Août 1834). Reddie, Juge à la Cour,

quittèrent l’île le 29 Octobre suivant. M. Adam fut autorisé à retourner à Maurice et revint le même jour qu’Adrien d'Epinay

(1e janvier 1835): 10000 colons leur firent, sur le quai uns =:

ovation monstre.

Le

Quelque temps après, le calme se rétablit. Le 1e Février, .

l'émancipation graduelle des esclaves commença et fut poursui-

vie assez tranquillement. Après un séjour de quelques mois dr Maurice, Adrien d'Epinay partit pour France où il mourut en Décembre 1859, victime de son inlassable dévouement à son île

bien-aimée. (

En Octobre 1835, le port de Mahébourg fut rouvert au com- 2

merce et bientôt, cette belle rade abritait 15 vaisseaux. Le 12

Octobre 1838, les colons, réunis en plusieurs meetings, deman- .

dèrent l'immigration indienne pour remplacer les esclaves aux. €champs. “e : AE ns Pendan: les derniers jours d’Août 1839, eut lieu un incident

qui aurai’ pu avoir des conséquences très graves. Deux frégates

‘ FRA REES : RATE de k fe qui avait soutenu Jérémie, fut aussi suspendu. Ces fonctionnaires

LEE y des

françaises : « L’Iser », Capitaine Le Barbier du Tinant et « Le Lancier », Capitaine Le Chaufray, ancrèrent au Trou Fanfaron

pour se faire réparer. Une semaine s’écoula, quand le vaisseau

- anglais « Greenlaw », Capitaine Driver, ancra au même endroit. En faisant sécher des pavillons que les capitaines français avaient

mis à la disposition de familles qui les avaient invités à des bals

à terre, les marins français, sans mauvaise intention. avaient

placé les couleurs anglaises au dessous de toutes les autres. Le

Capitaine Driver crut à une sérieuse offense et ordonna que le drapeau français fut placé à l'arrière de son navire, trainant

dans l’eau.

Un officier français se rendit à bord du « Greenlaw » et

expliqua que les drapeaux anglais ayant été placés sans aucune

intention d'offense, il demandait de relever le drapeau français. Le Capitaine. Driver refusa, l'incident fut rapporté au Gouver-

neur, qui ordonna au Capitaine Driver d’arborer le drapeau fran- -Ççais au haut du mât de son navire.

Quelques jours après, le Gouverneur ordonna aux Capitaines Français de faire de même avec les couleurs anglaises. Les officiers refusèrent, disant qu'ils n'avaient aucun tort à réparer. Le Gouverneur, alors, interdit aux vaisseaux français toute

. Communication avec la terre. Ignorant cette défense, le Capi-

taine Barbier’ dîna chez un ami : il retournait à bord, très tard dans la soirée, quand il fut arrêté et mis en prison jusqu’au lendemain matin. Il fut relâché sur l’ordre du Gouverneur. Les 2 frégates partirent alors. pour la Réunion. L’incident fut le sujet de très longues correspondances entre les deux gouvernements.

: Sir William Nicolay quitta l’île le 20 Février 1840. Le Colonel

. Power, Commandant des Troupes, fut nommé Gouverneur par

intérim. Le 26 Mai, les restes d’Adrien d'Epinay furent débarqués à l'Ile Maurice où ils devaient être enterrés d’après le désir du défunt. Le 1er Juin, ses funérailles eurent lieu avec un cortège d'un mille de long. L’illustre Mauricien fut enterré au cimetière

des Pamplemousses.

Sir Lionel Smith prit les rênes du Gouvernement le 6 Juillet. Actif et aimable, il S'occupa beaucoup de l'immigration indienne, mais il mourut le 2 Janvier 1842, d’une pneumonie contractée au chevet de sa femme qui succomba ensuite le 5 du même mois. Le Colonel Staveley administra le Gouvernement jusqu’à larrivée de Sir William Groom K. C. B. le 21 Novembre 1842. Quelque temps après, l’autorisation formelle de l'immigration indienne causa beaucoup de joie aux planteurs. En 1843, la colonie traversa une crise financière très sérieuse. En Avril 1844, une terrible épizootie causa la mort de 29.000 animaux, dont 12.900 bœufs. Le 15 Septembre 1846, un Ordre en Conseil, promuigué après la prise en considération d’une pétition d’une partie de la population, ordonna, qu'à dater du 15 Juillet 1847, seule la langue anglaise aurait force de loi devant les cours supérieurs de l'île. Grande fut la consternation de la majorité des colons qui avaient proftesté énergiquement contre cette nouvelle défrancisation.

Un jeune et brillant avocat de l’époque, Me Celicourt Antelme,

Sr en français, pour la dernière fois, le 14 Juillet 1847 devant la Cour d’Assises. Usant d’un stratagème bien connu Me Antelme fit traîner l'affaire, de façon à la terminer au premier. coup de minuit qui résonna à l’horloge de la. Cathédrale voi sine. Alors, dans une péroraison remarquable, il fit ses adieux à | la langue française, arrachant des larmes à un nombreux audi toire. La foule qui se tenait aussi en dehors du se Jai fit une brillante ovation quand il quitta le tribunal. | e

Au mois d’Août 1848, les habitants de Port- Louts Un Fi tenir un meeting à l’« Hôtel d'Europe » qui se trouvait sur l’emplacement de l’'Hôtel-de-Ville actuel, pour demander au Gouverneur de nommer un Comité qui s'occupât spécialement de. la capitale. La police empêcha le meeting. Les habitants péti tionnèrent le Secrétaire d'Etat, qui approuva leur requête. La . Corporation Municipale fut constituée par l’Ordonnance No 16 rod de 1849. préparée par le Procureur Général Prosper” d'Epinay. po

Sir William Groom quitta la Colonie le 5 Mai 1849, laissant … le Colone! T. Blancard en charge du Gouvernement jusqu'au. 21. date à laquelle le Colonel Sweeting fut nommé Gouvernew par intérim, en attendant l’arrivée de Sir George Anderson, qui eut lieu lle 8 Juin. En Septembre, des billets de Rs. 5 et Rs. 40 furent mis en circulation pour la première fois.

Les 21, 22 et 23 Février 1850, eurent lieu les premières tions municipales. 600 électeurs votèrent et les 18 Conseillers ro furent proclamés le 28. Le 4 Mars, le Gouverneur fit choix de : M. Louis Léchelle comme Maire, et de M. Félix Koening comme Député-Maire. (En 1903, le nombre de Conseillers fut réduit. He. 12, trois pour chacun des 4 Wards).

Le 8 Janvier 1851, Sir James Macaulay Higginson, à Maurice comme Gouverneur. Désirant étudier à fond le caractère des habitants de l’île, et faire tout son possible pour leur être utile, il visita les quartiers et questionna la popul lation. En 1852. l'immigration indienne recommença après avoir été arrêté

endant quelque temps. Malgré sa nécessité vitale pour remplacer a main-d'œuvre nègre, les habitants craignaient beaucoup l'introduction dans l’île des terribles maladies contagieuses sévissant dans l’Inde, Le 24 Mars 1854, le vaisseau « Sultana » arrivait à Port-Louis avec le choléra à bord, Bien que le bateau fut pla ‘en np la maladie fit son apparition, aux Prisons Cen: trales, le 15 Mai, et quelques jours après, ravageait la population Le nombre de morts, à Port-Louis seur, atrergnit le 9 Juin 207. Des scènes émouvantes eurent lieu, Les familles qui ne disparurent pas complètement furent plongées dans un deuil atroce par la perte de plusieurs membres de la même maison, enlevés ; brutalement et sans soms. Des charrettes traversaient | la ville avec une petite sonnelte : les parents y jetaient le corps d'un de: leurs qui, aussitôt recouvert de chaux, partait pour la fosse com mune. Le fléau cessa en Août, ayant ‘fait 7.650 victimes sur une population de 170.000 âmes. En Mars 1856, il réapparut ave violence et fit rage jusqu’en Juin, causant la mort ie ue PE sonnes. a ee

Set a

Le 10 Septembre 1857, le Gouverneur quitta la Colonie. Le Major Général Hay gouverna par intérim, jusqu'à l’arrivée de Sir William Stevenson K. C. B. le 21 du même mois. Très sympathique, franc et sincère, le nouveau Gouverneur fut bientôt beaucoup aimé des colons. Sir William avait demandé la nomination d'un ingénieur pour établir des lignes de chemin de fer dans l’île. M. Longridge fut nommé et débarqua à Maurice le 10 Juillet 1858. Son rapport et ses plans, soumis au Conseil, furent adoptés le 24 Février 1859, et les travaux furent commencés immédiatement. Le 30 Août, la belle statue de Labourdonnais, placée sur le quai de la ville construite par lui, fut inaugurée en grand2 cérémonie. Le 18 Juillet 1860, un grand bal donné au Réduit. à l’occasion du mariage de Mlle Stevenson avec un Lieutenant du Génie, réunit un grand nombre de colons, qui appréciérent de près les manières charmantes et la sincérité courtoise de Sir William et de Lady Stevenson.

Le 25 Août. de fortes secousses de tremblement de terre furent ressenties au Grand Port. Sir William, qui était souffrant depuis quelque temps, mourut le 9 Janvier 1863. Ses funérailles eurent lieu le 12, à Moka, au milieu d’une foule d’habitants reconnaissants. À un meeting tenu à l’Hôtel-de-Ville de Port- Louis, quelque temps après, il fut décidé d'’ériger une statue à la mémoire du défunt. L’exécution de cette statue, ainsi que celie d’Adrien d'Epinay, fut confiée au fils de ce dernier, célèbre sculpteur. Le Major Général Johnstone remplit les fonctions de Gouverneur, jusqu à l’arrivée, le 26 Novembre, du Gouverneur Sir Henry Barkly K. C. B. De nombreuses inaugurations eurent lieu sous l'administration de celui-ci. L'installation sur la Montagne des Signaux, d’une boule électrique tombant à heure fixe

our donner l'heure exacte, fonctionna pour la première fois e 31 Décembre. Le 23 Mai 1864, la première ligne de chemin de fer. celle du Nord, est ouverte au trafic. Une grande exposition horticole à l'Hôtel du Gouvernement, les 15 et 16 Juin, attire une foule choisie. Trois grandes compagnies financières sont formées à Maurice en 1854, « The Mauritius Land and Credit Society » « Le Crédit Foncier de l’Ile Maurice » et « The - Credit Foncier of Mauritius ». Cette dernière existe encore. Le beau pont sur la Grande Rivière Nord-Ouest est achevé le 10 Juin 1865. et la ligne de chemin de fer du centre, longue de 31 milles. est ouverte au public le 19 Octobre suivant.

Le 9 Novembre, les rues et'les maisons de la ville de Port- Louis sont allumées au gaz. Quelques tristes événements eurent lieu pendant ce temps. Le Révérend Père Laval, un saint missionnaire qui avait converti plus de 5.009 âmes de la population non éclairée, à la foi catholique romaine, mourut le 9 x tembre 1864. Ce fut un deuil général et une grande perte pour la Colonie. dont il était vénéré. Le 12 Février, après des pluies torrentielles, une inondation sérieuse causa d'immenses dégâts aux maisons et aux cultures : 21 personnes furent noyées à Port-Louis et 15 dans les districts.

L'’inauguration de la statue d’Adrien d’Epinay, le 26 Septembre 1866, au jardin de la Compagnie, et de celle du Gouverneur

= 40 — Fa

Stevenson devant l'Hôtel du Gouvernement, le 20 Juin 1867, eurent ee

lieu en grande pompe, au milieu d’une nombreuse assistance,

désireuse de témoigner sa reconnaissance à deux ardents bienfais

teurs de la Colonie.

En Décembre 1866, une épidémie de fièvre paludéenne éclata

sur le littoral et ruina le pays, tant au point de vue de sa. salubrité que de sa richesse. He L'épidémie fit rage surtout à Port-Louis, aux Pamplemousses et à Mapou. Le nombre de victimes, pendant le mois d'Avril 1867. atteignit 7.850 : en Juillet, 31930 décès (un peu

moins que le septième de la population) avaient été enregistrés.

Les hôpitaux ouverts dans de nombreux endroits furent

envahis et les morts étaient charroyés comme au temps des

épidémies cholériques. Le Cimetière de l'Ouest fut agrandi. En Avril. on fut obligé d'ouvrir celui du Bois Marchand. Beaucoup de personnes quittèrent le littoral, où la fièvre sévissait avec. rage et allèrent. habiter sur les hauts plateaux de l'ile. De now veaux centres se formèrent. Port-Louis, la capitale, perdit de son importance, tandis que les petits villages de Beau Bassin, Rose

. Hill, Phœnix Vacoas et Curepipe (aujourd'hui ville masne.

fique), gagnèrent, chaque jour, en extension et en importance. La fièvre sévit encore à Maurice où elle cause de nombreux -

décès, tous les ans, principalement parmi la population pauvre. a Pendani la première quinzaine de 1868, un ilot, depuis appelé

« L’ilot Barkly », du nom du gouverneur, se- forma à l'entrée de la rade de Port-Louis, après un violent raz de marée. Les 11 et 12 Mars, un des plus violents ouragans enregistrés à Maurice ravagea l’île et détruisit complètement la coupe. A Port-Louis, les trois églises catholiques, la cathédrale protestante et une trentaine des plus beaux bâtiments furent singulièrement en-

dommagés A la campagne, les dégâts furent aussi sérieux. Une

centaine de décès furent enregistrés. Les lignes ferrées furent

détruites en plusieurs endroits, le toit de la plupart des gares, : ;

enlevé. et la moitié du pont sur la Grande Rivière emporté

Sir Henry et Lady Barkly quittèrent l’île le 3 Juin 1870, ie Brigadier Général Selby remplit les fonctions d’Officier-Administrant jusqu'à l’arrivée de Sir A. Hamilton Gordon, le 12 Octobre. suivant. La visite de leurs Atlesses Royales le Duc et la Duchesse d'Endinburgh. qui dura du 24 Maï au 3 Juin 1871, suscita un. réel enthousiasme. Des colons, venus de toutes les parties de l’île, acclamèrent leurs Altesses. Des banquets et des bals leur

procurèrent l’occasion d'apprécier les qualités des habitants …

de l'île.

Peu sie son arrivée, un prussien qui vivait à Maurice, un

certain Plevitz, dans le but de soulever les Indiens, fit paraître …

un libellé, resté tristement célèbre : il sy lamentait sur la cond tion pénible des Indiens à Maurice, déclarant qu'ils y étaient

traités comme des esclaves. Les habitants s’indignèrent de cette calomnie : la Chambre d'Agriculture réclama une enquête. La. Commission Royale d’Enquête, composée de MM. William Edward Frère, Victor Alexandre Williamson et d'un secrétaire, dé-

AU ns

barqua à Maurice le 7 ‘Avril 1872, et y séjourna jusqu'en Octobre 1873. Malgré les brillants efforts de Virgile Naz, William Newton et George Guibert, qui défendirent la Colonie, le rapport de la Commission, publié en Avril 1875, recommanda une série de mesures pour protéger les Indiens. Une épidémie de rougeole, qui dura d'Octobre 1873 à Mai 1874, causa la mort de 2.400 personnes. Sir Arthur Gordon quitta l’île le 30 Septembre 1874. L’honorable E. Newton, Secrétaire Colonial, fut nommé Gouverneur par intérim jusqu’au 21 Novembre, date à laquelle le Gouverneur Sir Arthur Purves Phayre K. C. $. I, C. B. débarqua. Il devait exécuter la plupart des mesures recommandées par la Commission d’'Enquête sur le traitement des Indiens. Pendant le courant de l’année 1877, plusieurs ordonnances furent volées, pour réglementer la construction et l'entretien des camps d’engagés sur les propriétés sucrières. Ces lois, dont la lupart sont encore appliquées, furent mises en vigueur en 1879. a ligne de chemin de fer de Souillac, de 10 milles de long, fut inaugurée le 1er Janvier 1878. Lea 4 Avril, Sir George Ferguson Bowen G. C. M. G. prend les rênes du Gouvernement, Sir Frederic Napier Broom est nommé Lieutenant Gouverneur — un nouveau poste —. Il remplace le Gouverneur Bowen, qui passe presque tout son temps en congé hors de Ia Colonie.

Pendant l’année 1879, une épizootie ravage les bestiaux et 30.009 bêtes périssent. Un violent ouragan, en Mars, cause de grands dommages. Le 14 Juin 1880, la ligne de chemin de fer de Moka est inaugurée. Depuis l’époque de l'établissement des Français, il existait une loi obligeant les propriétaires à ne pas déboiser une surface de cinquante pieds des deux côtés d’une rivière, et cela, pour la protéger des ardeurs du soleil. Un ingénieur. M. Thompson, envoyé par la Métropole pour étudier l’intérieur de l’île, soumit un grand plan de reboisement. II proposa que les cinquante pieds exigés fussent portés à cent cinquante pieds. De violents débats eurent lieu au Conseil, tandis qu'e1 deux grands meetings (les 5 Juillet et 8 Septembre), les colons protestèrent ; car il n'était alors aucunement question de donner aux propriétaires une indemnité. Le Gouverneur nomma alors un Comité de Bois et Forêts et la question fut tranchée par la suppression des principales innovations recommandées dans le rapport de l'expert. «

Sir John Pope Hennessy.

C'est le 2 Décembre 1882 que Sir John Pope Honnessy ut nommé Gouverneur et Commandant en chef de Maurice et de

«Ses »

dépendances. Commandeur de l'Ordre de Saint-Michel et Saint : : Georges et Chevalier de l'Ordre de Malte, Sir John, qui avait

été membre de la Chambre des Communes, jouissait d'une

grande réputation comme écrivain et comme orateur. Irlandais

au cœur chaud, partout où il para il combattit l'oppression. Aux Barbades. à Hong Kong, il se heurta aux difficultés que lui suscitèrent des adversaires peu scrupuleux. Aux Barbades, on demanda même son rappel. C’est le 3 Juin 1883 que Sir Johu débarque à Maurice: Il passa les premières semaines de son administration à étudier le caractère des Mauriciens, se renfermant dans une attitude expectante qui excita l’étonnement. :

Pourtant, bientôt, on se rendit compte qu'il accordait sa préfé ee

rence aux colons distingués de l'île. Quelque temps avant. l’arrivée de Sir John, les habitants de Maurice avaient adressé.

au Ministre une pétition demandant une « Réforme de [a Cons. titution ». Le Ministre opposait un refus formel. Le Comité”

d'initiative était au désespoir et la demande allait être abandonnée, lorsque Sir John, dans le premier discours qu'il prononça. en public à la distribution des prix aux élèves du Collège, le 3 Août 1883. releva le courage des membres du comité. On adressa .

une nouvelle pétition à Lord Derby, qui avait succédé à Lord

Kimberley et, grâce au puissant appui de Sir John, la Colonie

obtint un Conseil demi-électif. Une année plus tard, ke 12 Octobre. ; 1885, furent promulguées à Maurice les « Lettres Patentes »,

datées du 16 Septembre 1885, donnant au pays une nouvelle

Constitution, un Conseil Législatif de 27 membres, dont huit -

de droit, neuf nommés par le Gouverneur, et dix élus par l&a population. one be

A cette nouvelle, la joie des réformistes éclate. On organise : a de grands banquets populaires en l'honneur de Sir John. Partout, le succès fut grand, et marqua une date brillante dans Fhistoire

de Maurice.

Pourtant, quelques colons, formant une minorité, objectaient fortement à l'introduction du régime électif au Conseil, era gnant. en premier lieu, que les voix des asiatiques (qui avaient

droit de vote) noyeraient lélément Mauricien, et d'autre part,

redoutaient une « oligarchie » de planteurs ou de riches pro

priétaires. :

Les premières élections eurent lieu le 11 Janvier 1886. Un . profond sentiment d’animosité animait les deux partis. Les 10 premiers membres : élus furent : le Docteur Beaugeard et

M. J. de Coriolis pour Port-Louis. M. Vincent Geffroy (Rivière.

Noire). M. Célicourt Antelme C. M. G. (Plaines Wilhems), M H . se

Léclezio (Moka), M. Ch. Planel (Pamplemousses), M: Edgar

PEER Le

Anne (Rivière du Rempart), M. Henri Adam (Flacq), Sir Virgile Naz K. C. M. G. (Savanne), M. H. Portal (Grand Port), |

La première réunion du nouveau Conseil Législatif eut lieu le 19 Avril. Sir John se dévoua corps et âme à la cause mauricienne et combattit avec ardeur l’idée de priver les colons méritants d'arriver aux plus hauts postes dans l’administration. Il s’efforça de faire rendre justice aux fonctionnaires dont les droits avaient été méconnus. Pendant ce temps, les anti-réformistes s’efforçaient à attaquer le Gouvernement de Sir John. Le Secrétaire Colonial, M. Clifford Lloyd, et queiques autres fonctionnaircs anglais se joignirent aux anti-réformistes, qui, bientôt, gàagnèrent aussi quatre nouveaux élus. L'opposition devint de plus en plus violente au Gouvernement de Sir John. De fausses accusations arrivèrent bientôt au Secrétaire d’Etat, qui, persuadé qu'une émeute allait éclater, délégua à Maurice Sir Hercules Robinson, Haut Commissaire du Cap, accompagné de troupes, pour procéder à une enquête sérieuse sur le Gouvernement de Sir John.

Sir Hercules débarqua à Port-Louis le 4 Novembre 1886, et le 14 Décembre, après avoir entendu quelques dépositions, suspendit Sir John de ses fonctions. Des milliers de colons envahirent alors Le Réduit pour offrir à leur Gouverneur, l'expression de leur profonde sympathie. Sir Hercules remplaça Sir John pendant trois Jours, puis quitta l’île le 18, laissant le Gouvernement ‘entre les mains du Major Général Hawley. De grands meetings eurent alors lieu, et deux pétitions furent signées par 10.000 habitants. La première fut envoyée à la Reine pour protester contre la décision révoltante de Sir Hercules Robinson; la seconde à Sir John et à Lady Hennesy, exprimant [a profonde sympathie et l'affection inébranlable des habitants de Maurice, indignés du traitement dont avait été l’objet l'un de leurs meilleurs Gouverneurs. M. Newton, brillant avocat Mauricen, fut choisi et envoyé à Londres par les colons pour défendre Sir John Pope Hennesy. I partit le 17 Janvier 1887. Sir John quitta Maurice le 12 Mars suivant, afin de plaider ‘sa cause devant le Ministre. M. Newton eut plusieurs entrevues avec ce dernier. Le 12 Juillet, Sir John est réintégré : il insiste pour revenir à Maurice. Il attaque le « Times » en diffamation et gagne son procès. M. Newton est de retour le 1er Août : une maAsnifique ovation lui est faite sur le quai. Sir John et Lady Henngesy, de retour à Maurice le 22 Décemhre, sont l’objet d’une mea tnifestation sans précédent dans l’histoire de Maurice. Du débarcadère au Gouvernement. Sir John et sa gracieuse compagne marchent littéralement sur des fleurs ef sur des palmes : ils passent sous une dizaine d’arcs-de-triomnhe, pendant qu'une foule de vingtcinq mille personnes en délire acclame le Gouverneur bien aimé, Une brillante cérémonie d'actions de grâce eut lieu ensuite, à la Cathédrale Saint-Louis. Il est à la connaissance de notre famille que plusieurs charrettes remplies de fleurs et de feuilles de palmiers furent cueillies, à Rose Hill et à Cresson Ville, Le un de ses admirateurs, notre excellent oncle le Docteur:

ivière, en hommage au grand caractère de Sir John.

te

M. de Coriolis donna sa démission de membre du Conseil. A l'élection partielle qui eut lieu le 17 Janvier 1889, M. Wil A liam Newton fut élu député.

Après un an de séjour à Maurice, Sir John ire l'île le 11 Décembre. Il prit sa retraite et se retira en Irlande. D'une courtoisie et d’une loyauté profondes, aimables, francs et cha- : ritables, Sir John et Lady Hennessy furent regrettés perdant très longtemps, même de leurs adversaires politiques. : .

Sir John avait travaillé avec ardeur au bien de la Colonie et avait activement soutenu la cause des planteurs au sujet de l’immigration indienne. Il encouragea beaucoup le travail agricoite, surtout les petites cultures. De grandes améliorations furent faites au cours de son administration. Le plus grand bienfait que la Colonie lui doit est l’endiguement de la Mare aux Vacoas et l'installation par dizaines de © mille, de tuyaux pour la distribution d'eau potable aux agelomérations avoisinantes. Le téléphone fonctionna à Port-Louis en Octobre 1883 ; la lumière électrique fut installée à l'Hôpital Civil et dans certaines ue priétés sucrières. Le thé fut introduit comme culture.

Période contemporaine

Le 19 Avril 1888. une mémorable grêle se fit voir au Grand Port pendant un quart d'heure : quelques grêlons pesaient 5 onces ! Des pluies torrentielles tombèrent ensuite pendant deux heures.

Le Colonel T. Arthur Hall remplace Sir John comme Gouverneur intérimaire. Le 21 Décembre 1889, Sir Charles Cameron

Lees K. C. M. G. débarque comme Gouverneur. En Octobre ” 1890, la compagnie qui s’occupait de l'éclairage au gaz, à Port

Louis, entra en liquidation. Elle ne payait plus ses frais Car 44” ville était presque déserte, pendant la nuit, depuis que les babitants qui avaient quelques moyens l'avaient abandonnée pendant les fièvres. Une tentative d’ascension en ballon fut faite, au Champs de Mars, par un M. James Price le 7 Septembre 1891. . L'expérience donna des résultats assez satisfaisants,

Le 12 Mars 1892, M. Hubert Jerningham, Secrétaire Colonial,

prêta serment comme Officier Administrant la Colonie. Le 29 Avril, un terrible ouragan se déchaîna sur l’île et marqua une

date néfaste parmi ses grandes catastrophes. Le soleil fut radieux toute la matinée, le vent commença à souffler vers les 9 heures

du matin en augmentant jusqu'à 3 heures de l’après-midi. Un grand calme succéda. A 4 heures, un terrible bruit lointain se fit entendre et, dans l’espace de quelques minutes, le vent.

ne LES

atteignit 125 milles à l'heure pendant 3 minutes et 100 mulles pendant l’heure qui suivit. |

A Port-Louis, le nombre de morts atteignit 900, les blessés 1.200, tandis que 15.000 personnes restaient sans abri. Le Collège Royal, les Couvents et tout le côté Ouest de la ville fut réduit en ruines. Des spectacles déchirants s’offraient aux yeux. Des centaines d'habitants, écrasés sous les décombes, demandaient du secours. Des ruines, on retirait des familles entières ensevelies et horriblement mutilées.

A la campagne, beaucoup de dégâts : 300 morts, 2000 blessés et 20000 sans abri. Partout, des inondations sérieuses avaient détruit la coupe ; usines. brisées, des centaines de maisons détruites. Les dégâts furent énormes partout, ‘et la misère épouvantable. Des actes héroïques de la part des colons furent alors signalés. Les morts furent enterrés, les blessés secourus, tandis que la population sinistrée était nourrie et vêtue. Le gouverneur intérimaire déploya ici un zèle et un dévouement dignes de reconnaissance, Le gouvernement de la métropole préleva un emprunt sur le Trésor anglais. pour distribuer aux planteurs et aux victimes de l'ouragan. De généreuses souscriptions furent reçues d'Angleterre. d’autres parties de l’Empire, de France, d'Amérique, de la Réunion et des Seychelles.

M. Jerningham fut confirmé comme Gouverneur le 21 Juin 1893. et fait Chevalier de l’Ordre de Saint-Michel et Saint- Georges, justes récompenses de son dévouement envers les colons. Pendant le mois d'Octobre, un M. Jansen, se faisant pèse pour Amiral Hollandais, fut reçu avec grande déférence. I fut l'hôte du Gouverneur pendant une vingtaine de jours et un magnifique bal fut donné au Réduit en son honneur. Découvert par un habitant qui lui avait prêté de l'argent, alors qu'il portait un autre uniforme, l’Amiral disparut et on n'’entendit jamais plus parler de lui.

Le 23 Juillet 1893, un terrible incendie fit rage à partir de 7 heures 30 du soir, brûlant une centaine des plus belles maisons de Port-Louis. La Chaussée fut détruite, et de nombreux vides attestent, aujourd'hui encore, l’immensité du désastre. En Novembre, la ligne du câble sous-marin reliant Maurice aux grandes villes du monde, fut inaugurée. Le premier télégramme fut envoyé à la Reine Victoria le 25, à 245 p. m. et la réponse fut reçue à 5.20 p. m. Un rapport sur le drainage de la ville de Port-Louis, préparé par M. Chadwick, ingénieur qui s'était aussi occupé des travaux de la Mare aux Vacoas, fut soumis au Conseil et adopté, malgré une forte opposition, le 15 Septembre. (Le drainage commença à fonctionner en Avril 1895).

Le 22 Février 1894, le vent, bien que cyclonique, ne soufflait pas avec une violence assez grande pour nécessiter une interruption complète de la circulation des trains. Un train, heureusement vide, fut pris par une rafale terrible, sur le pont Saint- Louis, tout près de Pailles, et jeté dans la rivière. à 50 pieds de profondeur. Cinq personnes furent tuées et une dizaine blessées sérieusement,

ue

Deux sérieux incendies eurent lieu à Port-Louis, Re Din "le 12 Juillet et le second le 26 Août 1896, détruisant chaque

fois plusieurs beaux bâtiments de la capitale. Sir Hubert Jer-

ningham quitta l’île le 14 Janvier 1897 et fut remplacé, par inté-

rim, par le Secrétaire Colonial M. Ch. King Harman. Le 11 Mai, le nouveau Gouverneur, Sir Charles , Bruce, een eu 0 à Maurice Les colons étaient heureux du nouveau choix du Ministre ; M. Bruce était déjà connu des Mauriciens, ayant été recteur du Collège Royal, puis Secrétaire Colonial, pendant quelques mois, au commencement du Gouvernement de Sir John Pope Hennessy. Sir Charles devait exécuter des ordres. ie stricts reçus du Ministre, mais il ne laissa jamais échap

aucune occasion de défendre les intérêts des habitants a. l’île. Son administration fut marquée par le commencement d'une décadence terrible dans l’état sanitaire et financier de la Colonie.

La peste bubonnique éclata à Port-Louis le 7 Janvier 1899 pa

fut la cause d’une alarme générale. Les colons demandèrent que l’on sacrifià par l'incendie la zone contaminée. Mais: le run désapprouva cette mesure et décida d’ordonner finalement l'éva cuation de la zone pour six mois. Le Collège Royal fut transféré à Curepipe, où il ouvrit ses portes le 5 Juin. L'Hôpital. ns. de Port-Louis fut transporté dans les bâtiments du Collèse.

La peste ne se propogea point avec autant de rapidité et sur une aussi grande échelle que le choléra ou la malaria ; mais elle est restéc endémique à Maurice depuis cette époque, causant tous les ans de nombreux décès à Port-Louis et sur les propriétés sucrières pendant l’été, au moment de la coupe.

Le 18 Juillet 1901, un autre fléau, le < surra », fut introduit dans la colonie avec une cargaison de bœufs venant de Bombay : il se répandit avec rapidité, emportant bœufs, chevaux, mules ‘et menaçant sérieusement l’industrie sucrière. Le 5 Août de. la même année, leurs Altesses Rovales le Duc et la Duchesse

d'York (Le Roi George et la Reine Mary) débarquèrent à Maurice. De grandes réjouissances publiques attirèrent une foule d’habi

tanis sur le parcours des membres de la famille Royale. Ces

derniers firent la conquête de tous les Mauriciens par leurs manières simples et avenantes. Le jour de son arrivée, la Dw chesse posa la première pierre des fondations, place du Gou

vernement sur lesquelles devait être érigée, plus tard, la statue de la Reine Victoria, sa grand mère. Leurs Altesses quittèrent Maurice le 8.

La statue de la Reine Victoria fut reçue un an plus tard, +. inaugurée par le Gouverneur Bruce le 9 Août 1902. En Novembre le surri avait causé tant de ravages parmi les bêtes de charroi, que les planteurs durent demander l'assistance du Gouvernement. Üne motion concernant un emprunt de Rs. 3.000.000 fut adoptée

par le Conseït le 17 et approuvée par le Secrétaire dEtat 1e"

24 Décembre. Cet emprunt permit aux propriétaires d'usines d'installer des lignes. de tramway pour le transport des cannes. ‘et: d'1 sucre:

En Octobre 1903, Seychelles, qui, jusqu'alors était une ons dance de Maurice, fut déclarée Colonie, et séparée “de: Con

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