LE COFFRET
Le coffret eut la même fortune et presque la même importance que le coffre ; il lui ressemblait, de dimensions moindres; également, on l'offrait en présent de noces , on y enfermait l'argent, les bijoux, toutes choses les plus précieuses. Son armature de bois se décorait d'applications en ivoire sculpté, ou d'argent, d'or, de pierreries, ou de ferrures martelées, ciselées, damasquinées. Au xve siècle, son revêtement de fer était repercé à jour et affectait l'aspect d'un réseau à mailles, qui lui valut alors le nom de maille : sous cette forme, il était le coffrefort de voyage, et c'est pourquoi nous lui trouvons parfois un fond qui s'incurve en concavité, pour permettre de l'adapter plus commodément à la selle du cheval. Désormais, par un de ces jeux de mots si chers au moyen âge, le même nom va servir à désigner le contenu et le contenant, la cassette et ce qu'elle renferme : « maille » signifie « monnaie », et le mot se retrouve en plusieurs locutions: « n'avoir ni sou ni maille », ou encore : « avoir maille à partir » (avoir de l'argent à partager
entre cohéritiers ou entre voleurs). Le caractère portatif du petit meuble qui nous occupe apparaît nettec^C7\t dans son dérivé moderne, « la malle ».
Gofïrets à mailles, pour le voyage (avec anneaux de selle) ou pour la maison (sans anneaux, avec ou sans pieds). France, xve siècle.
Petit coffre-fort à secret (s'ouvrant au mot Luise), France, XVIe siècle, époque de François Ier.
Seconde vitrine cubique, vers l'angle nord-est : Coffrets en fer et en acier, du xvie siècle.
Coffrets en fer gravé. Art français, allemand, italien, xvie siècle.
Coffret en acier et cuivre ciselés. Art allemand, xvie s.
Coffrets en fer décoré à la damasquine et en fer peint. Art allemand, xvie siècle.
LA DAMASQUINE
Le damasquinage est la décoration d'un métal (généralement fer ou acier, quelquefois bronze ou cuivre) obtenue par l'incrustation d'un métal plus précieux (or ou argent); le trait est d'abord gravé en creux, au burin ou à 1 eau-forte, et dans ce creux, un fil de métal est inséré, refoulé à laide d'un matoir, jusqu'à parfaite adhérence des deux matières qui sont finalement polies ensemble. Cet art, comme son nom l'indique (Damas), est d'origine orientale et fut vraisemblablement importé par les Croisades. On a aussi damasquiné le bois. Il ne faut pas confondre le niellé avec le damasquiné : dans le niellé, les traits de la gravure sont remplis, non d'un métal précieux, mais d'une sorte d'émail foncé (argent, plomb et soufre liquéfiés).
Coffret en fer repoussé, art espagnol, xvne siècle.
Troisième vitrine cubique, vers V angle nord-ouest : Luminaire du Ve au xvne siècle ; Lampe sassanide à trois becs, en bronze, Ve siècle.
Chandeliers et pieds. Chandeliers en bronze, des xne et xme siècles.
Trois porte-cierge de voyage, articulés. Art français, des xme et xive siècles.
Chandeliers à tiges, et chandeliers à douilles, en cuivre, France, XVe siècle.
Quatrième vitrine cubique, vers l'angle sud-ouest :
Mésail de bassinet, France, XIVe siècle.
Casque à visière et oreillettes, du xvie siècle.
Morions gravés, décorés d'arabesques, damasquinés. Art allemand, italien, français, seconde moitié du xvie s.
Deux gants de prise pour la main gauche, en peau ; l'intérieur de la main, garni de mailles, permet de saisir l'épée de l'adversaire. Italie, xvie siècle. (Pièces d'une extrême rareté.)
Hausse -cols et dosserets. Fin du xvie et commencement du xvne siècle.
Épaulière en fer repoussé et damasquiné. Italie, xvie siècle.
Muserolle de cheval. Allemagne, xvie siècle.
Buste (ou corset) et buse de corset. France et Flandre, seconde moitié du xvie siècle.
Ceinture dite de chasteté, en fer gravé, décorée d'arabesques. Art italien ou allemand, xvne siècle (datée 1634).