‹ L'histoire de la France expliqueée au Musée de ClunyChapitre 48 sur 92 · LA CHAISE A PORTEURS · texte numérisé non relu

LA CHAISE A PORTEURS

Nous avons vu que les carrosses étaient encore, pendant la Renaissance, un luxe des plus rares et des plus coûteux : l'épaisse boue des villes, notamment à Paris, ne permettant guère d'aller à pied, en habit de gala, les gentilshommes étaient sans cesse à cheval et les dames continuaient à monter en croupe, comme au moyen âge ; souvent, les plus hautes princesses se rendaient ainsi aux fêtes royales du Louvre. Les chaises à bras ne servaient qu'aux malades et n'étaient que de simples fauteuils transportâmes. Charles-Quint, Catherine de Médicis, la reine Margot se faisaient porter. Vers 1620, cet usage, auquel on attribuait une origine étrangère, italienne ou anglaise, s'introduisit dans les mœurs; bientôt il parut si commode que maintes villes eurent des chaises de louage autoririsées par « privilège du Roi ».

Pour fournir un abri contre la pluie, ces chaises portantes se couvrirent d'abord d'un capuchon ; puis elles s'entourèrent de cloisons vitrées ; dès 1650, Mazarin décorait la sienne avec un luxe qui, sous Louis XIV, allait devenir de la magnificence. Car la vanité ne tarda guère à soigner tout particulièrement ce

meuble dont l'exhibition par les rues devait démontrer à tous « l'honnêteté » de son propriétaire; l'écusson d'armoiries, peint sur les côtés, ainsi que la livrée des porteurs, facilitait, en cas de rencontre, les reconnaissances et les hommages. Cette décoration extérieure prit une telle importance sous Louis XV que certaines chaises furent de véritables oeuvres d'art, peintes par des maîtres illustres.

Modèles de carrosses et carrosses de poupées. xvne et xvme siècle.

Aux murs :

Harnais divers, du xvne et du xvme siècle.

Couverture de mule, brodée d'argent. Espagne, XVIIe siècle.

Quatre tapisseries flamandes, d'après Teniers le Jeune (la Ferme, la Moisson, la Pêche, la Kermesse). xvne siècle.

Revenant en arrière, au couloir VIII (Retables espagnols), le visiteur monte l'escalier de la Chambre des Comptes (voir ci- dessus) et accède au :

PREMIER ÉTAGE Couloir XI 11

En haut de l'escalier :

Bataille de Jarnac (1569). Tapisserie française, fin du xvie siècle (voir salle XIX, deux autres tentures de la même série).

Aux murs :

Romains illustres d'après Goltzius, peintures sur basane gaufrée et dorée. Ecole normande, xvir8 siècle. Proviennent de l'hôtel d'Evancourt, à Rouen.

A droite et à gauche :

Saint Antoine, statue (pierre). Art bourguignon, commencement du xve siècle.

Saint Eustache dans le torrent, groupe en ronde bosse (pierre). Art français, première moitié du XVe siècle.

Sainte Barbe, statue (pierre). Art français, seconde moitié du XVe siècle.

Un porcher, statue (pierre). Art français, commencement du xvie siècle.

La Vierge et l'Enfant, statue (pierre). Art français, école de Troyes, premier quart du xvie siècle.

La Vierge et l'Enfant, statue (marbre). Art français, école de Troyes, premier tiers du xvie siècle. Provient de l'église du Breuil (Marne).

A gauche du couloir :

Passerelle XIV — Faïences françaises

A l'entrée, côté sud, contre la rampe, en deux vitrines plates ; Vitrine de gauche :

Poteries gauloises et gallo-romaines ;

Poteries françaises, du xme au xve siècle : menus objets, écuelles, godets à lumignon, carreaux de dallage estampés.

Vitrine de droite :

Poteries françaises des xvie et xviie siècles : lampes ea terre vernissée, bidon, gourdes en grés, carreaux de dallage.

A proximité (pan coupé du balcon, soubassement des deux vitrines hautes) :

Grosse poterie française, du XIVe au xvie siècle : poterie ménagère en terre vernissée.

Côté ouest, près de la baie vitrée donnant sur la salle des Thermes :

Trois épis de faîtage. Art français (Normandie), xvie siècle.

A droite de la baie, en une vitrine murale :

Céramique française des xve et xvie siècles ;

Grand plat vernissé, ton vert, aux armes de Charles VIII ; fabrique de Beauvais. (Exécuté en 1511, sur un moule du XVe siècle.)

Coupe à couvercle, faïence dite de Saint-Porchaire, milieu du XVIe siècle.

Deux carreaux de dallage émaillés, faïence dite du château d'Oiron, milieu du XVIe siècle.

Par Bernard de Palissy (1510-1590), plats émaillés dits « pièces rustiques », à décor en relief de feuilles, coquillages, reptiles et poissons.

Ecole de Bernard de Palissy : grands plats, petits plats et corbeilles, estampés et émaillés, à décor en bas-relief de mascarons et d'arabesques, de scènes religieuses ou mythologiques. Fin du xvie et commencement du xviie siècle.

Aiguières et figurines en terre vernissée, dite de Brizambourg, fin du xvie siècle.

Côté nord, grande vitrine murale à six travées : première travée :

Faïences de Sceaux (fondation en 1750). Plats, vases, cruches, cafetières, jardinières, etc., à décor polychrome.

Faïences de Paris. (Ateliers de la rue de la Roquette, fondés par Digne, au milieu du xvme siècle.) Vases de pharmacie à décor polychrome.

Deuxième travée :

Faïences lorraines de Luné ville (fondation 1730), de Niderviller (f. 1754). Bouquets de fleurs des Islettes (notoriété naissante vers 1785.)

Troisième travée :

Faïences alsaciennes de Strasbourg (fondation 1709). Dessous de plats, jardinières, huiliers, corbeilles, etc, à décor de fleurs.

Quatrième travée :

Faïences de Marseille (expansion en 1770). Vaisselle décorée de fruits en relief, ou en forme d'animaux et de végétaux; surtouts de table, polychromes, chargés de fruits ou de légumes en ronde bosse.

Cinquième travée :

Faïences de Moustiers. (Première manifestation à la fin du xvnc siècle.) Services de table à décor bleu, à décor jaune, à décor polychrome.

Faïences d'Alcora. (Filiale espagnole de Moustiers, fondée en 1727 par le comte d'Aranda, avec le concours d'artistes venus de Moustiers.) Reproduction des types de Moustiers.

Plaques d'applique, peintes, à sujets religieux. Ateliers d'Alcora, art espagnol, vers 1730.

Entre les deux vitrines du mur nord :

. Faïences de Rouen, grandes pièces, fontaine, plats, en camaïeu bleu, seconde moitié du xvne siècle.

Page 1