LA TABLE
Les Romains mangeaient à demi couchés sur des lits ; ils importèrent en Gaule cette mode qui dut disparaître au temps des invasions barbares ; à l'époque carolingienne, nous trouvons déjà dans les miniatures la table semi-circulaire et posée sur tréteaux. Point d'assiettes, mais au centre un plat unique, où tous puisent à la main (voir fourchette). Les boissons ne sont pas sur la table, mais des serviteurs les apportent selon la mode germanique (voir crédence). Les convives sont assis sur un seul côté, l'autre restant libre pour le service ; comme il n'y a pas encore de nappe, on adapte sur ce côté libre une bande de tissu qui cache les tréteaux et qu'on appelle le tablier ; ce mot nous restera, détourné du sens qu'il avait tout d'abord. Les nappes n'apparaissent qu'au xme siècle; à cette époque la table est devenue rectangulaire, généralement étroite et longue. Elle n'est toujours occupée que d'un seul côté, et le service se fait par devant. Quand les convives sont nombreux, plusieurs tables sont rangées en fera cheval, tandis qu'au centre de la salle se donnent les divertissements chers au moyen âge {entremets), dont le spectacle s'intercale entre les différents services du festin. Après le repas, table et tréteaux sont enlevés. Pendant la saison froide, le couvert est dressé devant la cheminée, d'où la locution : « le dos au feu, le ventre à table. » Lorsque enfin les pieds font corps avec la table, ils sont simples, massifs, généralement en chêne. La Renaissance va bientôt les sculpter ; le règne de Henri II a exécuté de somptueuses tables en noyer, que supportent des chimères et des griffons.
Grille de clôture de l'église d'Augerolles (Puy-de-Dôme). Art français, commencement du xvie siècle.
Marie Magdeleine. Art flamand, vers 1500.
La Vierge et l'Enfant (Vierge debout). Art français, xive siècle.
Au long du mur, côté chapelle :
Coffre. France, xive siècle. Pièce célèbre, mais qui a subi d'importantes restaurations.
La Vierge et l'Enfant (figure tronquée). Art flamand, fin du xve siècle.
Coffre (sur la face, scène de tournoi en bas-relief). Art français, XVe siècle.
La Vierge et l'Enfant (Vierge assise). Art des Pays-Bas,
région de Maëstricht, commencement du xvie siècle.
Coffre (sur la face, décor gravé au trait, personnages en réserve, sur fond pointillé : la Fontaine de Jouvence?). Art italien, xve siècle.
Vierge ouvrante Art français (?), fin du xive siècle (le groupe intérieur et les peintures sont restaurés).
Côté couloir :
Saint Louis. Art français, fin duxme siècle. (Parties restaurées.) Cette statuette, qui est notoire depuis des siècles, décorait primitivement le toit de la « Châsse des Grandes Reliques », placée derrière l'autel de la Sainte- Chapelle ; le manuscrit de Juvénal des Ursins nous la montre figurant là. Après la Révolution, elle fut retrouvée par un collectionneur, et le musée l'acquit, en 1851, pour la somme de 95 francs.
Jouées d'un pupitre et portion d'une clôture de chœur, provenant du château de Gaillon, près Louviers. Art français, vers 1510. Voir au second étage, salle XXVIII, les autres fragments de même origine.
Au-dessus de la porte :
Histoire de la Vierge. Panneau peint. Art anglais, xive siècle.
A droite et à gauche de la porte :
La Vierge et saint Jean. Deux figures provenant d'un calvaire. Art italien, xme siècle.
Planches gravées pour l'impression tabellaire des jeux de cartes, du xvie au xvme siècle.