LA CHEMINÉE
La cheminée fut d'abord circulaire et située au centre de la pièce : la fumée s'élevait à travers la salle pour s'échapper par le milieu du plafond. Cette installation sommaire, survivance des modes antiques et dont on retrouve encore quelques vestiges dans nos campagnes, fut remplacée, dans les chambres, par des brasiers portatifs. Seulement au xne siècle la cheminée s'adossa au mur, avec pieds-droits, manteau et hotte ; au xnie, elle prit des proportions colossales, constituant une sorte de cabinet dont les deux murs latéraux se garnirent de bancs ; d'où la locution : « causer sous le manteau de la cheminée. » Du xive au xvie, elle se décora de sculptures et devint magnifique, mais resta peu commode, en raison des courants d'air que provoquait cette vaste baie d'appel ; pour réussir à se chauffer, on édifia trois et quatre cheminées dans la même pièce. Au xvne siècle, leur nombre se multiplia dans les demeures, en même temps que leur dimension tendait à se réduire ; dès lors la décoration varia et s'enrichit de marbres, de faïences,
de peintures, etc. Louis XIV, qui professait un goût violent pour les miroirs, en surmonta ses cheminées : il fallut donc réduire encore la hauteur des chambranles et les proportions générales se restreignirent à ce qu'elles sont de nos jours.
Aux fenêtres :
Vitraux suisses, à décor d'armoiries, de personnages, etc. xviie siècle.
Aux impostes :
Écussons de Jacques d'Amboise, abbé de Cluny, constructeur de l'Hôtel de Cluny (reconstitution moderne).